Table des matières

1) Seine : de la Ville Lumière à la Normandie

2) Loire : le fleuve royal aux 150 châteaux

3) Rhône : zoom sur la Bourgogne et la Provence

4) Croisière vinicole : les bordeaux à l'honneur

5) Pô : la magie vénitienne

6) Douro : dans la plus belle vallée au monde

7) Guadalquivir : à deux doigts du paradis

8) Saint-Laurent : de Montréal aux Îles de la Madeleine

9) Mékong (Cambodge-Viêt Nam) : le fleuve aux neuf dragons


Classique ou impressionniste ? », me demande en début de croisière Minatchy Fabiola, la dynamique commissaire de bord du Seine Princess qui est amarré en plein coeur de Paris, au quai Grenelle, à l’ombre de la Tour Eiffel.


C’est que cette croisière-ci affiche deux programmes d’excursions distincts (quoique quelques excursions sont communes, comme la route des abbayes). Le volet classique s’adresse à ceux qui ne connaissent ni Paris ni la Normandie, avec des visites notamment des hauts lieux touristiques de la Ville Lumière (Champs Élysées, le Louvre, le quartier latin, etc.), du château de Versailles ainsi que des villes de Rouen, Honfleur et Deauville. 


Le volet impressionniste est entièrement consacré à ce grand courant artistique avec des visites notamment au musée Marmottan Monet à Paris, au village Auvers-sur-Oise fréquenté par les plus grands peintres paysagistes et impressionnistes, à la maison et aux jardins de Claude Monet à Giverny ou encore, au musée Eugène-Boudin à Honfleur. Mouvement pictural qui éclôt dans les décennies 1870 et 1880, l’impressionnisme a marqué la rupture de l’art moderne avec la peinture académique et ses plus grands artisans se sont inspirés des paysages de Paris, de la Seine et de différentes villes normandes pour créer des oeuvres différentes, audacieuses et fabuleuses. S’ajoute une mise en contexte historique livrée par une conférencière passionnée à quelques reprises en cours de croisière. 


CroisiEurope est présent sur la Seine depuis 1999. Elle y affecte actuellement trois de ses navires (MS Seine Princess, MS Renoir et MS Botticelli) qui vont de Paris à Honfleur et vice-versa, ou de Paris à Paris, dans le cadre de croisières variant de 4 à 8 jours. Lancé en 2002, le MS Seine Princess a été rénové en 2010 mais dans l’ancien style de CroisiEurope, c’est à dire sans la décoration lumineuse et épurée du MS Camargue et du Loire Princesse, et sans la même grandeur des cabines et surtout, des salles de bains que celle des navires de dernière génération. Le MS Seine Princess renferme 67 cabines pour une capacité d’accueil de 138 passagers comparativement à 54 cabines et 104 passagers pour le MS Camargue, et à 48 cabines et 96 passagers pour le Loire Princesse. 


« Je ne croyais pas que ce musée, méconnu même des Parisiens. était si intéressant », dit un passager originaire de Paris au retour de la première excursion du volet impressionniste au musée Marmottan Monet. Incidemment, la plupart des excursions sur la Seine se déroulent l’après-midi plutôt que le matin, comme ce fut le cas pour la croisière sur le Rhône. Aménagé dans un ancien pavillon de chasse transformé en hôtel particulier, puis en musée en 1934, le musée Marmottan Monet recèle d’innombrables trésors. Dont la plus grande collection au monde d’oeuvres de Claude Monet, le plus célèbre des peintres impressionnistes. Et le premier fonds mondial d’oeuvres de Berthe Morisot, la première femme impressionniste. 


Le deuxième repas du soir débute alors que le MS Seine Princess entame tout juste la traversée de Paris, du quai de Grenelle jusqu’au Huatian Chinagora, un immense complexe hôtelier construit au confluent de la Seine et de la Marne. Au cours de ce trajet de quelque 90 minutes, nous naviguons sur près de 13 kilomètres, passons sous 37 ponts et longeons de multiples merveilles architecturales comme le musée d’Orsay. Le chemin inverse se fait alors que la nuit tombe dans un Paris encore plus éblouissant, brillant de tous ses feux. Cette première journée de croisière se termine en effet de façon magistrale.


Autre belle navigation au troisième matin de la croisière sur la Seine, entre Vernon et Rouen, préfecture de la Normandie et premier port céréalier de France. Le MS Seine Princess avance dans une succession parfois fort sinueuse de méandres du fleuve causée par la faible déclivité de la vallée de la Seine. Une bande pré-enregistrée en français et en anglais livre aux passagers les faits marquants de l’histoire des différents lieux de la Seine que nous traversons en toute quiétude. À notre arrivée à Rouen, ma cabine donne sur le mur de béton d’un quai. Une heure plus tard, la vue est complètement dégagée car la Seine a cru de quelque trois mètres dans ce court laps de temps !


La dernière journée de cette croisière sur la Seine est la plus chargée avec deux excursions, la première matinale à Honfleur, la seconde en après-midi sous forme de dégustation de calvados et d’une courte promenade à Deauville. 


Le MS Seine Princess n’est amarré qu’à quelques minutes à pied du vieux bassin de Honfleur, l’endroit carte postale par excellence qui fourmille de terrasses où il fait bon prendre un cidre local. C’est le point de départ idéal pour une promenade dans les petites rues avoisinantes remplies de commerces sis au premier étage de hautes maisons à poutres apparentes. C’est incidemment dans ce port de commerce, de pêche et de plaisance que partit en 1603 Samuel de Champlain pour explorer le fleuve Saint-Laurent et fonder Québec. Maints passagers en profitent pour faire le plein de souvenirs sous forme de produits locaux artisanaux (terrines, confitures, chocolats, caramels, madeleines, sablés, meringues, guimauves, etc.) 


« Vous savez ce qu’est la part des anges », demande la guide du château du Breuil. « C’est l’alcool qui s’évapore », répond tout de go un passager. Nous nous promenons dans un vaste domaine boisé aux arbres centenaires de 42 hectares qui produit cette renommée eau-de-vie normande qu’est le calvados à partir de pommes acides. Après la visite de la distillerie et du bâtiment renfermant les chais de vieillissement vieux de quatre siècles, nous dégustons deux calvados, dont l’un de 20 ans d’âge. Puis, direction Deauville, station balnéaire très bling bling fréquentée notamment par les stars américaines de cinéma. Notre visite est écourtée par une averse, la première du voyage. « Il ne faut pas voir Deauville, mais y être vu », nous dit la guide, comme en guise de consolation.


Précisons que la saison des croisières fluviales européennes va de mars à octobre ainsi qu’en décembre pour la découverte des marchés de Noël. 


Itinéraire 

Jour 1 : Embarquement à Paris (18h). Escale de nuit Paris


Jour 2-CLASSIQUE : Visite guidée de Paris (09h-12h). Après-midi libre. IMPRESSIONNISTE : Visite du musée Marmottant Monet (09h45-12h15). Visite d’Auvers-sur-Oise (13h30-18h). Traversée de Paris (19h-22h15). Escale de nuit Paris


Jour 3 : Navigation vers Poissy (07h-13h). CLASSIQUE : Visite du Château de Versailles (13h45-17h30). IMPRESSIONNISTE : Visite maison et jardins Claude Monet à Giverny (13h30-18h). Navigation vers Vernon (18h30-21h30) Escale de nuit Vernon


Jour 4 : Navigation vers Rouen (06h-13h). CLASSIQUE : Visite de Rouen (13h45-18h). IMPRESSIONNISTE : Sur les pas des impressionnistes à Rouen (13h45-18h). Escale de nuit Rouen


Jour 5 : Navigation vers Duclair (10h-13h). CLASSIQUE et IMPRESSIONNISTE : Route des Abbayes (13h45-18h). Navigation vers Honfleur (20h30 jusqu’au début de nuit 00h30)


Jour 6 : CLASSIQUE : Visite de Pont L’Évêque et de Honfleur (08h-10h30). Dégustation de calvados et visite de Deauville (13h45-18h). IMPRESSIONNISTE : Visite de Honfleur (09-10h30). Visite de la côte d’Albâtre (13h45-18h). Escale de nuit Honfleur


Jour 7 : Débarquement à Honfleur (9h)


CroisiEurope est une compagnie familiale qui a mis au point une formule éprouvée de voyage basée notamment sur l’amabilité. Le personnel en général, et en salle en particulier, en grande majorité d’origine hongroise, se montre extrêmement diligent et attentionné. Tous déploient une énergie hors du commun pour aider les passagers à vivre de belles vacances, particulièrement les commissaires de bord qui n’ont de cesse de répondre aux interrogations des uns, de régler des détails logistiques pour d’autres, et d’accompagner et orienter les passagers lors des excursions. Au total, CroisiEurope dispose d’un effectif de quelque de 1 350 personnes qui a pris soin de plus de 200 000 passagers en 2016. 


En 41 ans d’existence, CroisiEurope est devenue le leader de la croisière fluviale en Europe, initiant sans cesse de nouvelle destinations, Par exemple, en France, elle a été la toute première compagnie à sillonner les fleuves de la Saône et du Rhône en 1995, la première sur la Seine en 1998 et la première sur les fleuves la Gironde et la Garonne au départ de Bordeaux en 2011. CroisiEurope est aussi la seule compagnie, depuis 2013, à programmer des croisières sur cinq canaux de France à bord de six péniches d’une capacité de 22 passagers chacune. Enfin, CroisiEurope programme chaque année plusieurs croisières musicales, randonnées pédestres et vélos dans différentes régions françaises (et aussi dans différents pays européens).


« Nous avons la plus grande offre de croisières, tant en ce qui regarde la durée (de trois à 12 jours), les destinations que les itinéraires et ce, tant en France que dans le reste de l’Europe, résume Michel Grimm, le directeur commercial international de CroisiEurope. Nous sommes la seule compagnie au monde qui propose une flotte de navires d’une telle diversité que nous pouvons naviguer sur les plus grands fleuves d’Europe et d’ailleurs, ainsi que sur les canaux et les mers. »


CroisiEurope est la seule compagnie fluviale battant pavillon français et donc, la seule dont la principale langue d’usage à bord de ses navires est le français. De même, ses excursions se déroulent dans la langue de Molière avec des guides locaux érudits. Environ les deux tiers de ses passagers sont français. Les autres sont le plus souvent allemands, belges, anglais, suisses, espagnols et canadiens.


CroisiEurope pratique des tarifs attractifs, avec des croisières jusqu’à 30% moins chers que celles de compagnies concurrentes. Elle y parvient en contrôlant sa flotte de la conception et de la construction de ses navires jusqu’à la commercialisation en limitant les intermédiaires. Les cabines sont certes moins luxueuses, mais le rapport qualité-prix est indéniable avec un service et une gastronomie exceptionnels. Si bien qu’au fil des ans, elle s’est vue décernée de nombreux prix. Comme, en 2014, celui de la meilleure compagnie de croisière fluviale. Ou comme, en 2015, celui du meilleur nouveau navire flvial (le Loire Princesse) et celui des meilleurs itinéraires fluviaux, selon l’organisation UK Editor’s Picks Cruise Critic.



« Tiens, nous restons dans le bus pour cette excursion », s’étonne un passager du Loire Princesse. « C’est que le site que nous allons visiter fait 108 hectares », répond le guide. Le site en question, ce sont les chantiers navals de Saint-Nazaire qui, depuis son ouverture en 1862, a fabriqué 124 paquebots de ligne ainsi que de croisière maritime et fluviale, dont les légendaires Normandie, France et Queen Mary 2. Et aussi, le Loire Princesse. 


Tout le long de la visite de deux heures à ces chantiers, notre guide nous bombarde de chiffres hallucinants : par exemple, c’est là que se trouve le plus grand portique de l’Europe, une méga grue sur roues qui permet de soulever et de déplacer des sections de navire pesant jusqu’à 1 200 tonnes (comparativement à 750 tonnes ailleurs), Pareil équipement permet ainsi de réduire de 110 à 85 environ le nombre de blocs à assembler et donc, de baisser les coûts de construction excédant le milliard de dollars pour chacun de ces géants des mers.


La seconde partie de cette première excursion proposée aux passagers du Loire Princesse se déroule dans une partie de l’immense base sous-marine qu’ont construit les Nazis au début de la Seconde Guerre Mondiale. On y a installé une magnifique exposition intitulée Escal’Atlantic, qui retrace l’histoire des paquebots océaniques, avec un parcours nous donnant l’impression d’être réellement à bord du France et du Normandie, le tout enrichi de 200 pièces de collection provenant de ces deux illustres navires français. 


Depuis qu’elle a vu le jour en 1976 en Alsace, dans l’est de la France, CroisiEurope n’a cessé de faire preuve d’innovation. L’une de ses dernières initiatives a été le lancement, en 2015, en exclusivité mondiale, d’un navire à roues à aubes sur la Loire, surnommé le fleuve royal aux 150 châteaux. Avec ses 1 020 kilomètres, c’est le plus grand fleuve de France, mais le Loire Princesse n’en parcourt qu’environ le huitième compte tenu de sa faible profondeur. 


« Nous pouvons naviguer sur une partie de la Loire, dit le commandant Alain Jolly, grâce à la présence des roues à aubes qui se traduit par un très faible tirant d’eau, 0,70 mètre au lieu de 1,60 mètre pour les autres navires de CroisiEurope. Mais rendu au village de Bouchemaine, ce n’est plus possible d’aller plus loin. Déjà, cette croisière-ci, entre Chalonnes sur Loire et Bouchemaine, il y a eu un endroit où il n’y avait plus que 20 centimètres d’eau sous la coque ! » 


La vigilance est par ailleurs de mise, car les balises de navigation sur la Loire sont déplacées habituellement toutes les semaines en raison de la présence de bancs de sable dont leur emplacement change sans cesse. Mentionnons que nous ne croisons aucun autre navire de passagers, puisque CroisiEurope est la seule compagnie de passagers présente sur la Loire.


Grande nouveauté : les 30 cabines du pont supérieur du Loire Princesse comportent un balcon privé, là où se trouve aussi la grande timonerie. S’ajoutent les 18 cabines du pont principal, là où se trouve aussi le restaurant, pour une capacité totale de 96 passagers choyés par 24 membres d’équipage. Autre particularité à bord du Loire Princesse : le salon-bar abrite un coin bibliothèque avec de beaux livres sur différents attraits de la région.


Le MS Loire Princesse navigue sur la Loire dans le cadre de croisières de six ou de huit jours au départ et au retour de Nantes, dans le nord-ouest de la France. Les excursions durent de quatre à cinq heures en moyenne (l’une fait 11 heures), dont la moitié en autobus avec, à la clé, la visite d’une dizaine de magnifiques châteaux. Certains font partie du circuit touristique de masse (comme le château des ducs de Bretagne, celui d’Angers, l’Azay le Rideau, les jardins de Villandry ou le château d’Ussé). D’autres sont intégrés dans le programme exclusif d’excursions (comme les châteaux de Cassemichère, Épiré ou des Vaults, là où sont prévus de surcroît une dégustation de quelques muscadets et vins d’Anjou). S’ajoutent la visite des villes de Nantes et de Clisson ainsi que de l’école d’équitation de Saumur. Bref, un bel équilibre entre richesses historiques, culturelles et viticoles.


L’originalité des vins de la Loire tient au fait qu’ils sont pour la plupart issus d’un cépage unique. Par exemple, du melon de Bourgogne dans le cas du vignoble nantais, nous dit notre guide locale alors que nous venons de visiter la cité médiévale de Clisson regorgeant d’habitations inspirées de l’architecture toscane et que nous nous dirigeons vers le Château de Cassemichère, berceau historique du muscadet. C’est en effet là que fut planté en mai 1740 le premier cep de muscadet importé de Bourgogne. Entouré de 45 hectares de vignes, ce domaine produit des vins blancs, rosés et mousseux dont les passagers en découvre trois cuvées de 2015 accompagnés d’un petit mouzillon, un biscuit local encore plus délicieux quand il est trempé dans du muscadet. 


Un écriteau retient l’attention de ceux qui se promènent dans le « jardin suspendu » aménagé sur une section des remparts du château d’Angers. Y est décrit les six types de plantes de ce singulier endroit suspendu entre ciel et terre, à environ 25 mètres au-dessus du niveau de l’eau, à l’ombre de deux des 17 tours de l’ancienne demeure-forteresse des comtes d’Anjou : odorantes, médicinales, aromatiques, innovantes, sorcellerie… bénéfiques et maléfiques ! La plupart de ces plantes étaient connues au Moyen Age et certaines sont représentées sur la tenture de l’Apocalypse, un chef d’oeuvre de l’art médiéval qu’abrite le château d’Angers. Sous forme d’une tapisserie monumentale de 100 mètres de long, elle illustre l’Apocalypse de Saint-Jean (également appelé Révélation de Jésus-Christ).


« Nous allons nous mettre en jambe avant un p’tit verre de blanc », nous annonce notre guide dans le bus qui nous mène de notre village d’escale Chalonnes sur Loire au château d’Épiré. Nous commençons par déambuler dans les vignes tout en écoutant les explications du propriétaire sur sa production viticole avant de déguster trois de ses crus, de réputés vins blancs de l’appellation Savennières issus du cépage Chenin qui sont vendus à travers le monde. 


Sur le chemin du retour, nous parcourons la corniche d’Angevine, sinueuse route aménagée à 100 mètres au dessus de la Loire, qui regorge de magnifiques panoramas à perte de vue, de quelques villages haut perchés et d’édifices rappelant le passé minier de la région, telle la chapelle Sainte-Barbe-des-Mines. 


Cette dernière excursion se termine par une suggestion de notre guide non prévue au programme initial : une promenade aux Halles de Chalonnes sur Loire, marché en plein air du samedi matin, pour découvrir une spécialité locale, le rillaud. Elle a la gentillesse d’offrir aux quelques passagers qui la suivent une baguette de cette délicieuse viande de porc cuite dans le gras des heures durant. Comme il est rendu midi, le rillaud est servi froid. « Les vendeurs des marchés le mange parfois chaud au petit déjeuner afin de se donner des forces pour la journée », précise Julie Hénault. Au retour sur le Loire Princesse, il est clair que si j’ai plus de force, je n’ai plus de place pour le repas du midi !


Itinéraire 

Jour 1 : Embarquement à Nantes (18h). Navigation vers Saint-Nazaire (21h30 jusqu’au lendemain 01h)


Jour 2 : Visite des Chantiers navals de Saint-Nazaire (09h00-12h30). Navigation vers Nantes (13h-19h). Promenade sur la rivière Erdre (21h-23h30). Escale de nuit Nantes


Jour 3 : Visite de Nantes et du château des ducs de Bretagne (08h30-12h00). Navigation vers Ancenis (13h-19h). Escale de nuit Ancenis


Jour 4 : Visite de Clisson et dégustation au Château Cassemichère (08h-12h30). Navigation vers Chalonnes sur Loire (12h30-18h00). Escale de nuit Chalonnes sur Loire


Jour 5 : Visite de l’école d’équitation Cadre noir de Namur et retour à bord du navire à Bouchemaine. (8h30-13h00). Visite d’Angers (15h-18h15). Escale de nuit Bouchemaine


Jour 6 : Visite de trois châteaux de la Loire (8h-19h). Escale de nuit Chalonnes sur Loire


Jour 7 : Visite de la corniche Angevine et dégustation au Château Vaults ou au château d’Épiré (08h30-12h30). Navigation vers Nantes (14h-22h). Escale de nuit Nantes


Jour 8 : Débarquement à Nantes (09h)


« Bien, maintenant, nous allons trabouler », dit la sympathique guide d’origine lyonnaise après que nous ayons visité la basilique Notre-Dame de Fourvière, imposant édifice vieux de 200 ans qui surplombe la capitale française de la gastronomie. 


Trabouler ? Il s’agit de se promener dans d’étroites ruelles construites entre les hautes demeures de Saint-Jean, le plus touristique des trois quartiers du vieux Lyon avec sa ribambelle de boutiques et de petits restaurants. Notre guide nous amène dans « la longue traboule », une sombre ruelle recouverte qui serpente à travers quatre immeubles et quatre cours intérieures différents. Les premières traboules ont été construites au 4e siècle lorsque les habitants manquant d’eau se sont installés dans la ville basse de la Saône, l’un des deux fleuves qui traverse Lyon. L’autobus d’excursion longe ensuite le Rhône pour rejoindre notre navire, le MS Camargue, comme tout neuf, puisqu’il a été totalement rénové en 2015, vingt ans après sa mise en service.


Voilà une belle entrée en matière de cette croisière de sept nuits de CroisiEurope partant et revenant sur Lyon. Elle comporte huit excursions guidées, dont cinq se déroulant à pied, qui sont principalement axées sur la découverte de lieux historiques et d’édifices religieux de la Bourgogne et de la Provence. Citons l’abbaye de Cluny, la cathédrale Saint-Maurice et le théâtre antique de Vienne, l’amphithéâtre romain d’Arles, le palais des papes d’Avignon ou encore, la maison des chevaliers de Viviers. 


Tout est compris dans le prix des croisières de CroisiEurope, sauf les excursions que l’on peut acheter à l’unité ou en forfait. Nouveauté en 2017, avec l’apparition de deux types de forfaits : classique et dynamique. Au programme pour le volet classique : visites de monuments, d’églises, de quartiers historiques… Et pour le volet dynamique : balades insolites, dégustations de produits du terroir, visites en différents moyens de transport… 


Faire une croisière fluviale est une expérience qui ne ressemble en rien à une croisière en mer. Nous sommes aux antipodes d’une traversée où s’éternise l’océan à l’horizon. La vie terrestre bat dans les moindres méandres du fleuve que nous parcourons parfois à vive allure, parfois à pas de tortue. Un navire fluvial, jaugeant habituellement dans les 1 000 tonnes, peut filer jusqu’à une vitesse de croisière de 15 kilomètres-heure quand il n’est pas à contre-courant. 


À bord d’un navire fluvial, pas de vagues, ni de tangage ni de roulis. La vie est bel et bien tranquille pour les croisiéristes d’eau douce dont la moyenne d’âge se situe dans la soixantaine avancée. Par contre, le bruit et les vibrations du moteur peuvent embêter les passagers ayant le sommeil léger au cours d’une navigation de nuit. Les croisières sur le Rhône, la Loire et la Seine comportent cependant des escales de nuit la majeure partie du temps. Dans une moindre mesure, le passage des écluses est aussi une opération bruyante. Mais il y en a seulement deux dans la portion du Saône sur lequel navigue le MS Camargue, et 12 sur le Rhône que nous traversons par ailleurs en majorité le jour. 


Le commandant d’origine française Wesley Amand navigue sur le Rhône depuis son entrée en fonction chez CroisiEurope en 2001. Il en connait les caprices dus notamment au fait que le Rhône a le deuxième débit de tous les fleuves s’écoulant en Méditerranée, après le Nil. « Quand nous allons plein sud, nous naviguons avec la force du courant, il faut alors savoir bien anticiper les virages, précise-t-il. Le passage des ponts les plus étroits peut aussi s’avérer un moment délicat. Ajoutons les crues printanières ou le vent de travers qui rendent alors la manoeuvrabilité du navire fort difficile. »


« Nous n’aurons pas le temps de faire la sieste aujourd’hui », fait remarquer avec justesse un passager en cette quatrième journée de croisière. Notre rythme est normalement d’une excursion par jour. Au programme, aujourd’hui : deux excursions, dont l’une en deux volets, totalisant huit heures de déplacements : visite tôt le matin de la ville d’Arles, là où le peintre Van Gogh a créé plus de 300 dessins et peintures en seulement 15 mois. Suivie d’un trajet en autobus et d’une dégustation chez un producteur d’huile d’olive à Saint-Rémy-de-Provence. Et, en après-midi, autre déplacement en autobus vers une manade en Camargue, région en bord de Méditerranée classée réserve de biosphère et parc naturel régional.


L’huile d’olive provençale est reconnue comme l’une des meilleures au monde. Le Moulin du Calanquet que nous visitons a remporté plus d’une vingtaine de récompenses en moins de deux décennies d’existence. Cette entreprise familiale dispose d’une oliveraie de plus de 20 000 pieds qui produit les cinq variétés régionales traditionnelles d’huile d’olive. Les passagers ont l’occasion d’en déguster trois ainsi que du chocolat et des confitures de la région. Beaucoup reviennent sur le navire avec des sacs de produits locaux bien remplis.


Après le repas du midi, direction la manade de la famille Arnaud, l’une des plus réputées de la Camargue, encore plus depuis le passage de l’ancien président français Nicolas Sarkozy. On y trouve de grandes écuries, des hangars pour les machines agricoles, une salle à manger et un patio pour le pot de fin de journée. Les passagers ont droit à un spectacle fort enlevant fourni par sept cowboys chevronnés : le retrait d’une bête parmi un troupeau de taureaux noirs sauvages.


En cette dernière journée de croisière, nous marchons quelques minutes du quai jusqu’au château-musée médiéval de Tournon érigé au 14e et 15e siècles au sommet d’un colline dominant le village du même nom. Les passagers se réunissent dans la salle voûtée du château pour une dégustation d’un vin blanc et de deux vins rouges accompagnés de viande froide, fromage et pâté locaux. Les vins proviennent des vignes de Tain L’Hermitage aménagées à flanc de colline et à forte inclinaison sur l’autre rive du Rhône. C’est l’estomac bien rempli que s’effectue la visite de l’ancienne demeure des comtes de Tournon qui a, par la suite, été transformée en prison avant d’être classée monument historique en 1938.


En dehors des repas et des excursions, les passagers se la coulent douce, faisant pêle-mêle la sieste, relaxant sur le pont soleil quand le vent n’est pas trop fort, testant leurs connaissances dans le cadre de jeux questionnaires (portant sur des titres de films ou le nom de grandes personnalités, par exemple), s’amusant avec des jeux de société (cartes, Scrabble, d’échecs, etc.), écoutant les pièces musicales proposées tous les jours par un duo de musiciens, rigolant ferme lors de l’amusant spectacle de l’équipage.


Les passagers assistent en plus à des événements reflétant les particularités culturelles régionales. Comme, à bord du MS Camargue, une présentation de produits de la soie de Lyon, une soirée de danse folklorique provençale, une conférence sur les richesses de la vallée du Rhône, notamment la faune et la flore. Si bien qu’au final, on ne voit pas le temps passer et que subitement, voilà le temps de re-boucler ses valises !


Itinéraire 

Jour 1 : Embarquement à Lyon (18h). Escale de nuit Lyon


Jour 2 : Visite de la Basilique de la Fourvière et du vieux Lyon (09h-12h). Navigation sur la Saône vers Mâcon (12h30-19h30). Escale de nuit Mâcon


Jour 3 : Visite de l’abbaye de Cluny (09h-11h45). Navigation sur la Saône vers Trévoux (12h-16h). Visite à pied de Trévoux (16h-18h45). Navigation sur le Saône vers Lyon (19h-21h), navigation à travers Lyon (21h-22h), navigation sur le Rhône jusqu’à Vienne (0h30). Escale de nuit Vienne


Jour 4 : Visite à pied de Vienne (09h-11h45). Navigation vers Arles (12h jusqu’au lendemain matin 07h)


Jour 5 : Visite à pied d’Arles (08h-10h). Dégustation chez un producteur d’huile d’olive (10h-12h). Visite d’une manade en Camargue (14h15-18h15). Escale de nuit Arles


Jour 6 : Navigation vers Avignon (04h-07h30). Visite à pied d’Avignon (08h30-11h45). Navigation vers Viviers (12h-20h). Visite à pied de Viviers (20h30-22h30). Escale de nuit Viviers


Jour 7 : Navigation vers Tournon (05h-13h). Dégustation et visite du château-musée de Tournon (14h30-17h30). Navigation vers Lyon (20h jusqu’au lendemain 07h30)


Jour 8 : Débarquement à Lyon (09h)


FLOTTE

CroisiEurope dispose aujourd’hui d’une flotte de pas moins de 50 navires (dont cinq affrétés). D’une longueur variant de 75 à 115 mètres et d’une largeur allant de 9,5 à 11 mètres, ils peuvent accueillir chacun de 16 à 200 passagers. La majorité des navires sont récents, de moins de cinq ans, et la flotte est partiellement rénovée chaque année. Le MS Camargue et le Loire Princesse font partie de la douzaine de navires de nouvelle génération de CroisiEurope, classés cinq ancres, avec des cabines plus spacieuses et confortables qu’à bord de ses navires plus anciens classés quatre ancres.


Une douzaine de navires de CroisiEurope comportent trois ponts intérieurs, les autres comme le MS Camargue, la Loire Princesse et la Seine Princess en ont deux : le pont principal et le pont supérieur (auquel s’ajoute un pont extérieur appelé soleil), Le pont principal abrite essentiellement des cabines avec baies vitrées. Au pont supérieur se trouvent des cabines plus grandes (de neuf à 13 mètres carrés), la réception (où sont distribués des cartes touristiques des villes d’escale), le salon-bar (avec piste de danse), le restaurant (accueillant l’ensemble des passagers en un seul service) ainsi qu’une boutique (avec cartes postales et souvenirs provenant des régions visitées).


Par exemple, les passagers du MS Carmague peuvent ramener chez eux des savons de Marseille, des herbes de Provence, du sel de Camargue ou des nougats de Montélimar. Ceux du Seine Princess peuvent acquérir des produits normands, comme un flacon de 20 cl de Vieux Calvados Hors d’âge Guillaume de Normandie, de la moutarde au calvados du Château du Breuil, de la confiture au lait de Villequier ou des caramels fondant au beurre salé fabriqués à Isigny-sur-Mer.


Au pont soleil, les passagers jouissent d’une trentaine de chaises longues et d’une douzaine de tables dont la moitié sont protégées par une toile verte (la couleur fétiche de la compagnie). Tout à l’avant se trouve la cabine de pilotage qui se rétracte quand le navire passe sous un pont bas. 


Décorées de façon minimaliste, les cabines des plus récents navires - ainsi que ceux qui ont été complètement rénovés ces dernières années -, sont lumineuses et fonctionnelles avec connexion wifi, radio, télévision satellite à écran plasma (sur lequel apparaît notamment le programme et les menus du jour), climatisation et contrôle individuel de température. À bord des navires récents ou rénovés, les lits doubles - mais séparables -, sont placés directement en face des baies vitrées, ce qui permet d’apprécier en toute intimité le paysage riverain sans cesse changeant.


Défilent ainsi sous nos yeux de nombreux villages, des résidences cossues ou d’humbles demeures, des pontons de navires de plaisance, des péniches habitées, des restaurants et des terrasses, des zones industrielles, des usines, des chemins de traverse, des éoliennes, des vignobles, des champs, des arbres à l’infini, là où sont installés villageois, pêcheurs, campeurs, promeneurs solitaires ou en famille… Sans oublier gratte-ciel, immeubles à bureaux, quais des grandes villes que nous traversons. 


Quant au mobilier des cabines, du MS Camargue, par exemple, il se résume à deux tabourets et à un bureau avec grand miroir sur lequel sont déposés un audio-guide avec mini écouteurs. N’oublions pas les espaces de rangement en nombre suffisant ainsi que la présence d’un téléphone intérieur avec fonction notamment de réveil-matin et d’un mini coffre-fort. Détail important : les prises de courant 220V présentent des fiches européennes et non américaines.


La salle de bain, de bonne dimension, renferme une douche et un séchoir à cheveux dans l’espace de rangement sous le lavabo. Sur le lavabo se trouvent une petite bouteille de désinfectant pour les mains et des produits d'hygiène italiens faits spécialement pour CroisiEurope (savon végétal, shampoing aux fleurs de Tilleul et aux extraits de Gingko Biloba et gel cheveux et corps). Les cabines sont par ailleurs nettoyées tous les matins.


Au début de la croisière, on nous remet une carte magnétique qui sert de clé de cabine (ou carrément une grosse clé à bord du MS Seine Princess). On nous demande de signaler notre départ et notre retour à bord en faisant tout simplement une croix sur un formulaire déposé à la réception. On doit parfois traverser la réception d’un autre navire pour se retrouver à terre, vu la pratique courante dans l’industrie de la croisière fluviale d’amarrer les navires les uns à côté des autres. On nous donne enfin un code que l’on doit composer sur un cadran fixé à l’entrée du navire pour pouvoir revenir à bord en dehors des heures normales de service.


GASTRONOMIE

CroisiEurope propose des grands classiques et des vins originaux de l’Hexagone d’une qualité irréprochable. Soir après soir, mes compagnons de table à bord du MS Camargue - un couple de la région de Champagne et un couple d’Alsace -, ont grandement apprécié les repas concoctés par CroisiEurope. Opinion partagée par les passagers des croisières sur la Loire et la Seine. 


Cela n’est guère étonnant quand on sait que le grand chef des quelque 120 cuisiniers de CroisiEurope, le directeur culinaire Alain Bohn, a rejoint, en 2013, la Chaîne des Rôtisseurs, une prestigieuse association internationale de gastronomie, ainsi que les Maîtres Cuisiniers de France, une association qui ne compte que 250 chefs dans le monde entier ! « Nous servons à bord de la flotte de CroisiEurope une cuisine traditionnelle, gastronomique et soignée, résume Alain Bohn. Et pour nos repas de gala, nous préparons des mets d’exception. »


Au fil des ans, CroisiEurope a élaboré un catalogue comportant quelque 80 entrées, 95 plats principaux et 75 desserts pour ses croisières sur l’Europe. « Les responsables de fleuve se réunissent afin de concevoir les recettes, les menus et les rotations, dit Alain Bohn qui a rejoint les rangs de la compagnie fluviale fin 1990. Nous tâchons de varier non seulement les plats, mais aussi de jouer avec les garnitures des pays visités. »


Dès le petit déjeuner, de style buffet, l’abondance est au rendez-vous avec une bonne trentaine de produits de qualité. Café et lait chaud servis en grande cafetière, quelques sortes de thé de la marque Jardins d’Asie, chocolat chaud de la marque d’Afrique de l’ouest Akancao, jus d’orange, de pamplemousse rose ou d’abricots. Croissants frais du jour, six sortes de pain (dont au chocolat ou aux raisins, en alternance). Confitures des marques italienne Menz & Gasser et française Les Confitures de Philomène (abricots, prunes, cassis, fraises, etc.), miel liquide du Rucher de Philomène, sirop d’érable de la marque canadienne Maple Joe. Compote aux pommes des marques françaises St Mamet ou Cafés Folliet, yaourt de différentes saveurs de la marque française Nova. 


S’ajoutent deux fromages chaque jour (Brie, Bleu de Bresse, Chaume, etc.), une variété de viandes froides et boudins. Des oeufs à la coque ou brouillés, des omelettes à la demande, des saucisses. Des céréales, du lait, une salade de fruits, une sélection quotidienne de fruits en tranches (pamplemousse rose, ananas, kiwis, etc.), des fruits entiers (poires, oranges, pommes vertes, etc.). 


CroisiEurope propose midi et soir une magnifique expérience culinaire - le plus souvent en trois services (entrée, plat principal et dessert auxquels s’ajoutent parfois une salade et-ou un fromage). Les menus sont modulés en fonction des escales et ils font une part belle aux produits du terroir français. 


Comme vous le verrez ci-dessous dans le menu offert à bord du MS Camargue, la variété de viandes, poissons, légumes et desserts est au rendez-vous, avec des variations selon les croisières.


Il est possible de formuler une demande spéciale si, pour une raison ou une autre, un plat ne nous convient pas. Par exemple, beaucoup de passagers optent pour une salade de fruits au lieu du riche dessert du jour, bien que cela ne soit pas inscrit au menu.


Détails dignes de mention : au restaurant, les passagers sont réunis par groupe linguistique au début de la croisière. Ils sont servis en rotation d’un jour à l’autre, donc parfois parmi les premiers, parfois parmi les derniers. Un seul service est prévu, généralement à 12h00 ou 12h30 pour le dîner et 19h ou 19h30 pour le souper. Cravates et robes chic ne font leur apparition chez certains passagers que lors du dîner de gala le dernier soir de croisière. 


Menus à bord du MS Camargue

Jour 1 : SOIR : Terrine de canard aux poivrons. Roulade de filet de poulet farcie aux canneberges avec tagliatelles et légumes. Douceur cerise


Jour 2 : MIDI : Quiche aux poireaux. Dos de cabillaud à l’anis avec pommes anglaises et ratatouille de légumes. Fournoll. Crêpe Suzette. SOIR : Velouté Saint Germain. Assiette de crudités. Filet mignon de porc sauce aigre-douce avec pommes duchesses et endives braisées. Panna Cotta aux fruits rouges


Jour 3 : MIDI : Buffet. SOIR : Soupe à l’oignon. Croûte forestière. Confit de canard avec pommes sautées et haricots plats. d’Espagne. Pêche Melba


Jour 4 : MIDI : Salade tomates et mozzarella. Pavé de saumon sauce au beurre blanc avec agnolettis farcis à la langouste et épinards crème à l’ail. Émotion au chocolat. SOIR : Cappuccino de cèpes, Salade de pétoncles. Joue de boeuf braisé à la bière avec pommes grenailles et carottes. Reblochon. Tarte au citron


Jour 5 : MIDI : Pâté en croûte. Pavé de cerf avec sauce aux champignons et choux rouge braisé aux pommes. Framboisier. SOIR : Crème Dubarry. Salade maraîchère. Sauté de veau provençal avec riz aux deux parfums et courgettes. Montboissier rouge. Nougat glacé. 


Jour 6 : MIDI : Buffet. SOIR : Potage de légumes. Jambon forêt noire. Filet de merlu fariné avec risotto aux champignons et brocolis fleurette. Baba au rhum.


Jour 7 : MIDI : Cocktail de crevettes à l’avocat. Magret de canard sauce au pinot noir avec gratin dauphinois et petits pois à la crème. Suprême liégeois vanillé. REPAS DE GALA : Bisque de homard. Foie gras avec caramel épicé et brioche. Carré de veau avec sauce à l’estragon, échalotes, purée de vitelotte et légumes. Fromage allumette au reblochon. Omelette norvégienne flambée au brandy


Les repas à bord du MS Camargue sont accompagnés d’un choix de huit vins (blanc, rouge ou rosé provenant de différentes régions de la France, dont l’Alsace et le Languedoc-Roussillon) et ils sont couronnés d’un costaud expresso ou d’un thé en infusion. Des vins de la Loire sont naturellement proposés au cours des repas à bord du Loire Princesse. Et des vins de Pays d’Oc et de Pays d’Hérault à bord du Seine Princess. Les repas de gala sont assortis de deux vins de qualité supérieure : le blanc Les Tortues Gros Manseng des Côtes de Gascogne et le rouge Côtes-du-Rhône Villages - Laudun - Vieilles Vignes - Domaine de Rabusas. Enfin, au début d’un repas, une grande bouteille d’eau minérale des marques alsacienne Wattwiller ou Carola est déposée sur chaque table.


Au salon-bar, la carte se compose d’une vingtaine d’alcools inclus dans le prix de la croisière et à volonté : Amer bière (une bière de la marque alsacienne Meteor rehaussée de Picon, un apéritif à l’orange amer d’origine marseillaise), Suze (une étrange liqueur de gentiane apéritive très amère d’origine suisse) ainsi que Pierlant (un vin effervescent français, mon coup de coeur). Trois possibilités au rayon des digestifs : un cognac de la marque française Guérin Frères, une eau de vie poirée de la distillerie artisanale française Hagmeyer ou un Vieux Marc de la marque française Védrenne, les liqueurs les plus médaillées au monde. 


S’ajoutent quelques sodas, cinq jus de fruits (dont au fruit de la passion) et le cocktail du jour souvent fort original comme Liberty (liqueur de pomme verte, distillat d’écorce d’orange et jus d’orange) ou Dolce Vita (eau de vie de poire, crème de pêche et jus de pomme artisanal) ou encore, mon préféré, Manga (eau de vie de framboise, liqueur de lychee et jus de goyave).


Tous les convives autour de ma table sont unanimes : le vin rouge offert lors du souper de bienvenue à bord de l'AmaDolce est rien de moins que fabuleux. Nous savourons un Château Dubois Gramont 2014 qui a remporté la Médaille d'argent du Concours de Bordeaux 2015. Les amateurs de vin blanc ne sont pas en reste avec un Château Belle Cure 2015, un autre bon cru bordelais. C'est le prélude à une succession ininterrompue de superbes dégustations concoctées par AmaWaterways dans cette région bénie des Dieux regroupant près de 10 000 vignerons et 65 appellations d'origine contrôlées.


Co-fondée en 2002 par des entrepreneurs allemands et autrichiens, Rudi Schreiner, Kristin Karst et Jimmy Murphy, AmaWaterways est une entreprise familiale qui propose aujourd'hui des croisières sur les fleuves traversant une quinzaine de pays européens ainsi que des croisières fluviales au Vietnam, au Cambodge, au Myanmar et dans le sud de l'Afrique. AmaWaterways organise des croisières d'une durée moyenne de sept nuits, à lesquelles peut s'ajouter une portion terrestre avec visites et séjour de quelques nuits avant et-ou après la croisière dans un luxueux hôtel de grandes villes européennes comme Paris, Prague ou Budapest. 


AmaWaterways a ajouté à sa programmation des croisières thématiques sur le vin à partir de 2010, et à ses itinéraires la région bordelaise à partir de 2016. J'ai ainsi eu l'occasion de découvrir, dans le cadre de l'une des croisières thématiques sur le vin, plus d'une trentaine de grands crus de l'une des régions vinicoles les plus réputées au monde, dont une quinzaine à bord (Château Malagar, Château Cabannieux blanc, Château Haut Moulin Rouge, par exemple) et une vingtaine d'autres lors d'excursions dans cinq châteaux viticoles.


Bien que cette croisière à partir de Bordeaux se déroule sur deux fleuves, le volet maritime est limité en raison des faibles distances entre les cinq villes d'escale - Cadillac, Pauillac, Blaye, Bourg et Libourne, un maximum de 70 kilomètres entre chacune d'entre elles. Le navire ne se déplace que quelques heures par jour, longe des rives souvent peu habitées fourmillant cependant de carrelets (cabanes sur pilotis pour la pêche au filet de mulet, d'alose feu et de crevettes blanches), reste à quai la nuit et ne franchit aucune écluse (contrairement aux croisières sur le Rhin ou le Danube, par exemple). En revanche, comme c'est monnaie courante dans le domaine fluvial, il arrive que l'AmaDolce s'amarre tout à côté d'un autre navire fluvial si bien que notre cabine donne alors directement sur une autre cabine au lieu d'une vue générale sur la ville d'escale ou sur le quai, selon le côté du navire dans lequel on se trouve. 


Le volet terrestre de la croisière bordelaise constitue une incursion unique dans la France profonde, authentique et prestigieuse. « C'est une façon unique de découvrir ou de redécouvrir la France sous des angles inédits », dit Brenda Kyllo, vice-présidente Alliances Stratégiques d'AmaWaterways basée à Montréal. De fait, tous les jours, et même deux fois dans la même journée, nous accostons directement au coeur des principaux villages bordelais et visitons différents châteaux viticoles. La quasi totalité des excursions au programme sont incluses dans le prix de la croisière (quatorze sur seize). Outre les excursions traditionnelles en autobus avec guides locaux et système audio multilingue QuietVox, AmaWaterways met systématiquement une quinzaine de vélos de la marque hollandaise Gazelle à la disposition de ses passagers les plus sportifs. Elle propose aussi des randonnées pédestres dans le cadre de la plupart de ses croisières, mais pas celle au départ de Bordeaux, une région fondamentalement sans relief. 


Cette croisière nous permet d'apprivoiser des vins de différentes appellations bordelaises : Pomerol, Margaux, Pauillac, Pessac Léognan, Saint-Emilion, Medoc, Fronsac, etc. - que ce soit au cours des repas à bord, lors de dégustations à terre ou encore, par l'entremise de la carte payante des vins (moyenne de 60 euros la bouteille) comprenant une quinzaine de propositions de vins rouges et blancs bordelais (plus quelques-uns blancs provenant de la Loire) ainsi que quelques champagnes et mousseux (dont un Crémant de Bordeaux). Précisons que les vins, bières, jus, sodas et cafés spécialisés consommés lors des repas sont inclus dans le prix de la croisière. De plus, une machine à cafés spécialisés et chocolat chaud ainsi qu'une douzaine de sortes de thé et du thé glacé peuvent être consommés sans frais à toute heure du jour ou de la nuit. Sont exclus du prix de la croisière les soins au salon de beauté, les frais de nettoyage de vêtements, les alcools hors repas et les pourboires (15 euros par jour).


La toute première excursion à partir de la municipalité de Cadillac nous transporte dans le plus ancien domaine de Sauternes, le Château Guiraud qui produit trois vins blancs, dont l'un très fruité, que nous goûtons avec plaisir après moultes explications sur les caractéristiques du terroir local et les différentes étapes de vinification et de vieillissement par une représentante de ce domaine viticole. « Avec nos croisières thématiques sur le vin, nous cherchons à combiner dégustation de grands crus, histoire viticole et transmission du savoir-faire à nos passagers par les vignerons eux-mêmes », dit Kristin Karst, vice-présidente exécutive et co-propriétaire d'AmaWaterways. La dégustation au Château Guiraud se termine par une bonne rasade d'Abbatilles Sainte Anne, une eau « finement pétillante » du village bordelais d'Arcachon.


La seconde journée nous amène dans le Médoc. Après que le navire se soit amarré dans le village de Pauillac et que notre bus soit passé devant les plus prestigieux châteaux viticoles de la région - Latour, Margaux, Lafite Rothschild, etc. -, nous dégustons quatre vins du Château Gruaud Larose de différentes cuvées valant chacun un minimum de 100 euros la bouteille. Comment pourrons-nous, au retour à la maison, se passer de ces dégustations quotidiennes ?


Nous voilà déjà à la mi-croisière. Après une promenade matinale au village de Blaye et une excursion pour des passagers de tout âge de 18 kilomètres en vélo entre Blaye et Bourg, nous terminons la journée par un événement exclusif aux passagers d'AmaWaterways : une Fête du vin organisée par une jeune entrepreneure locale, Marion Abbadie, à la Maison de vin - Côtes de Bourg, un édifice avec terrasse panoramique surplombant le village de Bourg. Au son d'un accordéon et de vieilles chansons françaises, nous apprécions trois vins de l'appellation Côte de Bourg : un Château Haut Mousseau ainsi qu'une cuvée Tradition et une cuvée Prestige du Château de Côts. Propriété familiale depuis 1930, le château de Côts produit des vins biologiques depuis 10 ans, c'est à dire sans recours à des produits chimiques ni à des organismes génétiquement modifiés. Les vignes en culture biologique sont d'ailleurs en hausse constante ces dernières années et elles représentent maintenant 8% de la production viticole en France. 


Nous remettons cela le lendemain lors de l'escale à Libourne, ville de quelque 25 000 habitants bordant la Dordogne à partir de laquelle nous nous dirigeons vers Saint-Emilion, une cité médiévale de toute beauté perchée sur un promontoire rocheux abritant d'impressionnants monuments souterrains. « À Saint-Emilion, il y a 300 habitants, 70 commerces de vin et un million de visiteurs par année », dit la sympathique guide Julia Vasseau, native de cet endroit magnifique qui constitue, aux yeux de beaucoup de passagers, le summum de la croisière bordelaise. Comme d'habitude, les passagers sont regroupés dans différents autobus - 20 passagers maximum par autobus, contrairement à la pleine capacité avec les autres compagnies de croisières -, chacun allant dans une des bonnes caves de la région. Nous, nous atterrissons au Château de Pressac, un autre magnifique domaine dont les vins ont remporté une foule de prix au cours de la dernière décennie. Nos sens sont ardemment sollicités par quatre grands crus, dont une cuvée 2013 du Château Tour de Pessac qui a décroché la Médaille d'or du Concours mondial de Bruxelles 2015. 


Sur le chemin du retour, la directrice de croisières, Annie Lebailly, a la gentillesse de me faire goûter à un canelé, un dessert typiquement bordelais inventé au 16e siècle par les soeurs du couvent des Annonciades. Il s'agit d'un délicieux petit gâteau en forme de cylindré strié, composé d'une pâte molle parfumée au rhum et à la vanille, et recouvert d'une croûte caramélisée. 


Le navire est demeuré toute la nuit au quai de Libourne. Alors, le lendemain, nous repartons de plus belle en excursion dans cette région, et deux fois plutôt qu'une ! D'abord, en matinée, direction le village de Créon pour la visite d'un des marchés les plus réputés de la région bordelaise avec, naturellement, une dégustation de produits locaux à la clé (fromages et pains artisanaux ainsi que jambon de Mantaza). 


Ensuite, dans l'après-midi, direction la commune de Fronsac, là où les premières vignes furent plantées il y a 2 000 ans ! Au 18e siècle, les vins de Fronsac étaient incidemment les plus réputés de la région de Libourne au point de se vendre à un prix largement supérieur à ceux de Saint-Emilion ou de Pomerol. Notre dégustation porte sur trois vins de l'imposant Château de La Rivière datant du 16e siècle qui surplombe la vallée de Dordogne avec 35 hectares de vignes... et 8 hectares de caves souterraines. Celles-ci ont été creusés du 12e au 18e siècle pour en extraire le calcaire servant à la construction des maisons de Bordeaux de l'époque. Durant la Seconde Guerre mondiale, le château de La Rivière a été occupé par les nazis qui ne se sont jamais aperçus que les caves étaient le refuge des résistants de la région ! C'est encore une fois repu que nous retournons à bord de l'AmaDolce qui lève rapidement l'ancre pour retourner à son port d'attache, Bordeaux, en fin de soirée.


Dernière journée de la croisière à Bordeaux : nous visitons le centre de cette ville inscrite depuis 2007 sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Unesco, puis nous nous rendons à la Cité du Vin construite à l'intérieur d'un fabuleux bâtiment en forme de bulle. Grâce à 20 modules thématiques et à plus de 120 productions multimédias, on se familiarise avec le vin à travers les âges et les civilisations. L'instructive visite se termine comme de raison par une dégustation au belvédère, un immense et lumineux bar à vin qui, à 35 mètres de hauteur, offre une vue panoramique incomparable de Bordeaux. D'autres passagers ont opté pour l'excursion vers Cognac accaparant la journée entière dans le but de terminer leur voyage par la découverte de spiritueux de la marque Henessy. 


Le dernier repas à bord donne lieu à la présentation d'un ultime grand cru, un Château Macquin 2013, médaillé d'or du Concours de Paris 2015. Et, à peine les passagers sortis de table, à 21h30, l'AmaDolce s'éloigne doucement du quai des Chartrons pour un dernier tour de piste devant les édifices joliment illuminés du centre de Bordeaux.


Outre les vins bordelais, les passagers de l'AmaDolce ont été conviés, à quatre reprises au cours de la croisière, à une dégustation d'une douzaine de grands crus californiens sous la direction de Christopher Silva, président et directeur général du St. Francis Winery and Vineyards, pas avare ni dans ses explications, ni dans les quantités servies de ses divins nectars. La première dégustation donne lieu à un exercice fort amusant : mélanger deux des quatre vins dégustés dans le but de créer son propre mélange. Puis, M. Silva goûte aux drôles de concoctions d'une bonne vingtaine de passagers, pour le plus grand plaisir de tous.


Construit en Hollande et lancé en 2009, l'AmaDolce, l'un des 21 navires de la flotte actuelle d'AmaWaterways, accueille 146 passagers (dont 70% provenant du continent nord-américain) et 44 membres d'équipage dévoués en provenance de neufs pays européens, dont la Roumanie, la Bulgarie et la Slovaquie. Long de 360 pieds et large de 38 pieds, il comporte quatre ponts, dont trois ponts intérieurs contenant 74 cabines avec balcon français. Le pont extérieur abrite deux espaces de détente avec chaises longues (dont l'un protégé du soleil par une grande toile), une piste de jogging et, ce qui est rare pour une compagnie fluviale, un bain tourbillon ouvert 24 heures sur 24 (et même une mini piscine avec bar les pieds dans l'eau à bord des plus récents navires d'AmaWaterways).


À l'arrière du pont baptisé Violin se trouvent le restaurant gastronomique, le salon de beauté et le petit gymnase avec sauna. À l'avant du navire ont été aménagés le grand lounge et le restaurant général situé pratiquement au même niveau que la mer que l'on voit défiler à travers les hublots. Les passagers peuvent aussi acheter souvenirs locaux et bijoux notamment de la marque allemande Coeur de Lion à la petite boutique du navire, ou emprunter de beaux livres et différents jeux à la bibliothèque installée au niveau supérieur de la réception. Mentionnons la présence d'un ascenseur reliant les trois ponts intérieurs pour le bénéfice des passagers à mobilité réduite.


L'AmaDolce est un navire haut de gamme qui offre un confort digne des grands paquebots. Les cabines climatisées avec contrôle individuel de température y sont spacieuses : 170 pieds carrés pour les cabines standards et jusqu'à 255 pieds carrés pour les suites. Elle disposent d'un grand lit (ou pouvant être séparé en deux lits simples), d'un choix d'oreillers mous ou fermes, d'une grande salle de bain avec douche multi-jets et d'une grande porte patio avec balcon français. Les produits d'hygiène et de soins sont de la marque allemande Hydro. 


Après avoir fait cette croisière, on comprend qu'en 15 ans d'existence, AmaWaterways n'a cessé d'accumuler les honneurs, dont l'obtention des 11 meilleures cotes parmi plus de 280 navires de croisière fluviale en Europe décernées par le Guide Berlitz en regard de l'hébergement, de la gastronomie, des activités à bord et du service. 


Peu de passagers s'en sont rendus compte, mais le capitaine de l'AmaDolce, Dany Baucher, et le capitaine adjoint, Patricia Devaux, ont dû composer avec les éléments pas toujours évidents dans ce coin de pays. Comme le mascaret, un phénomène de brusque surélévation de l'eau qui surgit sur la partie la plus rétrécie de la Dordogne et la Garonne. « Le courant du fleuve est contrarié par le flot de la marée montante dont l'ampleur peut varier grandement selon le débit du fleuve et le coefficient de la marée, explique Dany Baucher. Le mascaret avance à une vitesse de 10 à 20 kilomètres/heure et la vague peut atteindre plus de d'un mètre. Cette vague montante arrive tellement vite et avec tant de force qu'elle peut briser les amarres d'un navire. La manoeuvre consiste à larguer les amarres, se positionner au milieu du fleuve et attendre le passage de cette vague. »


Contrairement au mascaret qui se produit essentiellement dans les régions de Libourne et de Cadillac, là où l'AmaDolce ne va qu'une fois par semaine, les marées, elle, constituent un défi quotidien pour l'équipage de l'AmaDolce. En règle générale, la marée descendante - appelée le jusant -, dure environ huit heures et demi tandis que la marée montante - appelée flot -, dure environ quatre heures, avec une différence de niveau d'eau pouvant atteindre les cinq mètres ! C'est dire les immenses quantités d'eau qui, deux fois par jour, se déplacent dans l'estuaire de la Gironde (le plus grand d'Europe), né de la rencontre du fleuve Garonne (qui longe la ville de Bordeaux) et du fleuve Dordogne (qui borde notamment les vignobles de Saint-Emilion). Ce faisant, l'itinéraire de base de l'AmaDolce est sporadiquement sujet à des changements de dernière minute. Ces mouvements incessants ont pour effet de donner une coloration brunâtre à l'eau de la Garonne. « Quand la marée redevient basse à Bordeaux, nous pouvons apercevoir sur la Garonne plein d'épaves de la Seconde Guerre Mondiale », indique par ailleurs Annie Lebailly.


« Une bonne partie de mon travail consiste en de l'anticipation », poursuit Dany Baucher qui travaille pour AmaWaterways depuis 2012 et qui est devenu capitaine en 2013 à l'âge de 27 ans. Il n'est pas question d'improviser une manoeuvre, elle doit avoir été bien réfléchie et préparée. Comme celle qu'il réalise dès le premier matin de la croisière : au départ de Bordeaux, il doit passer sous l'un des arches du Pont de pierre. « Il n'y a pas de place pour l'erreur, dit-il placidement. L'idée est d'attendre l'étale de basse mer, c'est-à-dire le moment où la marée cesse de baisser avant de monter, parfois en flèche. Nous avons alors une courte fenêtre de 10 à 20 minutes, selon le coefficient de marée, pour passer sous le pont. Sinon, il faut rebrousser chemin vers Bordeaux. »


GASTRONOMIE

« Tout est fait à la minute. Voilà pourquoi nous allons vous servir par groupe de six », dit d'entrée de jeu le serveur principal du Chef's Table Restaurant, le second restaurant de l'AmaDolce. Et - tel un ballet longuement conçu, patiemment répété et parfaitement exécuté -, se succède durant deux heures une dizaine de plats ayant tous le dénominateur commun d'être frais, savoureux et originaux : en amuse bouche, fromage de chèvre avec tomates jaunes et sauce aux pruneaux. Puis, un plat comportant quatre petites entrées : pétoncles sur fond d'algues marinées, foie gras de canard, rillettes sur fond de carpaccio de betteraves et quinoa rouge. Ensuite, une crème de fenouil avec Pernod et des escargots sautés suivi d'un sorbet aux pommes avec cidre. En plat principal, une version inédite d'un terre et mer : filet de cabillaud avec sauce au safran et ragoût d'écrevisses ainsi qu'une côte de boeuf avec une exquise sauce au vin rouge du Médoc. Finalement, en guise de dessert, un fondant au chocolat rien de moins que décadent et un gâteau à saveur de lavande ! Le tout, accompagné d'un vin blanc et d'un vin rouge (Château Blanc de Camarsac et Château L'Étoile de Villegeorge) en accord parfait avec ces mets dignes des plus grandes tables... avec en préambule un Crémant de Limoux Gérard Bertrand 2013. Ouf !


Amawaterways est la seule compagnie de croisière fluviale à avoir aménagé un deuxième restaurant - gastronomique celui-là -, à bord de ses navires. Pari risqué, brillamment relevé ! Ce repas - préparé de main de maître par le chef Julian Stadnica et servi avec maestria par le maître d'hôtel Susu Catalin, tous deux de Roumanie -, s'est avéré l'un des meilleurs que j'ai mangé à bord d’un navire.


Le Chef's Table Restaurant propose tous les soirs le même menu aux 24 convives de l'AmaDolce qui ont eu la bonne idée de réserver leur place, ceci afin de permettre à l'ensemble des passagers de découvrir cette extraordinaire table au cours de la croisière d'une durée habituelle de sept nuits. Le menu de dégustation, en revanche, varie d'un navire à l'autre afin de refléter la gastronomie locale des pays visités, précise le chef exécutif de l'AmaDolce, Bogdan Dumitrascu.


Difficile de ne pas prendre quelques kilos au cours d'une croisière comme celle-là. Matins et midis, les passagers de l'AmaDolce ont droit à un copieux buffet. Et le soir venu, AmaWaterways propose un repas en quatre, voire six services : choix de deux entrées; puis consommé ou potage; ensuite choix de trois plats principaux - poisson, viande ou végétarien (sans compter les trois plats principaux offerts en permanence : entrecôte grillée, filet de saumon et poitrine de poulet) et finalement, fromages et desserts auxquels s'ajoutent parfois amuse bouche et sorbet, le tout sous les thématiques suivantes : souper de bienvenue, souper de la Chaîne des Rôtisseurs (une prestigieuse organisation culinaire internationale dont AmaWaterways est la seule compagnie de croisière fluviale à en faire partie depuis 2013), souper avec accords mets et vins, souper de gala du commandant et souper d'au revoir. 


Mes coups de coeur, au restaurant principal où les portions sont toujours généreuses : en entrée, le vol au vent au ragoût de poulet et champignons ainsi que le gâteau au crabe et langoustine avec salsa d'ananas. En plat principal, le stromatée à fossettes, une fantastique poisson blanc accompagné de crevettes géantes sur fond de sauce au homard. Et comme dessert, la tarte aux pommes avec sauce au calvados et crème glacée à la cannelle ainsi que le clafoutis aux cerises avec gratin de nougat. Ajoutons tous ces grands classiques de la cuisine française que sont les cuisses de grenouille, la bouillabaisse, le carré d'agneau, le boeuf bourguignon, le canard à l'orange ou le coq au vin. Délicate attention : tous les soirs, les passagers reçoivent dans leur cabine une fiche de cuisine détaillant la recette et le mode de préparation d'un plat local. 


Au petit déjeuner, l'une des grandes tables du restaurant principal est transformée en un buffet d'une douzaine de pains et viennoiseries (croissants, pains au chocolat, danoises, chaussons, beignets, brioches, etc.) avec confitures maison et de la marque allemande Schwartau. S'ajoutent le coin fruits à profusion (melons, ananas, kiwis, raisins rouges, fraises, framboises, bleuets, airelles selon les matins), viandes froides, muesli et yogourts ainsi que le plateau de saumon fumé, le coin fromages et la section des plats du jour (oeufs bénédictine, gaufres, crêpes et steaks minute). On peut couronner le tout avec une flûte d'un très bon mousseux français, le Baron de Clary. 


Même abondance à l'heure du midi. Je me rappelle avec bonheur ce grandiose buffet de fruits de mer, une dizaine en tout, d'une fraîcheur irréprochable : crevette, pieuvre, calmar, huître, moule, saumon poché, oeufs de poisson, caviar, hareng mariné et langoustine. N'oublions pas les petits sandwichs et pâtisseries à l'heure du thé, les tapas quotidiens, des délices sucrées ou salées - comme des macarons d'une dizaine de saveurs ou des taccos au paprika -, et le snack de fin de soirée !


L'anglais est la langue d'usage à bord des navires de la flotte d'AmaWaterways, mais nombre de membres d'équipage maîtrisent le français, à commencer dans le cas de notre croisière bordelaise par le capitaine, son adjointe, la directrice de croisières et le barman du lounge. La moyenne d'âge des passagers se situe au début de la cinquantaine, mais celle-ci baisse dans le cas des croisières thématiques sur le vin.


Faits saillants (croisière de sept jours)

- Deux jours complets dans la ville unique de Venise (incluant les îles de Murano et Burano)

- Une vingtaine de plats et une dizaine d’alcools italiens servis à bord. Dégustation de charcuterie locale en excursion 

- Dix-huit heures de navigation de jour dont six heures magiques dans la lagune vénitienne et 12 heures sur le fleuve Pô aux rives inhabitées

- Dix excursions, dont trois dynamiques. Beaucoup de marche à pied dans quatre villes (Padoue, Bologne, Ferrare et Vérone)


À peine les passagers du MS Michelangelo embarqués, les matelots larguent les amarres, le navire quitte le quai San Basilio, s’engage sur le Canal della Giudecca, longe le centre de la ville ô combien magique de Venise, passe devant la légendaire place Saint-Marc et stoppe au quai des Sept Martyrs après une trentaine de minutes de navigation. 


« Ce court déplacement, dit Floriane Petitjean, l’une des deux animatrices du MS Michelangelo, permet d’offrir aux passagers immédiatement en début de croisière un premier contact avec Venise. Et puis, le navire sera beaucoup mieux positionné pour l’excursion de demain matin au Palais des Doges. Nous aurons à traverser sept ponts et à marcher une vingtaine de minutes au lieu du double de temps au travers un labyrinthe de ruelles si nous étions demeurés au quai d’embarquement initial. »


Dès cette première navigation, plusieurs passagers en profitent pour faire le plein de souvenirs visuels. Peu de villes au monde sont en effet autant attrayantes pour les photographes que Venise. Et aussi pour les artistes, la ville accueillant chaque année la Biennale de l’art, celle de 2017 étant consacré à l’art moderne (et les années paires à l’architecture). Alors que pas moins de sept gros paquebots sont amarrés en retrait du centre de Venise, le MS Michelangelo est positionné au coeur du quartier Castello, de biais avec un parc fourmillant de sculptures modernes avec, en arrière plan, de vieilles résidences typiques de Venise. Il suffit ensuite d’emprunter l’une des ruelles avoisinantes pour se retrouver quelques minutes plus tard dans une grande artère bordée de trattorias, gelaterias et autres commerces. 


De retour dans notre cabine après cette belle promenade, nous nous endormons en étant bercés par le ressac des vaporettos qui ne cessent de sillonner la lagune vénitienne. Là, les gros navires ont préséance sur les petits. Le MS Michelangelo doit ainsi céder sa place à un yacht le lendemain de notre embarquement. Nous retournons donc au quai San Basilio, ce qui offre l’avantage de découvrir le quartier Dorsodouro. Ce que je fais très tôt avant que le navire quitte Venise pour sa première navigation dans la lagune. Deux heures durant, j’ai arpenté au hasard un labyrinthe de ponts, de venelles et de places publiques pour déboucher, à ma totale surprise, sur le célèbre Canal Grande au lieu du Canal della Giudecca où se trouve le MS Michelangelo. Faisant donc le chemin inverse, je n’ai réussi à revenir au navire qu’avec l’aide de nombreux Vénitiens qui ont pu m’orienter grâce à ce sésame : « Vaporetto San Basilio per piecere. » Sans ces mots, je ne sais pas si j’aurais pu revenir à temps à bord... 


CroisiEurope a initié de nombreuses destinations fluviales à travers l’Europe dont, en l’an 2000, sur la lagune vénitienne et le fleuve Pô. Bien qu’il s’agisse du plus grand fleuve italien, le MS Michelangelo n’en parcourt qu’une infime partie (63 sur 532 kilomètres) en raison du faible niveau des eaux durant la saison estivale. En outre, entre la lagune vénitienne et le fleuve Pô (et vice-versa), le MS Michelangelo navigue trois heures durant en mer Adriatique pendant que les passagers sont en excursion. Car, pour des raisons de sécurité, la réglementation maritime n’autorise la présence que des membres d’équipage quand le navire est en mer, compte tenu que le MS Michelangelo est avant tout un navire fluvial. 


Durant les sept jours de notre croisière, nous naviguons une douzaine d’heures sur le Pô aux rives peu habitées pour s’approcher des principales villes des régions de Vénétie (Padoue et Vérone) et d’Émilie Romagne (Ferrare et Bologne) que nous rejoignons ensuite par autobus (de 60 à 120 minutes par trajet). Et une fois en ville, il faut avoir prévu de bonnes chaussures de marche (jusqu’à 40 minutes pour retourner à l’autobus à Bologne, par exemple).


Le delta du Pô a été proclamé Patrimoine mondial par l’Unesco. Et l’ensemble de la région a été le témoin de l’éclosion des civilisations grecque et romaine. Il y a donc matière à de belles excursions. Comme Padoue (l’après-midi de la 3e journée, avec la visite de la Basilique Saint Antoine agrémentée de dômes byzantins et de minarets), Bologne (l’après-midi de la 4e journée), Ferrare (le matin de la 5e journée, avec la visite de l’ancien ghetto juif) et Vérone (l’après-midi de la 5e journée, avec la visite de l’amphithéâtre romain). S’ajoutent les deux jours complets à Venise (la deuxième et l’avant-dernière journée), avec au programme deux excursions classiques et deux excursions dynamiques dans la ville même, toutes à pied (Palais des Doges, quartier Castello ou quartier Dorsodouro), sans oublier une excursion par navette vers les îles Murano et Burano.


Certaines excursions sont communes aux deux types (classique ou dynamique), d’autres sont exclusives à l’un ou l’autre type. Il est plus avantageux de les acheter à l’avance (environ 30% moins cher que le prix d’achat à bord). Par exemple, l’excursion dynamique « Sur les pas de Casanova » revient à 49 euros si elle est achetée avant le départ comparativement à 66 euros une fois en croisière. Sinon, tout est inclus dans le prix de la croisière, notamment les boissons aux repas et à la carte du bar composée d’une quinzaine d’alcools (bière, apéritif, alcool) et autant de boissons diverses (eau, soda, café, thé).


Le fleuve Pô termine sa course dans la mer Adriatique et voilà qu’apparaît la lagune de Venise, la plus grande d’Italie avec une surface de 550 kilomètres carrés comprenant 118 îlots, 177 canaux et 400 ponts. Les deux îles les plus légendaires sont Murano (pour ses maîtres verriers) et Burano (pour sa dentelle à l’aiguille), deux villages de pêcheurs situés dans le nord de la lagune que nous rejoignons par navette privée dans le cadre de la seconde excursion de la deuxième journée de croisière. À la fin du 13e siècle, les fours furent interdits à Venise dans le but de protéger la ville contre les incendies. La manufacture de verre fut transférée à Murano qui accueillit jusqu’à 37 usines et 30 000 habitants. La production verrière fut l’une des premières exportations vénitiennes. 


Changement de décor à Burano : ici pas de palais de style roman, renaissance, gothique ou baroque, mais des maisons de couleurs vives à profusion. Au 16e siècle, la production de dentelle y atteignit son apogée. De nos jours, seules quelques femmes de l’île y excellent encore. Cela dit, les boutiques de produits locaux, particulièrement de bijoux, foisonnement encore plus à Burano qu’à Murano.


Nous voilà maintenant à Bologne. L’excursion débute au Quadrilatero, coeur du centre historique de la ville fourmillant de bâtiments à arcades qui procurent un abri plus que bienvenu contre le soleil caniculaire. C’est au café de la Corte que nous dégustons une bonne assiette de charcuterie italienne (jambon de Parme, saucisson et mortadelle) accompagnée d’un panini chaud et arrosée d’un vin biologique rouge et d’un vin effervescent de la marque locale Montevecchio Isolani. 


La saison des croisières fluviales en Europe va de mars à octobre (ainsi qu’en décembre pour la découverte des marchés de Noël). Quelques fois au cours de la saison, l’itinéraire doit être modifié en raison de conditions météorologiques défavorables comme, la veille de la 5e journée de notre croisière, quand il est annoncé pour le lendemain midi des vagues de 1,5 mètres en mer Adriatique. Au lieu de rester à quai à Polesella, le MS Michelangelo quitte dès que les passagers sont rentrés de Bologne, passe la nuit en plein campagne à Porte Levante situé à l’embouchure du Pô et de l’Adriatique et, une fois les passagers débarqués pour l’excursion maintenant combinée de Ferrare et Vérone, se rend sans tarder jusqu’à Chioggia, située à la limite sud de la lagune vénitienne. 


Pareil changement d’itinéraire oblige le commissaire de bord à des prouesses logistiques, La plus grosse étant de réserver un restaurant pour une centaine de personnes à Vérone, vu que les passagers ne reviennent plus sur le navire entre Ferrare et Vérone comme prévu initialement. Hervé Meiss, qui en a vu d’autres depuis 2009 qu’il travaille pour CroisiEurope, fait preuve d’un rare sens de l’anticipation en ayant réservé, dès janvier, un restaurant à Vérone pour chaque 5e journée de la croisière afin de faire face à pareille situation.


« Le travail de commissaire de bord correspond à la fois à celui d’un gestionnaire hôtelier et d’un psychologue », résume Hervé Meiss. Il gère quotidiennement les ressources humaines (sauf les matelots) et l’inventaire des boissons, supervise le travail en cuisine, s’assure du bon déroulement de la croisière pour les passagers, s’occupe de la paperasse requise par les autorités portuaires. Il y a aussi les imprévus. « Ce qui est le plus délicat, témoigne Hervé Miss, c’est de trouver des solutions de rechange quand, par exemple, un guide ne se présente pas, un autobus tombe en panne ou le navire demeure bloqué trois jours durant à cause des hautes eaux. » 


Plutôt que de faire l’excursion combinée sur Ferrare et Vérone d’une durée totale de 12 heures, deux passagers, dont votre humble serviteur, ont préféré la seconde option offerte par le commissaire de bord : visiter la ville lagunaire de Chioggia le matin, puis revenir sur le navire pour la sieste de l’après-midi. « Beaucoup de Vénitiens ont déménagé à Chioggia afin d’y bénéficier d’un coût de la vie beaucoup moins élevé qu’à Venise », fait remarquer Hervé Meiss. Comptant maintenant un peu plus de 50 000 habitants, Chioggia abrite le second marché de poissons le plus varié d’Italie. De fait, la ville - implantée sur deux îles parallèles séparées par un canal - est ceinturée d’une multitude de gros bateaux de pêche. Et des abris de pêcheurs sur pilotis se dressent à l’horizon de la lagune. La ville compte par ailleurs nombre d’édifices d’intérêt construits aussi loin qu’au 15e siècle. Une autre belle promenade, encore là en bonne partie sous les arcades vu le soleil de plomb et la température anormalement élevée pour cette période de l’année.


Le lendemain, après une seconde navigation fabuleuse dans la lagune, cette fois-ci au soleil levant, nous voilà déjà revenu à Venise, une ville dont on ne se lasse pas. La contrepartie est qu’elle est sans cesse envahie par des hordes de touristes. Au point qu’il y a parfois des bouchons de gondoles dans les canaux les plus étroits ! Cette popularité se traduit par des prix fort élevés (par exemple, un billet de vaporetto revient 7,50 euros ou encore, un simple plat de pâtes à l’heure du midi coûte 18 euros, service en sus). Ce qui rend la croisière vénitienne encore plus attractive, car beaucoup moins cher qu’un séjour terrestre à qualité égale de prestations.


Construit en 1999, le MS Michelangelo est le seul navire de CroisiEurope affecté sur le Pô. Il y navigue depuis l’an 2000 dans le cadre de croisières de cinq, six ou sept jours. Navire à deux ponts, le MS Michelangelo renferme 78 cabines pouvant accueillir 158 passagers, dont 71 cabines doubles, deux cabines individuelles, quatre cabines avec grand lit et une suite. L’équipage est majoritairement d’origine hongroise, le capitaine allemand, le commissaire de bord français et la majorité des matelots italiens. La boutique du navire vend principalement des masques vénitiens à prix abordables (débutant à six euros), ainsi que des bijoux tels des pendentifs ou perles de Murano.


GASTRONOMIE

Les plats et produits italiens abondent à bord du MS Michelangelo.

Petit déjeuner : Confiture de fraises de la marque italienne Fragola. Yaourt au citron La Centrale del latte di Vincenza

Midi et soir 

Entrée : Soupe minestrone. Orechiette aux légumes. Antipasti aux légumes avec brandade de morue. Assiette de charcuterie italienne, Pizetta napolitaine. Tortiglioni aux fruits de mer. Salade piémontaise. Penette rigate à la Matriciana

Plat principal : Osso bucco de veau à la milanaise et sa polenta crémeuse. Dos de saumon rôti avec risotto aux champignons. Épaule de veau et son chou blanc au marsala. 

Dessert : Assortiment de glaces à l’italienne. Île flottante au limoncello. Émotion au chocolat sauce pistache. Panna cotta vanille et fruits rouges

Diner complet à l’italienne : Salade caprese, piccata alla romaine et ses spaghettis à l’ail doux, fromage gorgonzola et tiramisu avec sauce vanille café.


Boissons 

Au restaurant

- Eau naturelle de la marque Dolomia

- Carte des vins aux repas comportant sept choix, dont quatre vins italiens (un blanc, un rosé et un rouge de la marque Verum ainsi qu’un rouge Belcanto) 

Au bar

- Cocktail du jour Bellini (prosecco et jus de pêches)

- Aperol et vino spumante Brut de la marque Antes


Itinéraire

Jour 1 : Embarquement Venise (18h). Navigation du quai San Basilio au quai des Sept Martyrs (19h-19h30). Escale de nuit Venise


Jour 2 : Visite Venise : Classique-Palais des Doges. Dynamique-Sur les pas de Casanova (08h30-12h). Visite Murano et Burano (14h15-18h30). Navigation vers quai San Basilio (19h-19h30). Escale de nuit Venise 


Jour 3 : Navigation sur la lagune vénitienne en direction de Chioggia (09h-11h30). Visite Padoue : Classique-Visite de la ville. Dynamique-Randonnée route des vins (13h30-19h). Escale de nuit Taglio Di Pô


Jour 4 : Navigation sur le Pô en direction de Polesella (07h-12h). Visite Bologne (13h30-19h30). Navigation sur le Pô en direction de Porto Levante (20h00-minuit). Escale de nuit Porto Levante


Jour 5 : Option 1 : Visite de groupe Ferrare et Vérone (07h45-20h45). Option 2 : Visite individuelle Chioggia (07h45-11h30). Navigation en direction de Chioggia (08h-11h30). Escale de nuit Chioggia


Jour 6 : Navigation sur la lagune en direction de Venise, quai des Sept Martyrs (06h-08h30). Visite Venise : Classique-départ à pied vers le quartier de Castello, la Venise secrète. Dynamique : départ en vaporetto vers Dorsoduro, seul quartier vénitien sur terre ferme (08h45-12h15). Après-midi libre. Soirée de gala. Escale de nuit Venise


Jour 7 : Navigation du quai des Sept Martyrs au quai San Basilio (06h-06h30). Débarquement Venise (09h)



Faits saillants (croisière de huit jours)

- Parcours en autobus de la Route des vins de porto dans la vallée du Douro : l’un des paysages les plus spectaculaires au monde

- Vingt-cinq heures de navigation fascinante sur le Douro, un fleuve aux rives variées, de jour seulement

- Traversée de trois écluses, dont celle du barrage Carrapatelo, le plus haut d’Europe avec 36 mètres

- Vingt-quatre heures à Porto, 2e plus grande ville du Portugal, dont le centre historique est classé Patrimoine de l’humanité

- Dix excursions, dont trois dynamiques, dans de petites villes et villages portugais (et dans une ville espagnole d’une durée de 10 heures)

- Une quinzaine de plats et une douzaine d’alcools portugais servis à bord. Quatre dégustations de porto dont deux en excursion. Dégustation d’une pâtisserie locale en excursion


De la piscine du MS Miguel Torga, nous avons une vue imprenable sur la « Tour Eiffel horizontale », comme notre guide appelle le pont Maria Pia bâti par le célèbre Gustave Eiffel à la fin du 19e siècle. Le navire est amarré au-dessous de cette singulière construction en forme d’arc métallique qui sert de viaduc ferroviaire enjambant les 150 mètres de la vallée du Douro d’une seule portée.


Mis en service en mars 2017, le MS Miguel Torga est le plus récent navire de la flotte de cinq navires de CroisiEurope sillonnant le fleuve Douro au Portugal. Cinq navires ! Contre un sur le fleuve Guadalquivir, en Espagne, et un seul aussi sur le fleuve Pô, en Italie. C’est dire la popularité de cette croisière sur le Douro, ce fleuve méconnu qui prend sa source en Espagne, s’épanouit dans le nord du Portugal et se jette quelque 850 kilomètres plus loin dans l’Océan Atlantique, après avoir traversé de multiples quintas, ces fermes vignobles d’une blancheur immaculée produisant les fameux portos. 


Pareille popularité s’explique par le fait que cette croisière ravit au plus haut point les passagers ! Et ce, tant par le volet de navigation que par les aspects terrestre et culturel.


D’abord, la navigation. Réputée difficile sur ce cours d’eau au parcours tortueux surnommé le fleuve d’Or, elle offre un spectacle magnifique. Durant les 25 heures de navigation du MS Miguel Torga sur le Douro défilent à travers les larges baies vitrées de notre cabine forêts de chênes-lièges et d’eucalyptus, amandiers, oliviers, villages aménagés parfois au lointain de l’horizon, parfois collés sur la rive, vieilles maisons ou résidences modernes tout en pierres, à la façade ornée de carreaux de faïence ou blanchie à la chaux, souvent avec toiture de tuiles rouges, ponts de chemins de fer suspendus entre ciel et terre, vignobles en terrasse - certains vertigineux avec une inclinaison allant jusqu’à 70% ! Qui plus est, à un endroit, le Douro devient si étroit que l’on peut presque toucher les hautes parois granitiques qui se dressent de chaque côté des rives ! 


Le MS Miguel Torga navigue parmi un paysage figé dans le temps, en contact direct avec la nature et dans un environnement d’une rare tranquillité. Par moments, le seul bruit ambiant est le chant des oiseaux auquel s’ajoutent le caquetage de canards ou le cri strident de coqs certains matins. À peine le navire arrivé à Rega pour l’escale de nuit, un matelot se met à distribuer des morceaux de pain aux canards entourant le MS Miguel Torga. Et voilà des dizaines d’autres canards qui arrivent à toute vitesse de toutes les directions pour profiter de cette manne. C’est une croisière d’autant plus reposante que le navire s’amarre à quai à chaque fin de journée, la navigation de nuit étant interdite sur le Douro.


À quelques reprises, le MS Miguel Torga dépose ses 132 passagers à un quai pour une excursion et les reprend quelques heures plus tard à un autre quai. Cela permet ainsi de respecter les horaires contraignants des cinq écluses qui parsèment la partie portugaise du Douro. L’après-midi de la 3e journée de croisière, nous assistons, bouche bée, sur le pont soleil du MS Miguel Torga, à l’entrée du navire dans un impressionnant couloir bétonné jouxtant le barrage de Carrapatelo, le plus haut d’Europe avec 36 mètres. L’écluse de 12 mètres est cependant à peine plus large que notre navire. Une immense porte-guillotine de 150 tonnes se referme derrière nous, le couloir se remplit d’eau à une vitesse étonnante et le navire franchit l’écluse en moins d’une demie-heure. La construction de ces barrages dans les années 1970 a permis de sécuriser le transport du vin dans les « rabelos », ces barques portugaises en bois à fond plat et à haute voile carrée. 


Ensuite, les activités terrestres et culturelles de cette croisière sont enrichissantes. Les excursions sont axées sur la découverte de trésors architecturaux et de produits locaux, à commencer par le porto dans la région du Douro, la plus ancienne appellation d’origine contrôlée du monde. Trois activités centrées sur la culture portugaise bonifient la vie à bord (concert de fado, cours sur la langue portugaise et spectacle folklorique). Chaque programme de la journée comporte un résumé de l’histoire et des attraits des villes visitées, informations qui sont aussi diffusées en continu sur le grand écran de télévision installé près de la réception. La carte des vins présente des informations sur les différentes régions viticoles du Portugal. Une quinzaine de plats locaux sont servis midi et soir tout au long de la croisière (voir section gastronomie ci-dessous).


En 2017, cela fait 15 ans que CroisiEurope programme des croisières dans la partie portugaise du Douro. Débutant et se terminant à Porto, deuxième plus grande ville du Portugal, les croisières soit de six jours, soit de huit jours, prévoient une excursion quotidienne qui a généralement lieu le matin, qui dure de quatre à cinq heures avec d’une à deux heures de déplacement en autobus. Les excursions sont toutes de types classique, sauf trois de type dynamique (visite de Porto en tramway et de Salamanque en vélo, et randonnée le long du Douro).


Nous avons ainsi l’occasion de visiter le centre de Porto à deux reprises, de soir, puis de jour. D’apprivoiser l’histoire du Palais des ducs de Bragance à Guimaraes, ville natale du premier roi du Portugal. De découvrir le plus beau manoir du nord du Portugal, le Solar De Mateus. De parcourir l’impressionnante route des vignobles et de déguster deux portos dans une quinta érigée au sommet d’une montagne. Et finalement, de descendre une partie des 688 marches conduisant à un sanctuaire érigé à flanc d’une colline de la ville de Lamego. À ce programme en terre portugaise s’ajoute, toute la 5e journée de la croisière, l’excursion dans la ville espagnole de Salamanque, comprenant quatre heures de déplacement en autobus et un repas dans un restaurant local.


Première excursion dès le premier soir de la croisière sous le thème de Porto illuminé. Premier arrêt au Jardim do Morro qui surplombe les villes jumelles de Porto et de Vila Nova de Gaia, la première aménagée sur la rive escarpée du Douro et la seconde qui regroupe de multiples caves à porto. Tous s’extasient devant ce panorama à couper le souffle. Ensuite, bref déplacement en autobus dans le centre historique de Porto qui a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1996. Et, clou de la soirée, visite de la Salle des pas perdus de la Gare de Sao Bento, remarquable avec ses 20 000 azulejos. Ces carreaux de faïence, qui ont été peints en 1930, forment de grandes fresques représentant des scènes traditionnelles du nord du Portugal. « Il y a peu d’azulejos modernes, l’ancienne dictature n’en favorisait pas la production », fait remarquer notre guide.


Le lendemain matin, les passagers ayant opté pour l’excursion dynamique apprivoisent davantage Porto en empruntant la ligne de tramway qui conduit jusqu’à l’embouchure du Douro. Là se trouve le Museu do Carro Electrico qui renferme une riche collection de tramways jadis utilisés à Porto. Les participants à l’excursion classique, eux, sont conduits au Palais de la Bourse qui renferme des salles d’apparat d’un luxe inouï. Les deux excursions se terminent dans la ville d’en face avec une dégustation de porto. L’après-midi est libre. Il faut savoir que Porto est une ville très vallonnée, donc très exigeante physiquement quand on la parcourt à pied.


De retour au navire, des hôtesses nous attendent comme d’habitude avec un verre de jus frais, attention bienvenue après une autre sortie dans des conditions chaudes bien que matinale en ce début de mois de juillet. 


Le clou de la croisière a lieu le sixième jour quand nous parcourons la Route des vins de porto entre Ferradosa et Pinhao. Après une vingtaine de minutes, notre autobus s’arrête à Sao Salvador do Mundo, un belvédère dominant le Douro et le barrage de Valérie. Pendant ce temps, notre navire a immédiatement repris sa route après nous avoir déposé à Ferradosa et voilà que nous le voyons, 700 mètres plus bas, s’engager dans l’écluse de Valeira… Quelle belle coïncidence ! 


Après avoir fait des achats dans un charmant marché de souvenirs improvisé devant une église du village de Sao Joao da Pesqueira, l’autobus s’engage dans une étroite route en lacets qui serpente au travers une succession de vallées remplies de vignobles étagés à perte de vue et qui nous conduit à la Quinta do Seixo. De nos sièges, le spectacle qui s’offre à nous est fantastique et, par moments, vertigineux, voire apeurant ! On se remet de nos émotions en dégustant deux portos, l’un de trois ans et l’autre de dix ans d’âge, sur la terrasse de ce domaine appartenant au géant Sandeman. De là, nous voyons de nouveau notre navire, déjà amarré à Pinhao au fond de la vallée.


La vallée du Douro où est lovée la Route des vins de porto commence dès après le passage du barrage de Carrapatelo. « Un vieux paysan m’a dit un jour que si Dieu avait conçu le monde, l’homme a créé le Douro », dit Ricardo Moreira, directeur des opérations de CroisiEurope au Portugal. De fait, vingt siècles durant, des générations de vignerons ont construit des milliers de kilomètres de muret de soutènement pour leurs vignes grimpant jusqu’à 700 mètres d’altitude. Tout ce travail parfois surhumain a failli disparaitre à la faveur d’une épidémie de phylloxera, un terrible puceron qui est apparu en 1870 et qui a tout détruit durant deux décennies. 


« Dans cet univers totalement masculin, une femme a été à la source de la renaissance de la vallée du Douro, raconte notre guide Virginia Franco. Madame Antonia Ferreira a en effet aidé les paysans à traverser cette terrible période de famine en leur fournissant de la soupe faite avec les légumes ayant résisté à l’épidémie ainsi que des chaussures de travail. Et elle a développé ce qui est devenu l’une des marques les plus fortes de porto dans le monde. » 


De nos jours, quelque 30 000 vignerons besognent sur 250 000 hectares de vignes réparties sur une centaine de kilomètres le long du Douro. Au fait, c’est à un religieux que l’on doit la création du porto. Celui-ci versa quelques mesures d’eau-de-vie dans une cuve afin de bloquer la fermentation des raisins pendant leur transport en bateau. Rien à voir cependant avec le porto d’aujourd’hui qui est l’heureux résultat du mélange d’une quinzaine de crus d’âge et de sélections diverses. 


Dernière journée de navigation, déjà. Après la visite de la timonerie, le commandant annonce une surprise pour la soirée : au lieu de s’amarrer directement au quai de CroisiEurope en retrait du centre de Porto, le MS Miguel Torga poursuit son chemin sur le Douro jusqu’à l’embouchure de l’Atlantique avant de revenir sur ses pas, un extra maritime d’une trentaine de minutes qui permet de traverser, deux fois plutôt qu’une, le coeur de Porto, la plus belle partie, et de longer ses rives fort animées en ce vendredi soir.


Dernière attention le jour du débarquement pour les passagers dont le vol de retour est en fin d’après-midi : elle met à leur disposition un autobus qui les dépose au centre-ville de Porto à 10h00 et les reprend à 14h30 pour les emmener à l’aéroport, ce qui donne une troisième et ultime possibilité de découvrir d’autres beautés de Porto.


Depuis 2002, CroisiEurope propose des croisières de six ou de huit jours dans la partie portugaise du Douro à bord de cinq navires : le MS Fernao de Magalhaes, le MS Infante don Henrique, le MS Vasco de Gamma, le MS Gil Eanes et, celui sur lequel nous avons navigué, le MS Miguel Torga. La demande est si forte qu’un navire jumeau au MS Gil Eanes et au MS Miguel Torga sera mis en service en 2019.


Classé cinq ancres, le MS Miguel Torga est un navire à trois ponts : le pont supérieur, le pont intermédiaire (avec salon bar) et le pont principal (avec restaurant). Une première dans la flotte de CroisiEurope : le pont soleil comporte une piscine d’une profondeur de 0,75 mètre qui a la particularité d’être hydraulique : elle s’abaisse et s’encastre dans le plafond du pont supérieur quand le navire passe sous un pont bas.


Chacun des navires sur le Douro affiche une longueur moins grande que les navires du reste de la flotte de CroisiEurope (75 à 80 mètres au lieu de 110). Pareille configuration leur permet d’entrer tout juste dans les écluses jouxtant les cinq impressionnants barrages hydroélectriques érigés dans la partie portugaise du Douro. 


Le MS Miguel Torga renferme 66 cabines doubles pouvant accueillir 132 passagers. Fait à noter, les trois ponts sont reliés entre eux par un ascenseur. Pas moins de 24 des 25 membres d’équipage du MS Miguel Torga sont portugais (sauf le chef cuisinier) et tous comprennent le français. La boutique du navire vend une ribambelle de souvenirs portugais (coqs, sacs faits en liège, bijoux, céramiques, etc.).


GASTRONOMIE

Sauf exception, les produits de base sont tous portugais et nombre de menus comporte un plat local.

Petit déjeuner

Confiture de la marque d’Almo (fraises, fruits rouges, pommes, pêches, orange, marmelade et miel).

Midi et soir 

Entrée : Accras de morue sauce gribiche. Cocktail de crabe à la portugaise. Potage Caldo Verde (soupe aux choux verts portugais avec Chouriço, une saucisse fumée à base de viande de porc). Trilogie de Chorizo et sardine sur pain, fromage et tomate.

Plat principal : Filet de sole avec langoustine, sauce au mousseux portugais et brocolis. Gigonade de poulet à la linguiça (farci au chouriço). Gratin de morue à la crème.

Dessert : Pastel de Nata (tartelette au flanc).


Boissons incluses

Au restaurant

- Eau naturelle des marques Cruizeiro et Luso. 

- Eau pétillante légère Vimeiro.

- Carte de huit vins, tous portugais : deux blancs, deux rouges et deux rosés des marques Terra Franca (de la région viticole du centre du Portugal, Beiras) et Encostas Do Peso (de la région du nord Douro). Et un blanc et un rouge So Pias (de la région du sud Alentejo).

Au bar

- Bière Sagres.

- Vin effervescent Leao Dourado. 

- En cocktail de bienvenue, un porto aux fruits rouges Porto Reccua (19% d’alcool). 

- En accompagnement de l’entrée de foie gras au repas de gala, un porto blanc demi-sec de la même marque. Et un excellent vin rouge Castello de Arraiolos Réserva 2015 pour accompagner le plat principal du repas de gala (carré de veau).

- Eau de vie Rochedo. 

- « Les Portugais aiment les alcools sucrées et costauds, dit la commissaire de bord Tatiana Anlecar. Nous avons pour les hommes un brandy Macieira à 39% d’alcool et pour les dames une liqueur d’amandes Amarguinha à 20% d’alcool. »

- Différents jus de la marque Compal (dont aux pêches, ananas et orange)

- Limao Joi et Limao Amanhecer (limonade et thé glacé au citron)


Itinéraire

Jour 1 : Embarquement Porto (17h). Visite Porto illuminée (21h15-22h45). Escale de nuit Porto


Jour 2 : Classique : Visite guidée Porto. Dynamique : Visite Porto en tramway (08h30-12h30). Après-midi libre. Soirée fado. Escale de nuit Porto


Jour 3 : Visite Palais des ducs de Fragance à Guimaraes (08h30-12h45). Navigation vers Regua (13h-18h30). Passage de l’écluse du barrage Carrapatelo (15h50). Escale de nuit Regua


Jour 4 : Navigation vers Lamego (07h-07h30). Visite Manoir Solar De Mateus et la ville Vila Real (08h30-12h30). Navigation vers Vega de Teron (13h-20h). Soirée flamenco. Escale de nuit Vega de Teron


Jour 5 : Classique : Visite Salamanque en Espagne. Dynamique : Visite Salamanque en vélo (08h-17h30). Escale de nuit Barca d’Alva


Jour 6 : Navigation vers Ferrados (08h30-13h). Route des vins et dégustation Quinta do Seixo (14h-18h30). Soirée de gala. Escale de nuit Pinhao


Jour 7 : Navigation vers Folgosa (07h-08h). Visite Sanctuaire Notre Dame des Remèdes à Lamego (08h30-12h30). Navigation vers Porto (13h-21h). Passage de l’écluse du barrage Carrapatelo (15h25). Soirée folklorique. Escale de nuit Porto


Jour 8 : Débarquement Porto (09h)



Faits saillants (croisière de huit jours)

- Voyage hybride fleuve et terre : 

a) Les trois premiers jours de la croisière, dix-huit heures de navigation de jour dont 12 heures sur le fleuve Guadalquivir et six heures le long de la côte andalouse 

b) Les trois derniers jours, avec une douzaine d’heures de déplacement en autobus dans le cadre d’excursions à Grenade (durée totale 14 heures), au monastère de La Rabida (durée 5 heures) et à Cordoue (durée 9 heures)

- Spectacle équestre dans une ferme d’élevage de taureaux et dans une hacienda andalouse

- Peu de plats espagnols, mais une vingtaine d’alcools locaux servis à bord. Dégustation de trois vins espagnols en excursion


Tout d’un coup, après six heures de navigation au départ de Séville, le MS La Belle de Cadix se met à tanguer. C’est que le navire vient de quitter le fleuve espagnol Guadalquivir pour s’engager dans l’océan Atlantique en direction de Cadix en longeant la côte andalouse. 


Voilà pourquoi les passagers du MS La Belle de Cadix se sont prêtés en début de croisière à un exercice de sécurité avec gilet de sauvetage sur le dos. Et voilà pourquoi la majorité des 35 membres d’équipage sont d’origine philippine, ceux-là étant spécialement formés pour travailler à bord de navires côtiers et maritimes. 


Selon des poètes arabes, nous sommes à deux doigts du pays du paradis : en Andalousie, comme ils surnommaient la province la plus méridionale de l’Espagne. Vers le sud de Séville, nous sommes à une écluse et 30 minutes de navigation du fleuve Guadalquivir et à 80 kilomètres de l’océan Atlantique. Vers le nord, nous sommes à deux heures d’autobus de Cordoue, aujourd’hui inaccessible par voie fluviale à cause d’une trop grande accumulation de sédiments. Et vers l’est, nous sommes à près de quatre heures d’autobus de Grenade, cette autre ville inscrite au programme de cette croisière andalouse malgré la grande distance.


Non seulement le navire est hybride avec une navigation fluviale et côtière, mais la croisière l’est également, avec un volet de navigation suivi d’un volet terrestre. Les trois premiers jours, en effet, le MS La Belle de Cadix navigue un total de 12 heures sur le fleuve Guadalquivir et six heures sur l’océan Atlantique, et les passagers visitent, en autocar, une ganaderia (ferme d’élevage) de taureaux à Jerez de la Frontera, puis à pied une bodega (cave à vins) à El Puerto de Santa Maria et une hacienda (exploitation agricole) à Isla Minima. Scénario différent les trois jours suivants. Le MS La Belle de Cadix revient à quai à Séville et les passagers empruntent l’autobus pour découvrir successivement Grenade, le monastère de La Rabida et Cordoue.


Au départ de Séville, les premières heures de navigation du MS La Belle de Cadix sur le Guadalquivir se déroulent au milieu d’une zone marécageuse appelée Las Marismas. Le navire avance à fière allure sur un fleuve au parcours paresseux et aux rives dégarnies de végétation et d’habitations. À l’horizon, parfois, un petit village, une rangée d’éoliennes, quelques fermes, de vieux navires de pêcheurs et surtout, des hérons qui virevoltent dans tous les sens. Une quinzaine de passagers profitent de la belle température pour se faire bronzer sur le pont soleil, malgré le fort vent, batifoler dans une grande piscine gonflable ou se perdre dans l’infini de l’horizon. D’autres se sont réfugiés au « Pianorama Bar » à l’arrière du pont supérieur, l’endroit le plus tranquille du navire car peu fréquenté, avec un coin bibliothèque, un piano sur lequel jouent parfois des passagers et une belle terrasse extérieure confortable.


Le paysage change subitement quand, sur la rive droite du Guadalquivir, apparaît l’un des plus grands parcs d’Europe, celui de Donana. Créé en 1969 et classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1994, ce site de 54 000 hectares - dans lequel se succèdent dunes, marais et maquis boisés de chênes-lièges et d’oliviers -, est le refuge de plus de 500 000 oiseaux d’eau et l’abri de deux espèces menacées, l’aigle ibérique et le lynx parcelle. 


Puis, c’est la rive gauche qui s’anime avec une multitude de bateaux de plaisance et d’habitants qui se prélassent sur la très longue plage du village de San Lucar de Barrameda. Et nous voilà rendus à l’embouchure de l’océan Atlantique sur lequel nous allons naviguer trois heures en longeant la côte andalouse jusqu’à Cadix, notre première ville d’escale. Durant cette période, nous entendons épisodiquement la voix du commissaire de bord qui - successivement en français, en anglais et en espagnol - livre différentes informations sur la navigation en cours.


Qui dit Andalousie, dit tauromachie. Le troisième matin de la croisière, direction la ganaderia (ferme) Los Alburejos, un domaine familial situé au milieu d’une plaine verdoyante près de Jerez de la Frontera qui est spécialisé dans l’élevage des célèbres taureaux de Torrestrella et dans le dressage de chevaux andalous. « Notre grand-père a acheté ce domaine de 800 hectares en 1954 », raconte l’une de ses deux petites filles alors que nous venons de nous asseoir dans une petite arène aménagée en demi cercle. Après nous avoir expliqué la délicate sélection des taureaux pour le combat, - un seul taureau est retenu sur 10 en moyenne -, nous assistons à un spectacle d’un cavalier faisant déplacer sa monture au trot au son d’une musique espagnole. « Notre frère a reçu des mains du roi Juan Carlos le trophée Cheval d’or en dressage classique en 1973 », fait valoir sa soeur pour illustrer la longue tradition de qualité du spectacle. Comme nous le rappelle notre guide, la corrida au cours de laquelle les taureaux sont mis à mort ne fait pas l’unanimité. Elle est interdite en Catalogne depuis 2010, mais a été déclaré bien d’intérêt culturel par le parlement espagnol en 2013.


Pendant que le MS La Belle de Cadix navigue à nouveau sur l’océan Atlantique - cette fois-ci pour un court déplacement d’une heure entre Cadix et El Puerto de Santa Maria -, les passagers passent à table pour savourer une généreuse paella du chef regorgeant de gros morceaux de poisson et de poulet ainsi que de moules, crevettes, calmars. Ce plat, originaire de Valence, est populaire partout en Espagne, y compris en Andalousie. Pour la petite histoire, c’est le dictateur Franco qui choisit la paella comme plat national parce qu’avec ses poivrons rouges et son riz safrané jaune, il reproduisait les couleurs du drapeau espagnol.


Qui dit Andalousie, dit xérès. Il s’agit de vins costauds (15,5, voire 18 degrés d’alcool) dont nous découvrons trois de la douzaine de sortes produits par la Bodega Osborne, l’une des plus anciennes caves à vin d’Espagne qui a vu le jour en 1792. Certains passagers sont déroutés par le fait que la dégustation ait lieu à 11 heures du matin, surtout que nous avons notamment droit aux versions Cream et Very Sweet. Certains préfèrent se concentrer sur les jambons accompagnés de pain et d’huile d’olive ou encore de chips et de cacahouètes, d’autres dévalisent la boutique proposant une bonne cinquantaine de produits (vins et brandy de la maison bien sûr, mais surtout des dérivés comme tirelires, savons, chandails, etc. au logo d’un taureau noir corpulent).


Qui dit Andalousie, dit hacienda. Nous allons faire un stop dans celle d’Isla Minima en bordure du Guadalquivir. Pour s’y rendre, le MS La Belle de Cadix s’engage à nouveau dans l’océan Atlantique et, contrairement aux gros paquebots de croisière, reste constamment en contact visuel avec la côte. On voit notamment des stations balnéaires adossées à de longues et profondes plages alterner avec des falaises dénudées et des plaines hérissées de petits arbres souvent courbés par le vent venant d’Afrique du nord. Ce vent, une sorte de sirocco version andalouse, devient omniprésent et très brûlant une fois que nous naviguons sur le Guadalquivir. « Vous verrez, ce sera suffocant quand nous arriverons à Isla Minima même s’il sera alors 18h00, dit le commissaire de bord. En plus, on annonce 43 degrés pour demain à Séville et même plus à Grenade ! » Cause à effet, les soirées sont hyper tranquilles à bord du MS La belle de Cadix, malgré des spectacles de flamenco, de chansons espagnoles et de musique latino-cubaine.


Et voilà que surgit à l’horizon d’imposants bâtiments blancs cernés de larges bandes de couleur jaune moutarde : l’hacienda Isla Minima, l’une des plus belles de l’Andalousie qui a servi de décor à quelques films dont la Folie des grandeurs avec Louis de Funès. L’hacienda comprend des habitations, une place centrale, une église, une grande écurie et une arène privée. Le spectacle équestre présenté par trois cavaliers est fantastique. Par moments, le cheval s’approche incroyablement près des spectateurs assis directement au niveau du sol tandis que d’autres assistent au spectacle dans les gradins aménagés au premier étage de l’arène. Mais les conditions sont éprouvantes : marche d’une dizaine de minutes du quai jusqu’à l’arène sous un soleil de plomb malgré l’heure tardive en suivant un étroit chemin de terre surélevé à travers des marais. Chaleur suffocante, malgré que nous soyons dans la partie ombragée de l’arène, et profusion de mouches. Des passagères ont eu la bonne idée non seulement d’apporter une bouteille d’eau, mais aussi leur éventail souvenir. En arrière-plan de l’arène, nous voyons le profil du MS La Belle de Cadix en attente du retour des passagers.


Nous avons droit en fin de spectacle au meilleur vin espagnol que j’ai goûté depuis belle lurette, de la marque Abuelo Rafael, et à des cacahouètes que j’ignore. J’avoue qu’une sangria glacée aurait été plus appropriée avant de retourner dans la fournaise champêtre. J’arrive la chemise totalement trempée sur le navire qui reprend illico la voie fluviale pour revenir à Séville que nous ne quitterons plus jusqu’à la fin de la croisière. Le point central de cette croisière dans le sud-ouest de l’Espagne est en effet Séville, la quatrième plus grande ville d’Espagne avec 700 000 habitants. Le MS La Belle de Cadix y est amarré cinq des sept nuits de notre croisière au quai Las Delicias, non loin du centre historique de Séville. 


D’ordinaire, l’excursion de la sixième journée a lieu dans un parc naturel abritant un site d’observation d’oiseaux. Sauf en juillet-août au plus fort de la chaleur. En remplacement, il est proposé une excursion au Monastère de La Rabida, l’un des rares endroits où fut étudié l’art de la navigation selon la position des étoiles. Christophe Colomb s’y arrêta en 1485, avant ses voyages en Amérique pour le compte des monarques espagnols de l’époque. Suit une promenade tout à côté au Parc des Caravelles qui dispose des reproductions grandeur nature des navires utilisés lors des expéditions vers le Nouveau Monde.


Musée des Taureaux, Palais de la Comtesse de Lebrija, Musée de la danse flamenco… Voilà quelques-unes de la trentaine de suggestions disponibles à la réception de CroisiEurope pour aider les passagers à combler leur après-midi libre à Séville le sixième jour de la croisière. Certes, il y a eu une visite guidée le matin de la deuxième journée mais qui a été concentrée sur l’Alcazar, une résidence dont le premier étage est toujours utilisé par la famille royale. Alors, il reste tant à découvrir dans cette ville-musée à ciel ouvert, chacun y va à son rythme et selon ses envies. 


Pour ma part, j’ai fureté au hasard entre tradition et modernité, entre la Plaza de Toros (où se trouve l’une des plus belles arènes taurines d’Espagne) et Metropol Parasol (où se trouve une création architecturale audacieuse). Les trois heures de ma promenade dans ce dédale de petites rues bordées de résidences, palais, églises, bazars de souvenirs, cafés et restos tipicos (comme le Mesones Del Serranito) ont été une formidable découverte en condensé de l’architecture mudéjare de Séville. Ce style, qui s’est développé dans la péninsule ibérique du 12e au 16e siècle, s’est traduit par la transposition à des édifices chrétiens des influences, techniques et matériaux musulmans. Alors, le choc visuel est d’autant plus grand quand apparaît au détour d’une rue cette immense structure en bois d’une superficie de 11 000 mètres carrés et d’une hauteur de 28 mètres composée de six parasols en forme de champignon. Il s’agit d’un édifice de cinq niveaux fort complexe, onéreux et controversé qui abrite notamment un musée archéologique, un marché alimentaire, des restaurants et une place de spectacle. C’est néanmoins devenu l’une des signatures touristiques les plus populaires de Séville.


Le transfert entre le quai et l’aéroport de Séville est compris dans le prix de la croisière. Mais avec un détour fort apprécié pour connaître Séville encore un peu plus avant notre retour à la maison. Accompagné d’un guide, le chauffeur de l’autobus suit en effet un trajet permettant aux passagers de voir un bon nombre des magnifiques édifices qui ont été érigés dans le cadre de l’Exposition ibéro-américaine de 1929, puis de l’Exposition universelle de 1992.


Construit en 2005 et rénové en 2010, le MS Belle de Cadix est le seul navire de CroisiEurope naviguant sur le fleuve espagnol Guadalquivir dans le cadre de croisières de huit jours. Il est aussi le seul navire parmi les 50 de la flotte de CroisiEurope à être de type hybride côtier. « Il est principalement dédié au fluvial, mais il comporte des améliorations techniques qui l’autorise à faire de la navigation côtière » précise Marjan Lévy, représentante du Département des ventes internationales et du marketing de CroisiEurope.


Navire à trois ponts, le MS La Belle de Cadix renferme 88 cabines pouvant accueillir 176 passagers, dont 67 cabines avec baies vitrées et 21 cabines avec hublot. De ce nombre, il y a cinq cabines avec grand lit et une cabine pour personne handicapée. 


Seule une minorité des membres d’équipage d’origine philippine parle le français. Une suggestion : mémorisez le mot « salamat » (merci en filipino) pour voir s’élargir leur sourire illico. 


Le restaurant du MS La Belle de Cadix est situé à l’avant du pont inférieur, le salon bar à l’avant du pont intermédiaire et le « Pianorama Bar » à l’arrière du pont supérieur. Enfin, au centre du navire, un ascenseur relie les trois ponts. 


Les navires de CroisiEurope au Portugal et celui en Espagne disposent sur le pont soleil d’une grande piscine gonflable (sauf le MS Miguel Torga qui possède une vraie piscine). Pour le plus grand bonheur des enfants. Ils sont nombreux lors de cette croisière de la mi-juillet 2017 à bord du MS La Belle de Cadix, la raison étant notamment qu’une dizaine de jeunes Américains voyagent en compagnie de leur grands-parents. Lors de la croisière précédente à bord du MS Miguel Toga, il n’y avait que deux enfants qui ont été encadrés tout au long de la navigation et des excursions par une animatrice qualifiée.


GASTRONOMIE

Les passagers ont l’occasion de savourer quelques plats locaux, mais à l’heure espagnole, c’est-à-dire plus tard que dans le cadre des autres croisières : 13h00, voire 13h30 au lieu de 12h00 ou 12h30 pour le repas du midi, et 20h00, voire 21h30 au lieu de 19h00 ou 19h30 pour le repas du soir.

Petit déjeuner : confitures des marques Ligeresa et Helios (pomme verte, pêche, orange, fraises, miel). Yogourt Milbona (saveurs coco, ananas, mangue, citron, fraises)

Midi et soir

Entrée : Jambon ibérique. Gaspacho andalou avec sa garniture

Plat principal : Estouffade de taureau aux légumes.

Dessert : Crème brûlée à la catalane.

Repas espagnol : Tapas, paella du chef, plateau de fromage espagnol, tarte Santiago aux amandes.


Boissons incluses

Au restaurant

- Eau naturelle des marques Fuentevera et Solaires

- Eau gazeuse Gourmet

- Carte de neuf vins, tous espagnols : blanc, rosé et rouge Diego d’Amalgro. Rosé et rouge Montefrio. Rosé et blanc El Aviador. Blanc Orquestra. Rouge Castillo de Soldepenas

- En accompagnement de l’entrée de foie gras au repas de gala, un vin blanc Casa Albali 2015. Et un vin rouge Tierra Blanca Vina La Vicaria 2016 pour accompagner le plat principal du repas de gala (tournedos de boeuf).

Au bar

- Sangria

- Vin mousseux Provetto Brut Seleccion Especial

- Sherry des marques Tio Pepe, Canasta, Gloria Sanatorio et La Gitana

- Brandy Veterano

- Liqueur à la poire et liqueur aux herbes Ruavieja


ITINÉRAIRE

Jour 1 : Embarquement Séville (16h). Escale de nuit Séville


Jour 2 : Visite Séville : l’Alcazar (09h-12h30). Navigation vers Cadix (13h-21h00). Visite Cadix (21h30-22h30). Escale de nuit Cadix


Jour 3 : Visite ferme Los Alburejos et centre historique Jerez de la Frontera (08h30-13h30). Visite vieille ville Cadix (16h15-19h). Navigation El Puerto de Santa Maria (19h-20h). Soirée flamenco. Escale de nuit El Puerto de Santa Maria


Jour 4 : Visite El Puerto de Santa Maria et dégustation vins Bodega Osborne (09h15-12h00). Navigation vers Isla Minima (12h-18h). Visite hacienda et spectacle équestre (18h00-19h00). Navigation vers Séville (19h00-21h00). Escale de nuit Séville


Jour 5 : Visite Grenade : Palais de l’Alhambra et temps libre (06h30-20h). Escale de nuit Séville


Jour 6 : Visite parc des Caravelles et monastère de La Rabida (08h30-13h30). Après-midi libre Séville. Soirée de gala. Escale de nuit Séville


Jour 7 : Visite Cordoue : Mezquita-Cathédrale et temps libre (08h30-17h30). Soirée latino-cubaine. Escale de nuit Séville


Jour 8 : Débarquement Séville (09h)


« Bon, on va maintenant découvrir la bagosse chez le barbocheux », lance notre guide aux passagers du CTMA Vacancier, des Québécois dans la cinquantaine en très grande majorité, qui ont choisi le forfait Saveurs. Bagosse ? Il s’agit d’un étonnant vin de fruit de 13,5% d’alcool que les madelinots affectionnent depuis la nuit des temps. À cause de l’éloignement, la bagosse fut longtemps la seule boisson alcoolisée aux Îles de la Madeleine.


Barbocheux ? Ce vieux mot des îles signifie aller prendre un p’tit verre de maison en maison. Et c’est le surnom donné à un fabricant madelinot réputé pour sa bagosse aux fraises et framboises ainsi que celle aux canneberges et pissenlits. « Pourquoi, demande-t-il, les madelinots ont-ils la réputation d’être si accueillants avec les touristes ? Parce que, après 10 mois entre nous autres, nous sommes tannés de toujours voir les mêmes faces ! »


Cette visite chez le barbocheux est l’un des beaux souvenirs de cette croisière aller-retour entre Montréal et les Îles de la Madeleine, trajet qu’effectue, depuis 2002, le CTMA Vacancier toutes les semaines, entre juin et septembre.


Côté Mer

Sorti en 1973 des chantiers de Hambourg, en Allemagne, ce robuste navire aujourd’hui baptisé CTMA Vacancier a d’abord assuré la navette entre la Finlande et la Suède durant neuf ans, puis entre l’Irlande et la France durant 20 ans. Depuis juin 2002, l’imposante silhouette blanche du CTMA Vacancier sillonne le fleuve, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent après avoir été racheté par la Coopérative de Transport Maritime et Aérien (CTMA). Cette coopérative, qui a vu le jour au milieu des années 1940, est devenue l’un des principaux employeurs des Îles de la Madeleine avec quelque 450 employés faisant fonctionner une flotte de quatre navires.


Comprenant huit ponts, dont trois pour les passagers, le CTMA Vacancier jauge quelque 11 500 tonnes, accueille 400 passagers et près de 100 membres d’équipage, presque tous madelinots, et reçoit en fond de cale jusqu’à 250 voitures. Sur les trois ponts passagers, il abrite deux restaurants (un pour les repas du matin et du midi, l’autre en formule table d’hôte pour les repas du soir), deux salons avec bar, une salle d’exercice pour les adultes, une salle de jeux pour les enfants, un salon de massa- ge et de coiffure, un espace lecture et Internet.


Sans oublier un salon avec télé, un cinéma (présentant documentaires et courts métrage sélectionnés par un membre de l’équipe animation/excursions), une salle de premiers soins ainsi qu’une boutique d’art madelinot et de produits du terroir (bijoux, poterie, cidre, huile aromatisée de homard, beurre d’églantier, sucre à l’églantine, vinaigrette aux framboises, caramel à l’eau de mer, etc.).


Deux zones extérieures d’observation sont situées à l’arrière du navire, là où sont disposés chaises et transats ainsi que, le matin, des vélos stationnaires. Tout le monde porte soit un chandail de laine, soit un blouson en raison de l’air marin frais.


Le confort des cabines est minimaliste, mais l’équipage est d’une chaleur sans pareil et les repas – tout particulièrement ceux du soir –, sont de grande qualité, les plats et les sauces étant la plupart du temps élaborés à partir de produits des îles. Deux regrets : pas de sanglier madelinot au menu, ni de confitures madeliniennes au petit déjeuner. Charmante attention pour les passagers de retour à bord du CTMA Vacancier : un sac de canneberges séchées au miel des îles déposé dans leur cabine.


Environ 80% des cabines disposent d’une salle de bain privé, avec la toilette carrément installée dans la zone douche. Les occupants des autres cabines ont accès à des toilettes et à des douches communes. Environ 40 % des cabines comportent un petit hublot, les autres sont aménagées à l’intérieur du navire. La dimension moyenne est de sept pieds par sept, l’espace de rangement est limité et les lits simples sont très étroits. Il n’y a ni télé, ni téléphone, ce qui donne lieu à cette pratique fort sympathique : le service de réveil consiste en un employé qui vient cogner à la porte de votre cabine !


La nuit, dans la quiétude de sa cabine, on ressent sporadiquement les vibrations et on entend les puissants moteurs du navire dans une sorte de ronronnement régulier auquel on finit par s’habituer. La navigation dans l’estuaire du Saint-Laurent, là où se rencontrent les eaux douces et salées, est d’ordinaire plus agitée que dans le fleuve, mais les effets du tangage sont atténués par les stabilisateurs du navire.


J’ai rarement croisé des membres d’équipage aussi hospitaliers. Chose rarissime en croisière, bon nombre engage d’eux-mêmes la conversation avec les passagers, partagent confidences et expériences, rient de bon cœur - et pas juste ceux pour qui c’est le travail d’être en contact direct avec les passagers.


Les conférences sont non seulement instructives, mais aussi marrantes, comme celle du chef exécutif Denis Leblanc expliquant comment décortiquer un homard entre deux fous rires généralisés. « Vous enlevez pas ça, demande-t-il à l’auditoire en montrant le filament noir contenu dans la partie principale du homard ? Eh bien, ça veut dire que vous mangez les intestins ! », rigole-t-il. Sur une note plus sérieuse : « Pourquoi le homard des Îles de la Madeleine est-il réputée avoir le meilleur goût ? Parce qu’il est pris dans une eau très froide sur fond de rochers et non de vase. »


Les murs des espaces publics du CTMA Vacancier sont décorés de belles toiles reproduisant des paysages typiques des îles (plages, falaises, dunes), de reproductions de gravures d’artistes madelinots réputés ou de photos de navires aux noms savoureux (Le bout du Banc, Bel Espoir, l’As de Pic, etc.).


Différentes activités sont prévues chaque jour que le CTMA Vacancier est en mer : atelier sur les nœuds marins, conférences sur l’histoire des îles, dégustation de produits du terroir, leçons de danse, bingo, etc. Le soir, danse en ligne, musique country et chansons québécoises sont à l’honneur. Des artistes madelinots font danser les passagers, comme la très énergique chanteuse Brigitte Leblanc surnommée... la Tempête des Îles !


On peut déguster des délices locaux à l’un des deux salons bars du navire : les produits de la Fromagerie Au Pied-de-Vent, les bières de la micro brasserie À l’Abri de la Tempête, ainsi que des accras de crevettes, des terrines de crabe ou d’homard, et des sushis maison (au homard, ou au maquereau fumé avec pommes, mangues et arachides ou encore, aux pétoncles fumées avec pommes et poivrons).


À l’heure du midi, outre l’entrée et le dessert, les passagers ont le choix entre un plat de poisson, de viande ou de pâtes. Le soir venu, outre l’entrée, le potage et le dessert, entre un plat de poisson ou de viande, aux saveurs remarquables : filet de flétan avec sauce homardière, pintade farci avec sauce au cognac et miel de mer, contrefilet de veau avec sauce au vin rouge et romarin, homard bouilli avec beurre à l’ail (environ une livre et demi pièce !). Mon repas préféré : une mousse de crabe des neiges en entrée, une chaudrée de palourdes comme potage et un filet de morue en plat principal.


Les repas du matin et du midi peuvent être pris à l’intérieur d’une fourchette de deux heures, tandis que le repas du soir est scindé en deux services. Il n’y a pas de place assignée aux tables pouvant recevoir entre quatre et huit personnes. La tenue de ville est de mise, le port du veston et de la cravate n’est pas obligatoire. Les frais portuaires, les pourboires (suggestion de 12$ par jour par passager), les alcools et les vins (une sélection d’une vingtaine de marques, surtout français et ita- lien, à des prix allant de 25$ à 83$ la bouteille) ne sont pas compris dans le prix de la croisière.


Après deux jours en mer, le CTMA Vacancier accoste à Cap-aux- Meules, le principal village des îles, et y reste normalement durant trois jours. Sur le chemin du retour à Montréal, on peut observer les baleines qui sont parfois au rendez-vous à la hauteur de Tadoussac. Le CTMA Vacancier fait escale à Chandler et à Québec, et les passagers ont le choix entre des excursions à Percé et dans la vieille Capitale.


Voilà qui complète la croisière classique de sept nuits du CTMA Vacancier. Parfois, conditions météo obligent, le capitaine modifie l’itinéraire en allant naviguer une journée dans le fjord du Saguenay loin d’une tempête faisant rage dans le golfe du Saint-Laurent. « Cela ne s'est produit qu'à deux reprises depuis le début de nos opérations sur le fleuve », précise une représentante de Croisières CTMA.


En juin et en septembre s’ajoutent des croisières thématiques et des itinéraires spéciaux avec d’autres ports d’escale. Comme « Les îles gourmandes » où les trois chefs cuisiniers de Croisières CTMA sont réunis pour une journée en mer Complètement Homard.


Comme « Cap vers l’Acadie », qui comporte une escale à Havre Saint-Pierre et une foule d’activités spéciales à bord (ateliers sur la cuisine, sur les mots et les accents, les contes et légendes acadiennes). Comme « Gastronomie et traditions insulaires », qui réunit les saveurs du Portugal et des Îles de la Madeleine. Comme, en septembre 2014, « Découvertes et histoire maritime » avec, pour la première fois de l’histoire de Croisières CTMA, un départ de Trois-Rivières.


Côté Terre

Situées dans le golfe Saint- Laurent, à quelque 215 kilo- mètres de la péninsule gaspésienne, les Îles de la Madeleine font partie du Québec, mais elles vivent à l’heure de l’Atlantique et non de l’Est (donc, une heure plus tard que dans le reste du Québec). Il s’agit d’un archipel en forme d’hameçon qui s’étend sur 65 kilomètres à vol d’oiseau et qui est composé de 12 îles dont six sont reliées par des dunes de sable sur lesquelles habitent 14 000 personnes. La pêche au homard et le tourisme sont les principaux moteurs économiques de cet endroit très dépaysant, même pour les Québécois.


En sus du prix de la croisière, les Croisières CTMA, de concert avec les Autobus Les Sillons et les Autobus M.A. Poirier, proposent deux forfaits terrestres tout inclus (Saveurs ou Art et Culture) permettant de découvrir soit la cuisine authentique dans les meilleurs restaurants des îles et lieux de fabrication des produits du terroir, soit la vie culturelle à travers musées, galeries, boutiques et spectacles ainsi que par des rencontres avec des artistes locaux.


Un troisième forfait terrestre s’adresse aux amateurs de vélo à qui sont proposés trois parcours totalisant 116 kilomètres, ajustés selon la direction des vents, qui permettent de faire le tour complet des îles en trois jours. En supplément, une excursion en kayak des mers est aussi organisée vers les magnifiques falaises rouges des îles.


Ma gourmandise naturelle m’a incité à prendre le forfait Saveurs. « L’éloignement aidant, les madelinots sont devenus persévérants, débrouillards et créatifs, dit l’animatrice à bord du CTMA Vacancier lors de sa conférence sur les produits des îles. Si bien qu’il existe aujourd’hui pas moins de 37 producteurs agroalimentaires qui mettent sur le marché des produits originaux d’une qualité exceptionnelle. »


Comme les cafés du Moussonneur, élaborés selon un procédé unique au monde (des grains verts de café sont trempés dans la mer, puis déposés sur des supports installés près d’une plage afin que les embruns créent un enrobage salé à partir duquel le café est torréfié).


Comme les queues de homard, les anguilles, le hareng et le saumon fumé du Fumoir d’Antan, le seul fumoir du Québec. Au début du 20e siècle, il existait une quarantaine de fumoirs de hareng aux Îles de la Madeleine. La surexploitation du hareng, le réchauffement climatique et l’augmentation fulgurante du nombre de phoques ont entraîné la fermeture de tous ces fumoirs à la fin des années 1970. Des membres de la famille Arsenau de Havre-aux-Maisons en a relancé un au milieu des années 1990 qui produit aujourd’hui 30 000 livres de hareng fumé par année pour consommation domestique, loin des 16 millions de livres produits au plus fort de cette industrie pour exportation dans quelques îles des Caraïbes.


Incidemment, pour ceux qui veulent ramener des produits madelinots à la maison, leurs achats sont livrés à bord du CTMA Vacancier et sont mis dans les frigos du navire jusqu’au retour à Montréal.


Le forfait Saveurs permet de ratisser les Îles de la Madeleine de long en large, avec notamment des arrêts à la Dune du Nord (longue plage de 18 kilomètres), à la Dune du Sud (plage bordée d’une falaise en grès rouge fourmillant de grottes), et à Grande-Entrée (plus grand port de débarquement du Québec, avec la présence de 125 des 325 homardiers que comptent les îles).


« Vous êtes chanceux, dit notre guide et chauffeur aux Autobus Les Sillons. Votre visite coïncide avec la dernière semaine de pêche au homard de la saison (qui dure un total de 54 jours répartis sur neuf semaines, entre début mai et début juillet). Si vous étiez arrivés le dimanche matin, je vous aurais emmené à la messe qu’un curé fait sur la plage ! »


Nous avons plutôt fait les boutiques du site historique de La Grave (mot désignant l’endroit où les pêcheurs faisaient sécher la morue), à Havre-Aubert. Une vingtaine d’artisans (savons artisanaux, vêtements, bijoux, peintures, etc.) ont installé leurs pénates dans ce site classé historique depuis la fin des années 1970.


La boutique la plus originale est certainement Les Artisans du Sable. Cet élément est à l’origine de la configuration singulière des Îles de la Madeleine et de la création d’œuvres d’art d’une rare originalité. Ces artisans ont réussi le tour de force de surpasser les particularités éphémères du sable pour en faire un matériau solide et malléable. Chaque année, ils produisent une dizaine de nouveaux objets, tant utilitaires que décoratifs, d’un grand raffinement.


Un moment fort émouvant : le témoignage d’un ancien capitaine ayant fait naufrage en 1990 qui a fondé le Site d’Autrefois en 1998, après trois ans de dur labeur. Les Îles de la Madeleine constituent le deuxième plus grand cimetière marin en Amérique du nord, avec plus de 450 naufrages répertoriés au fil des décennies. Ce marin a été sauvé in extremis en s’accrochant à la bouée de sauvetage du bateau Marie Christine qui, aujourd’hui, orne un mur de la salle d’animation du site dans laquelle il raconte la vie d’autrefois dans les îles avec émotion et humour. Conteur doué, il suscite par ailleurs l’admiration de l’auditoire en faisant preuve d’une incroyable dextérité lors d’une démonstration de confection d’un filet de pêche.


Le Site d’Autrefois est composé d’une vingtaine de maisons et de bateaux miniatures, et d’une dizaine de cabanes grandeur nature permettant de visualiser le mode de vie de jadis dans les îles, le tout rehaussé de multiples panneaux explicatifs. L’une de ces cabanes s’appelle la baraque à foin qui illustre la façon unique de faire des madelinots en matière de conservation du foin. « Certaines meules de foin, raconte le porte-parole du site, étaient recouvertes d’un toit à quatre versants qui glissait à mesure que l’on prenait du foin. Les côtés de la baraque de foin étaient clôturés de façon à empêcher les animaux d’en prendre. Grâce à ce type de structure, le foin demeurait parfaitement aéré et il ne chauffait pas, ce qui permettait de bien le conserver. »


Le forfait Saveurs comprend aussi un repas dans cinq restaurants locaux, notamment à la Table des Roy considéré comme le meilleur restaurant gastronomique des îles avec un menu en cinq services époustouflant, dont un choix de quatre plats principaux de haut niveau (un risotto aux homards, pétoncles et moules, ou un ris de veau avec pétoncles grillées, ou un flétan en croûte de champignons ou encore, une côte de porc laqué aux épices).


Mentionnons aussi cette excellente sole servie à l’Auberge La Salicorne (nom d’une plante locale comestible), un établissement hôtelier de 27 chambres qui propose une foule d’activités culturelles et sportives (excursion de grottes en kayak, randonnées, ornithologie, bain d’argile, etc.).


Les Îles de la Madeleine constituent une destination de plus en plus prisée par un nombre croissant de compagnies de croisière qui y programment une escale d’une journée. « La revue National Geographic nous présente comme l’une des 50 plus belles destinations du monde », se réjouit notre guide. Croisières CTMA est, toutefois, la seule compagnie avec un équipage madelinot à proposer une immersion totale de trois jours. Ce peut même être davantage, il suffit de décaler d’une semaine la portion retour de la croisière à bord du CTMA Vacancier.


Voilà une croisière tout en français fort dépaysante, en compagnie de membres d’équipage hyper accueillants, avec dégustation de produits du terroir et de fruits de mer aux saveurs fabuleuses, à la découverte d’une histoire, de traditions et d’une culture, notamment musicale, forte et vibrante.


Faits saillants

- En pré-croisière, deux jours à Siem Reap (quatrième plus grande ville du Cambodge située à proximité du complexe architectural d’Angkor), avec un programme chargé : visite de quatre temples et d’une dizaine d’ateliers artisanaux, promenade dans un marché regroupant une centaine d’échoppes, repas dans trois restaurants locaux, présentation d’un spectacle de cirque et séjour dans un bel hôtel.  


- En croisière, huit jours à bord du RV Indochine I sillonnant d’abord le plus grand lac d’Asie (Tonlé Sap), puis les méandres du Mékong (surnommé fleuve aux neuf dragons). 


- En post-croisière (supplément), un programme post-croisière de sept jours dans le centre et le nord du Viêt Nam se terminant dans la baie d’Along, la plus belle du monde. Ou de quatre jours dans le nord du Viêt Nam. 


CAMBODGE

1. PRÉ-CROISIÈRE 

« Il faut faire attention aux attaques de macaques gourmands », me dit le chauffeur de notre bus en faisant référence à un panneau posé sur un arbre sur lequel figure un singe à l’allure agressive avec la mâchoire grande ouverte. Pour rigoler, le chauffeur mime même l’attaque sur moi ! En cette deuxième journée de notre voyage et en compagnie d’un guide d’une gentillesse et d’une prévenance toute cambodgienne, ce taquin de chauffeur nous conduit dans quatre des temples de l’immense complexe architectural d’Angkor, situé dans le nord-ouest du Cambodge. 


Au 12e siècle, Angkor était le plus grand centre urbain du monde. Aujourd’hui, c’est le principal lieu touristique du Cambodge en raison de la présence de ses innombrables temples. Angkor est aussi un lieu sacré de culte, de prière et de méditation pour les Bouddhistes. L’excursion débute par le vaste temple Ta Prohm, érigé dans les années 1100, dont les fondations sont aujourd’hui recouvertes par endroits par des fromagers, des arbres centenaires aux racines étonnamment tentaculaires. Notre passage coïncide avec la fête des Morts, en ce début de septembre 2017. Si bien que nous entendons les incantations de moines en toile de fond sonore ininterrompue durant notre visite de la pyramide Bayon. Construction imposante, elle est composée de 300 000 pièces de grès sculptées et d’une multitude de tours affichant un total de 172 visages de Bouddha. 


Les temples d’Angkor regorgent de divinités féminines en bas relief. Elles sont si finement sculptées dans le grès qu’on les surnomme les dentelles de pierre. D’autres les appellent joliment les femmes célestes. Au fil de notre promenade, nous constatons que certaines sculptures ont étonnamment résisté à l’usure du temps ou alors, elles ont été soigneusement restaurées. Dans l’une des nombreuses enceintes du Bayon, une divine Cambodgienne, bien réelle celle-là, en costume traditionnel et au maquillage impeccable malgré la chaleur et l’humidité accablantes, pose avec son futur mari. Peu après, nous traversons une rivière surmontée d’un pont bordé d’une succession d’autres divinités sculptées. Un autre couple se fait aussi photographier pour l’album-souvenir de leur futur mariage, cette fois-ci dans une embarcation traditionnelle à la belle structure élancée, de couleur dorée, surmontée d’une imposante tête d’oiseau à la proue.


Les rues menant aux différents temples sont soit grouillantes de vie, avec une multitude de comptoirs d’aliments et de souvenirs installés sous les frondaisons d’arbres imposants et tenus par des vendeurs, surtout des femmes, fort insistants auprès des touristes. Soit indolentes, avec tous ces gens, des hommes principalement, allongés sur des hamacs suspendus entre deux arbres, entre les barreaux à l’intérieur de leur tuk-tuk (tricycle motorisé) et même, entre un arbre et le pare-choc d’un bus !


2. CROISIÈRE 

L’heure de l’embarquement à bord du RV Indochine I a sonné. Peu après avoir quitté notre hôtel, l’autobus s’engage dans une route de campagne, longe des rizières, des maisons sur pilotis et des champs de fleurs de lotus, et aboutit au quai d’embarquement. Là, des marchands vendent en vrac crèmes glacées, sodas, sculptures sur bois, éventails, toutous en forme d’éléphants et alcool de vipères… avec scorpion et serpent à l’intérieur des bouteilles ! Puis, nous prenons place sur un petit bateau motorisé bruyant qui s’engage vaillamment sur le lac Tonlé Sap et qui passe au milieu d’un village sur pilotis où vivent des Vietnamiens, avec école, église, restaurant et…  ferme d’alligators ! 


Soudain, à l’horizon, le RV Indochine I apparait, tranquillement amarré au milieu de nulle part. Comme ce sera le cas au retour de chaque excursion, des membres d’équipage nous accueillent avec une serviette humide parfumée (citronnelle, fraises, lavande, etc.) et une boisson (nouvelle saveur chaque jour comme fleur de lotus, jasmin, menthe, etc.) bien froides et plus que bienvenues.


La procédure d’enregistrement est réduite à sa plus simple expression. La clé de notre cabine nous est remis illico, nous empruntons un petit escalier en colimaçon, puis l’étroite promenade du pont supérieur ou principal pour se rendre dans notre chez-soi flottant. Les 24 cabines sont spacieuses (16 mètres carrés), lumineuses (grâce à deux grandes fenêtres) et confortables (avec deux lits simples pouvant être rapprochés). Des serviettes avec le logo de la Compagnie Fluviale du Mékong by CroisiEurope ont été déposées sur les lits et, charmante attention pour souligner notre arrivée, une orchidée mauve sur l’oreiller. Des peignoirs, de petits sacs en bandoulière servant à transporter une bouteille d’eau glacée fournie à chaque départ d’excursion et un grand sac pour la blanchisserie sont suspendus au mur jouxtant la porte battante de la salle de bain. Le plancher, la section inférieure des murs, la table de travail et l’armoire de rangement sont en teck - ce bois sombre qui crée une environnement chaleureux -, tandis que les murs et les plafonds sont en natte de couleur beige pâle. L’armoire contient un coffre-fort, un sèche-cheveux et… un vaporisateur tue-insectes ! Que l’on devra obligatoirement utiliser si on laisse la lumière de notre cabine allumée durant notre absence, nous prévient la directrice de croisière. La salle de bain aux murs tout en teck renferme lavabo, toilette, douche et produits d’hygiène (savon, gel douche et après shampoing) de la marque cambodgienne U Collection. 


On peut, en supplément, se faire masser, parfois même dans l’intimité de sa cabine, par une masseuse d’expérience selon trois formules : thaï, khmer ou aux huiles (lavande, citronnelle ou fleur de jasmin). Mais il faut réserver à l’avance, car les créneaux horaires sont limités. Le service de blanchisserie est en supplément, là aussi à des tarifs raisonnables. L’écrasante humidité incite les passagers à l’utiliser dès le troisième jour de croisière. La climatisation est réglable à sa convenance dans les cabines; en ce qui me concerne, elle sera à puissance maximale durant toute la durée de la croisière. L’eau courante à bord n’est pas potable, si bien que l’on nous avertit de se brosser les dents avec l’eau embouteillée d’une marque locale mise à disposition dans notre cabine. Même les cuisiniers n’utilisent que de l’eau embouteillée. Les passagers ont par ailleurs accès en tout temps et sans frais aux bouteilles d’eau du frigidaire placé à l’entrée du salon bar. 


Le RV Indochine I dégage une ambiance surannée, avec ses murs décorés de-ci, de-là de sculptures murales en bois ou de tableaux laqués reproduisant des scènes de la vie vietnamienne. Deux grands bouquets de fleurs trônent aux extrémités du bar et quelques décorations florales ajoutent de belles couleurs et odeurs à travers le navire, comme celle recouverte à sa base par un chapeau conique en osier, le couvre-chef vietnamien traditionnel.


Aménagé vers l’avant du pont soleil, le salon-bar est le pivot de la vie sociale du navire. Là sont présentés quotidiennement des films se déroulant en Asie et quelques conférences sur différentes aspects des deux pays visités. Là se trouvent le bar avec une carte payante, se vendent des souvenirs locaux - sacs, poteries, foulards, sculptures, etc. -, et se prêtent romans, beaux livres sur les régions visitées et jeux de société. 


Outre le salon-bar, trois zones extérieures complètent le pont soleil. La première, la plus fréquentée, protégée du soleil par une grande toile avec tables, chaises, machine à café, sachets de thé et biscuits à volonté. La deuxième, tout à l’arrière du navire, avec une dizaine de longs fauteuils séparés en deux rangées par des plantes décoratives. La troisième, à l’avant du navire, la plus intimiste et peu fréquentée, avec une dizaine de chaises en osier. On peut aussi se perdre dans l’infini de l’horizon confortablement assis à l’avant de la promenade du pont supérieur. 


Au poste de pilotage, le commandant et son assistant naviguent à vue et utilisent, au besoin, le soir, un puissant projecteur mobile. Par moments, le matelot tient la barre avec son pied gauche, pratique courante sous ces latitudes. La nuit, soit le navire est amarré à quai, soit il est ancré quelque part sur le lac ou le fleuve.


La Wi-Fi est théoriquement disponible sur tout le navire, mais ce ne sera pas le cas dans ma cabine. La connexion se fera seulement au salon-bar, jamais la nuit parce que l’équipage ferme carrément le réseau, pas toujours le jour et souvent à une vitesse trop lente, même dans une grande ville comme Ho Chi Minh, pour pouvoir envoyer ou recevoir des courriels. 


Compagnie alsacienne qui a vu le jour en 1976, CroisiEurope est présente en Asie depuis 2011. Elle a commencé par affréter le RV Indochine I d’une capacité de 48 passagers auprès de la Compagnie Fluviale du Mékong. Elle est devenue propriétaire des quatre navires de cette compagnie en 2014 (tous des trois ponts classés quatre ancres d’une capacité allant de 20 à 44 passagers). CroisiEurope a lancé en septembre 2017 le RV Indochine II, un quatre ponts classé cinq ancres d’une capacité de 60 passagers. Ces cinq navires naviguent de Siem Reap à Ho-Chi-Minh-Ville et vice-versa, entre les mois d’août et d’avril, les eaux étant trop basses le reste de l’année. 


En cette première journée de croisière, le RV Indochine I s’est mis en route très tôt, dès les premières lueurs du soleil. Comme nous sommes en période des hautes eaux (généralement d’août à fin novembre), la traversée du lac Tonlé Sap est assurée par le navire en une dizaine d’heures. Par contre, la traversée se fait en bateaux rapides en période de basses eaux (généralement de décembre à février, durée quatre heures) et en autobus climatisé en période de très basses eaux (généralement de février à avril, durée cinq heures). La superficie du lac Tonlé Sap explose en période des hautes eaux. Il atteint alors 13 000 kilomètres carrés et ses eaux dépassent les 10 mètres de hauteur en fin de mousson comparativement à 3 000 kilomètres carrés et un mètre en période sèche. Le lac Tonlé Sap représente l’une des zones de pêche d’eau douce les prolifiques au monde avec 250 000 tonnes de prise annuelle, une providence pour les trois millions de Cambodgiens qui vivent tout autour de ses rives. 


Du pont soleil, nous sommes aux premières loges de la vie extraordinairement calme à fleur d’eau avec comme seuls compagnons, en ce début de journée, de jacinthes d’eau qui se déplacent à bonne allure sous la force du courant. Une des deux guides cambodgiennes en profite pour faire son tai-chi quotidien dans ce décor d’une rare sérénité. À mesure que nous nous approchons de notre première escale -, le port de Kampong Chhang pour visiter de petites fabriques familiales de poterie utilitaire -,  les embarcations se multiplient sur le lac. Alors que nous sommes à table pour le repas du midi, nous apercevons de plus en plus de maisons sur le lac, parfois isolées, parfois regroupées en un village complet, avec une succession de montagnes en arrière-plan. 


Comme toujours avec CroisiEurope, la logistique est rodée au quart de tour, particulièrement au chapitre des excursions, une quinzaine en tout, toutes incluses dans le prix de la croisière (de même que les pourboires). Certaines sont brèves, d’une durée d’une heure et demie à trois heures quand l’endroit visité se trouve à proximité du navire. Quelques-unes s’étirent sur une journée entière : visite de quelques-uns des temples d’Angkor ou survol des attraits majeurs de Phnom Penh et d’Ho-Chi-Minh-Ville. Des excursions sont axées sur la découverte des lieux culturels et touristiques incontournables (temples, pagodes, palais, musées, résidences coloniales, marchés). D’autres se concentrent sur l’artisanat (ateliers de sculpture sur bois ou de cuivre gravé en argent, fabriques de laques, etc.) ou sur une pratique locale (ferme piscicole ou d’apiculture, fabrique de riz soufflé et d’alcool de riz). Quelques excursions incluent un transport local (char à boeufs, tricycle motorisé, sampan ainsi que cyclo-pousse et jonque en post-croisière) ou comportent une activité culturelle (spectacle de cirque ou de marionnettes sur l’eau). Une excursion se déroulant en zone rurale constitue une immersion dans la vie quotidienne des habitants : les passagers se retrouvent à l’intérieur d’une pagode à l’heure de la prière et des offrandes, et au milieu d’une cérémonie funéraire.


Une prestation inhabituelle est incluse dans le prix de la croisière : le nettoyage des souliers ! C’est que les routes en terre sont légion et que la poussière est omniprésente en campagne. Nous avons joué de chance, la pluie s’est abattue à quelques reprises, mais seulement durant la nuit ou très tôt le matin, alors pas de boue à enlever de nos souliers. 


Il y a aussi cette pratique, originale et fort sympathique, tout au long de la croisière : un membre d’équipage fait le tour des promenades ceinturant les cabines des ponts principal et supérieur en frappant sur un gong, histoire d’avertir les passagers qu’il est temps de passer à table ou de partir en excursion. Monsieur Gong, comme on le surnomme, fait partie de l’équipage aguerri de 27 membres d’origine cambodgienne et vietnamienne, encadrée par une directrice de croisière française. 


Tous les matins, quelques-uns des membres d’équipage s’activent à nettoyer les espaces publics et, après la pluie, à assécher les planchers extérieurs en bois à l’aide d’une serpillière. La langue à bord est le français, quoique certains des serveurs et serveuses ne parlent qu’anglais. La fourchette d’âge des 48 passagers de notre croisière affichant complet oscille entre 28 et 88 ans. Tous proviennent de France, sauf votre humble serviteur, une passagère de Suisse et un couple de Colombie à qui un guide parlant espagnol leur est attribué tout au long de la croisière. 


Nous voilà à Phnom Penh, la fébrile capitale du Cambodge aux antipodes de la douceur de vivre ressentie à Siem Reap. Le programme est là encore chargé au cours de notre séjour d’une journée et demie : promenade en tricycle motorisé dans les grandes artères à l’heure de pointe hyper chaotique, spectacle de danse traditionnelle Apsara donné par des jeunes orphelins à bord du navire, visite des principaux lieux culturels dont le Palais royal et le Musée National, autre repas dans un restaurant local, celui-là à une terrasse donnant directement sur la rivière Tonlé Sap.  


Le moment le plus émouvant et éprouvant de la croisière est la visite du S21, un lycée transformé de 1975 à 1979 en un camp de la mort par l’ancien régime sanguinaire des Khmers rouges et, aujourd’hui, en un mémorial sur le génocide cambodgien. Là, plus de 20 000 prisonniers, y compris des enfants, ont été battus, le plus souvent avec des cannes en rotin, torturés avec une férocité sadique,  assassinés. Dont le père de notre guide… Elle nous confie avoir perdu toute sa famille élargie, à l’exception de sa mère. Seules sept personnes ont survécu à l’enfer du S21… Au total, on estime à 1,7 million - soit plus de 20% de la population de l’époque -, le nombre de Cambodgiens qui ont perdu la vie sous ce régime politique dément qui voulait, comme trop souvent dans l’histoire, créer un Homme nouveau.


VIÊT NAM

Fleuve mythique, le Mékong ne se laisse découvrir que depuis une dizaine d’années seulement en croisière. Il prend naissance dans les hauteurs de l’Himalaya à plus de 5 000 mètres et termine sa course 4 900 kilomètres plus loin dans le sud de la mer de Chine après avoir parcouru six pays (Chine, Myanmar, Laos, Thaïlande, Cambodge et Viêt Nam). Au total, le RV Indochine I et II naviguent sur une distance d’environ 500 kilomètres sur le Mékong.


À peine sommes-nous entrés dans le territoire vietnamien que le RV Indochine I s’engage dans un canal conduisant à la ville de Chau Doc. Là, les rives sont très animées, avec une succession de maisonnettes sur pilotis et de grands hangars en tôle. Pour la première fois depuis le début de la croisière, la sirène du RV Indochine I retentit à intervalles réguliers. Car nous croisons un grand nombre d’embarcations de toutes tailles, barques de pêcheurs, traversiers, péniches de transport de marchandises, voire de conteneurs… Pour la première fois aussi, une brise rafraîchissante circule entre les ponts. 


Dès la première excursion (au sommet du mont Sam d’où nous avons une vue panoramique sur les rizières à perte de vue), nous sentons que nous sommes dans un nouveau pays. Les Vietnamiens sont plus réservés et moins souriants, du moins au premier abord, que les Cambodgiens. Le pays semble plus ordonné, la vie plus frénétique, les lieux de culte plus variés et colorés, comme la pagode Tay An avec une section orange et une autre rose !


Dans la partie vietnamienne, le Mékong est surnommé le fleuve au neuf dragons du fait qu’il comporte neuf bras formant l’un des deltas les plus grands du monde. Nous y visitons brièvement l’une des 500 fermes piscicoles de cette région. Le Mékong joue par ailleurs le rôle vital de grenier à riz, occupant 15 millions de personnes qui y récoltent la nourriture essentielle des 95 millions d’habitants du Viêt Nam. 


La portion vietnamienne de la croisière comprend cinq escales avec deux nouveaux guides qui ont embarqué à la frontière. L’une des excursions nous conduit au marché de Sa Dec, assurément le plus agité que j’ai vu dans ma vie. Imaginez une ribambelle de motos qui circulent carrément à travers les centaines d’étals aménagés directement sur le sol avec des montagnes de légumes, de poissons, crabes, grenouilles encore vivants gigotant dans leurs contenants… Ajoutez le soleil aveuglant, le boucan, la fumée, les odeurs, certains nauséabondes comme je ne sais pas trop quoi, certaines familières comme la citronnelle… Rarement nos sens sont à ce point sollicités tous en même temps. 


Sensation totalement inverse le lendemain matin à l’île Thoi Son dans laquelle règne un calme quasi absolu. Nous arpentons la petite route principale à pied, achetons quelques souvenirs dont de beaux sacs faits main pour une poignée de dollars, circulons sur la route fluviale en sampan non motorisé, et dégustons miel local et fruits exotiques, dont le ramboutan et la sapotille, tout en écoutant des chanteuses aux voix stridentes accompagnées par un guitariste et une joueuse de sitar vietnamienne.


À vue d’oeil, le Mékong s’industrialise à fur et à mesure que nous nous approchons de notre destination finale, Ho-Chi-Minh-Ville. C’est particulièrement vrai sur le canal Chao Gao : les péniches et barges s’y déplacent littéralement à la queue-leu-leu, certaines refont le plein à des stations service sur pilotis. L’horizon se peuple d’un nombre inouï de grues et de tours résidentielles dans les derniers kilomètres précédant Ho-Chi-Minh-Ville. Comme si c’était arrangé avec le gars des vues, notre arrivée coïncide avec un splendide coucher du soleil qui met encore plus en relief le Bourgeon du Lotus, cet édifice de 68 étages appartenant à une riche famille vietnamienne qui trône sur la rive gauche du Mékong.


Pour les deux dernières nuits de la croisière, le RV Indochine I est amarré à Ho-Chi-Minh-Ville. Mais ses habitants (treize millions comparativement à 15 pour l’ensemble du Cambodge) persistent à appeler leur ville Saïgon, son nom d’avant la guerre du Viêt Nam. À l’ombre de bâtiments de style colonial - rappel de la longue présence française -, et de grands panneaux de publicité occidentale ou de propagande communiste, six millions de scooters circulent dans un étrange chaos discipliné. 


Au programme, en notre dernière journée de croisière : visite de la Poste centrale construite par Eiffel (et achats possibles dans les deux boutiques attenantes), spectacle de marionnettes sur l’eau et musée d’histoire de Ho-Chi-Minh-Ville (et ses trois boutiques). Après une période de répit sur le navire, retour en ville pour d’ultimes achats de souvenirs dans une fabrique artisanale de laques et au marché Ben Trahn. Pour le tout dernier repas de la portion croisière, nous mangeons dans un établissement chargé d’histoire -  et d’intrigues -, le restaurant du Majestic. Cet hôtel légendaire est réputé avoir servi, durant la guerre du Viêt Nam, de point de chute des correspondants étrangers et… de nid d’espions !


Pareil voyage n’est pas conseillé aux personnes à mobilité réduite. Les rives du fleuve Mékong peuvent en effet devenir très pentues et glissantes. Certaines excursions comportent beaucoup de marches à pied, parfois sur des sols inégaux comme à l’intérieur des temples d’Angkor. Sans oublier la passerelle du RV Indochine I reliant la terre ferme qui est parfois installé avec un fort degré d’inclinaison. Compte tenu qu’il n’y a pas de quai dans tous les lieux d’escale, le navire ne peut pas s’amarrer en parallèle. Le commandant place plutôt la proue du navire en position diagonale par rapport à la terre et les passagers débarquent alors par l’avant du navire plutôt que par le côté.  


Pareil voyage n’est pas conseillé non plus aux personnes peu ou pas du tout résistantes (comme moi) à la forte humidité (jusqu’à 96%) qui engendre une pénible moiteur constante amplifiée par la chaleur (dans les 35-45°). Ces conditions ont généralement cours entre les mois de mai et de novembre en Asie du sud-est. En saison sèche, les températures sont généralement plus clémentes (25-35°), mais l'atmosphère reste relativement humide. Pour ma part, c’était la première fois que je voyageais dans de telles conditions d’humidité. Je n’ai pu suivre le tempo lors des excursions d’une journée qui, étonnamment, ne comportait aucune temps de repos. Complètement trempé, essoufflé, assommé, je n’ai pas été en état physique d’apprécier à leur juste valeur des trésors architecturaux comme les temples d’Angkor ou le palais royal de Phnom Penh. Je me suis même senti suffoquer à l’intérieur d’endroits peu aérés comme le marché central de Phnom Penh ou le temple vietnamien de Ba Chui Xu. 


3. POST-CROISIÈRE 

Centre du Viêt Nam

Des 48 passagers du RV Indochine I, neuf ont opté pour l’extension de quatre jours dans le nord du Viêt Nam, et trois pour celle de sept jours dans le centre et le nord du pays. En regard de la température, notre trio demande un programme d’excursion allégé avec, en milieu de journée, une pause rafraîchissement à notre hôtel.


Si le sud du Viêt Nam fourmille de rizières, le centre recèle un fabuleux patrimoine archéologique. Que ce soit à Hué, Da Nang, Hoi An ou My Son, les quatre villes visitées dans le cadre de la première partie du programme post-croisière. Capitale du Viêt Nam de 1802 jusqu’en 1945 sous la dynastie Nguyen, Hué abrite la Cité Interdite, un lieu éblouissant comprenant 147 édifices dont l’imposant palais de l’Harmonie Suprême. Notre guide nous livre quelques statistiques étonnantes : en 21 ans de règne, l’un des empereurs eut en cadeaux quelque 500 concubines... et fit 142 enfants ! Un autre empereur demanda que l’on construise une résidence secondaire non loin de la Cité Interdite dans un parc de 12 hectares agrémenté de bassins d’eau et incluant son tombeau qui, à lui seul, requit le travail acharné de 3000 personnes durant trois ans !


À Da Nang, nous visitons le Musée de la sculpture cham qui présente une collection d’oeuvres très raffinées en pierre de sable, en terre cuite ou en cuivre datant d’aussi loin que du 4e siècle fabriquées par les habitants du royaume Champa qui a été absorbé par le Viêt Nam. Da Nang est aussi une ville balnéaire avec une plage de sable blanc interminable. Une section est fréquentée par les Vietnamiens tôt le matin et en fin de journée afin de ne pas bronzer, une autre section fourmillant de complexes hôteliers par des touristes sud-coréens, russes et chinois.


Hoi An est un ancien port exceptionnellement bien préservé. Elle a été très prospère au 15e siècle en raison de sa location sur la route maritime du commerce de la soie. L’ensablement de la rivière Thu Bon a provoqué son déclin. Ne jouant plus un rôle majeur dans l’économie du pays, elle a été oubliée - et donc pas bombardée - durant la guerre du Viêt Nam, dit notre guide originaire de cette ville. Aujourd’hui, des dizaines de sampans colorés attendent patiemment les touristes et d’autres embarcations alimentent le fébrile marché aux poissons. Les rues de la vieille ville sont bardées de lanternes d’une variété inouïe de formes et de couleurs - certaines unies, d’autres avec des motifs ou des animaux qui, une fois illuminées le soir venu, créent une singulière ambiance. Partout, de vieilles maisons en bois aux façades jaunes et aux volets turquoises - plus de 800, certaines datant du 17e siècle -, sont transformées en cafés, librairies, ateliers de broderie ou de peinture, commerces en tout genre dont beaucoup proposant des vêtements féminins. L’architecture illustre les multiples influences qu’a connues Hoi An, principalement chinoise, japonaise, française et aussi, portugaise et britannique. Subitement, au détour d’une rue, surgissent de petits restaurants familiaux, des terrasses ombragées aux chaises et tables basses, et le magnifique pont-pagode couvert japonais Lai Vien (pont des amis des pays lointains) construit en 1593.


Considérée comme le coeur du royaume hindoue Champa, la vallée My Son, qui a connu son apogée au 12e siècle, est l’un des sites touristiques les plus importants du Sud-Est asiatique, malgré qu’une bonne partie des bâtiments ait été détruit par les bombardements américains lors de la guerre du Viêt Nam. Le site étant enfouie profondément dans la forêt, notre trio n’a pas eu le courage de s’y rendre…


Nord du Viêt Nam

C’est un passage touristique obligé dans la capitale du Viêt nam, Hanoi : la visite du mausolée de Ho Chi Minh - un site démesuré reflétant le culte de la personnalité voué à ce dirigeant politique communiste qui a fondé la République démocratique du Viêt Nam -, ainsi que sa maison de fonction et sa maison de retraite aménagées en face d’un lac dans un superbe boisé. Pour s’y rendre, nous passons par le quartier des ambassades, chacune est gardée par un soldat vietnamien à côté duquel se trouve systématiquement un grand ventilateur sur pied ! Puis, nous allons dans le quartier des 36 corporations, la plus ancienne zone commerçante de Hanoi, avec des centaines de boutiques spécialisées (friandises, bambous, montres, etc.), des vendeurs de beignets, des cuisines de ruelles, des galeries d’art, des commerces de souvenirs… 


Nous terminons cette courte visite de Hanoï par le temple de la Littérature ayant servant à partir de 1070 d’académie confucéenne, là où les fils de mandarins et d’aristocrates recevaient une formation poussée pour devenir lettrés et fonctionnaires. Aménagé dans un magnifique parc, le temple est divisé en cinq cours. La troisième a retenu notre attention avec ses nombreuses stèles de pierre reposant sur la carapace de tortues, symbole de l’union de la terre et du ciel, disposées devant le lac au nom imagé de la clarté céleste. Une suggestion : demeurer au moins une journée supplémentaire  à Hanoï après la fin du programme post croisière pour découvrir davantage la capitale vietnamienne et alléger la journée de retour au bercail.


Et voilà le clou du voyage : la croisière de 24 heures à bord de l’une des quelque 600 jonques qui sillonnent les eaux émeraudes d’une petite partie de l’extraordinaire baie d’Along parsemée de quelque 1500 îles, criques enchanteresses et pitons fantasmatiques. Sur le lit des 14 cabines du Paradise Luxury III de la compagnie vietnamienne Paradise Cruise ont été déposées des Bao De, des robes-tuniques à motif de couleur vive (jaune, rouge, bleue) que les passagers des deux sexes sont invités à porter durant le dîner. Au programme : promenade d’une heure dans la plus grande grotte de la baie (pour autant que l’on se sent d’attaque pour gravir et descendre quelques 700 marches), massages divers (en supplément), démonstration culinaire à partir du vin de riz, pêche nocturne au calmar à l’arrière du pont inférieur, tai-chi matinal sur le pont soleil suivie d’une baignade dans l’une des deux plages (artificielles) de la baie. Le moment inoubliable est certainement quand, au soleil couchant, le pont soleil du Paradise Luxury III, jusqu’alors désert, est envahi par les passagers qui, un cocktail à la main, perdent la notion du temps en admirant l’hypnotisant paysage de la plus belle baie du monde. 


GASTRONOMIE 

Omelette cambodgienne (légumes enroulés dans une sorte de pain pita vert), morceaux de jacquier (fruit exotique à la chair fibreuse), okra grillé (légume à la peau comestible), patates douces au sucre de palme, banhbo (gâteau au citron cuit dans une feuille de palme)… Voilà de belles découvertes culinaires au restaurant du RV Indochine I. 


Sur le navire, les repas du matin et du midi sont en formule buffet tandis que le repas du soir comporte généralement quatre services : entrée, potage, plat principal et dessert. Parfois, nous devons choisir entre trois plats principaux, parfois ils nous sont tous servis en même temps. Bières, sodas, eau, café et thé sont inclus, mais pas le vin. Aucune table n’est attribuée, on peut en changer au gré des rencontres et affinités. Les repas se prennent autour de grandes tables rectangulaires pour six ou huit personnes. Le soir venu, elles sont ornées de splendides chemins de table brodés avec les inévitables éléphants sur fond de nappe rouge vif. 


Le petit déjeuner en style buffet est particulièrement copieux : oeufs faits au fur et à mesure à notre goût,  soupes, saucisses, pommes de terre, croissants, pains chocolat et raisin, céréales, fromage et viande froide, concombre,  salade de fruits, miel, confitures de fraises et d’ananas, jus de pastèque frais en alternance avec jus d’ananas frais, jus d’orange, de pomme et de pêches. Et parfois, mini pain perdu, petites gaufres ou crêpes…


À titre d’exemple, voici le menu du repas du midi de la première journée de croisière : salade de porc grillé. Sauces cocktail, française ou khmer pour accompagner légumes et salades. Soupe aux boulettes de poisson. Wok de germes de soja à la ciboulette. Porc teriyaki et poulet BBQ. Riz blanc, ail et chili frais, sauce soja ou au poisson.


Il y a eu quelques clins d’oeil à la cuisine occidentale au cours de la croisière. Sous forme d’entrées (soupe à la crème d’épinards, velouté de tomate), de quelques plats principaux (pizza aux fruits de mer, lasagne aux légumes, poitrine de poulet farci au fromage et épinard, filet de boeuf au poivre vert et magret de canard sauce hoisin) et de desserts (crêpes aux fruits, crème caramel, assortiment de glaces).


Un regret : l’absence d’un menu comportant une brève description de chacun des plats servis à bord comme le filet de poisson Tonlé Sap, la soupe Ho Chi Minh, le boeuf grillé aux cinq épices…


En préambule à Siem Reap, au Cambodge, et en extension dans le centre et le nord du Viêt Nam, les petits déjeuners se prennent en mode buffet à l’hôtel et la majeure partie des repas du midi et du soir dans des restaurants locaux. Le menu comporte environ huit plats servis soit en petites portions, soit en grande assiette commune, dans une séquence inhabituelle pour nous : le potage en deuxième plat, et les légumes et le riz tout juste avant le dessert. Les portions sont tellement généreuses que rarement notre trio consomme tout ce qui est déposé sur la table. Autant les menus étaient variés à bord du RV Indochine I, autant il y a redondance d’un menu à l’autre des restaurants, si bien qu’un soir, notre trio a demandé un steak frites ! Voici le menu d’un des restaurants locaux de Siam Reap : salade de mangues vertes avec poisson fumé et rouleau de printemps. Soupe de citrouille. Plat principal composé de riz à la vapeur, de boeuf Loc Lac, de poulet mariné grillé sur tige de sucre de canne et d’Amok de poissons dans sa feuille de banane. Dessert sous forme de fruits de saisons dont un morceau de pitaya et de Chék Katis (pudding tapioca à la banane), le tout accompagné d’une bière locale ou d’un soda et couronné par un thé ou café.


ITINÉRAIRE DÉTAILLÉ 

1. PRÉ-CROISIÈRE

JOUR 1 : SIEM REAP - ANGKOR (Cambodge)

12h00 : Dîner hôtel Lotus Blanc

15h30-17h30: Senteurs (manufacture de bougies, savons et épices) et artisans d’Angkor (sculpture sur bois et sur pierre). 

17h30-18h30 : Marché Angkor. 

19h00-20h15 : Souper restaurant Cham Pey. 

Nuit hôtel Lotus Blanc.


JOUR 2 : SIEM REAP - ANGKOR

08h00-12h00 : Temple Ta Prohm, ancienne cité impériale Angkor Thom et pyramide Bayon. 

12h15-13h30 : Dîner restaurant Asian Square. 

13h45-16h30: Temple Angkor Wat.

17h30-22h00 : Spectacle cirque Phare. Souper restaurant Viroth’s. 

Nuit hôtel Lotus Blanc.


2. CROISIÈRE

JOUR 3 : SIEM REAP - LAC TONLÉ SAP

08h00-11h00 : Temple Bandey Srei.

12h00 : Dîner hôtel Lotus Blanc. 

13h00 : Transfert par bus et bateau.

14h30 : Embarquement RV Indochine I. 

Nuit à bord. 


JOUR 4 : LAC TONLÉ SAP - KAMPONG CHHNANG - KAMPONG TRALACH

05h30-14h00 : Traversée lac Tonlé Sap.  

14h00-17h30 : Ville Kampong Chhnang, fabricants de poterie. 

17h30-21h00 : Navigation vers Kampong Tralach. 

Nuit à bord.


JOUR 5 : KAMPONG TRALACH - KOH CHEN - PHNOM PENH

08h00-10h00 : Déplacement char à bœufs jusqu’à pagode Wat Leu.

10h00-11h00 : Navigation vers Koh Chen.

11h00-12h30 : Village Koh Chen, artisans cuivre gravé en argent.

13h00-14h30 : Navigation vers Phnom Penh.

16h30-18h00 : Promenade en tuk tuk (tricycle motorisé) Phnom Penh.

18h00-19h00 : Spectacle de danse Apsara à bord du navire. 

Nuit à bord.


JOUR 6 : PHNOM PENH

08h15-12h00 : Palais Royal, pagode d’Argent et musée National.

12h15-13h30 : Dîner restaurant Le Titanic. 

14h00-15h30 : S21-Mémorial génocide des Khmers rouges.

15h45-16h30 : Marché central. 

17h00-22h00 : Navigation vers Vietnam.

Nuit à bord.


JOUR 7 : PHNOM PENH- (Frontière Viêt Nam) - CHAU DOC - SA DEC

08h00 : Reprise navigation vers Vietnam. 

10h30-13h00 : Transfert mont Sam, temple Ba Chua Xu et pagode Tay An. 

14h30-15h30 : Du village Chau Doc, transfert ferme piscicole. 

15h30-20h00 : Navigation vers Sa Dec. 

Nuit à bord.


JOUR 8 : SA DEC - VINH LONG - CAI BE

06h00 : Reprise navigation vers Sa Dec.

08h30-11h30 : Ville Sa Dec, temple chinois Kien An Cung, ancienne demeure amant romancière Marguerite Duras et marché local.

11h30-14h00 : Navigation vers Vinh Long. 

14h00-17h30 : Transfert ville Vinh Long, fabrique briques et poteries. Transfert ville Cai Be, fabrique galette et alcool de riz. 

17h30-20h00 : Navigation vers My Tho. 

Nuit à bord.


JOUR 9 : MY THO - HO-CHI-MINH VILLE (Saigon)

06h30-07h00 : Reprise navigation, arrivée My Tho

07h00-10h00 : Transfert île Thoi Son, promenade sampan, ferme apiculture et dégustation fruits exotiques.  

10h00 : Navigation vers Hô-Chi-Minh Ville.

11h00-13h00 : Navigation canal Chao Gao. 

18h00 : Arrivée Hô-Chi-Minh-Ville.

Nuit à bord.


JOUR 10 : HO-CHI-MINH-VILLE (Saigon) :

08h00-12h00 : Poste centrale, spectacle marionnettes sur l’eau, musée histoire Ho-Chi-Minh-Ville. 

14h00-17h00 : Fabrique de laques, marché Ben Tranh. 

Nuit à bord.


3. POST-CROISIÈRE (Extension sept jours)

JOUR 11 : HO-CHI-MINH-VILLE - HUÉ

08h00 : Débarquement. 

08h00-12h00 : Quartier chinois Cholon, temple Thien Hau.

11h30-12h30 : Dîner restaurant Hôtel Majestic. 

12h30-13h15 : Transfert aéroport Hô-Chi-Minh-Ville.

16h45-18h15 : Vol vers Hué. 

19h00 : Souper et nuit hôtel Saigon Morin.


JOUR 12 : HUÉ

08h30-12h00 : Cité impériale, pagode Tu Hieu, bateau rivière des Parfums. 

12h30-14h00 : Dîner Restaurant La Pines. 

14h00 -15h00 : Mausolée Tu Duc. 

19h30-20h30 : Souper restaurant Ythao Garden.

Nuit hôtel Saigon Morin.


JOUR 13 : HUÉ - DA NANG - HOI AN

08h30-11h30 : Transfert Hué-Da Nang.

11h30-12h30 : Musée sculpture cham.

12h30-13h30 : Dîner restaurant Blue Whale. 

13h45-14h15 : Montagne marbre blanc.

14h15-15h00 : Transfert Da Nang-Hoi An. 

18h00-19h00 : Vieille ville Hoï An, pont-pagode couvert japonais Lai Vien. 

19h30-20h30 : Souper restaurant Dao Tien. 

Nuit hôtel Hoi An Historic.


JOUR 14 : HOI AN - MY SON - HOI AN

08h00-12h00 : Vallée My Son. 

12h00 : Dîner restaurant Citronnella. 

PM : Hoi An Beach Resort.

19h00 : Souper restaurant Home Hoi An. 

Nuit hôtel Hoi An Historic.


JOUR 15 : HOI AN - DA NANG - HANOI

07h15-08h00 : Transfert aéroport Da Nang.

09h30-11h00 : Vol vers Hanoï. 

12h00 : Dîner restaurant Lamblot. 

15h15-18h15 : Mausolée Ho Chi Minh, quartiers 36 corporations et ambassades, temple Littérature.

19h30: Souper restaurant Wild Lotus. 

Nuit hôtel Conifer.


JOUR 16 : HANOI - BAIE D'ALONG

07h45-11h45 : Transfert vers baie d'Along. 

12h15 : Embarquement jonque Paradise Luxury III.

13h00-14h00 : Diner occidental.

14h30-15h30 : Navigation baie d’Along.

15h30-17h00 : Grotte Sun Sot.  

18h00-19h00 : Démonstration de cuisine avec vin de riz.

19h30-22h00 : Souper vietnamien.

Nuit à l’ancre


JOUR 17 : BAIE D'ALONG – HANOI 

06h30 : Tai-chi pont soleil.

07h30-08h30 : Baignade Île Titov.

10h30 : Débarquement.

10h45-14h30:  Transfert vers Hanoi. 

16h30-17h30: Transfert aéroport Hanoi. Ne pas prévoir de vol avant 20h00.


PRATIQUE

- Visas : Visa obligatoire pour les deux pays visités durant la croisière. Pour le Cambodge, faire la demande en ligne à https://www.evisa.gov.kh/   Coût : 36$US. Pour le Vietnam, s’adresser à une organisation comme XpressVisa.ca.


- Vaccins : Pas obligatoire, mais il est conseillé d'être en règle avec ses vaccinations (tétanos, poliomyélite, hépatite A et B, diphtérie et la fièvre  typhoïde). Traitement anti-paludéen à vérifier avec son médecin traitant. 


- Monnaie et mode de paiement : Dollar américain, mais parfois la monnaie est rendue en argent locale. Pour éviter ce problème, obtenir de monnaie locale avant de partir ou en arrivant à l’aéroport. Carte de crédit Visa et MasterCard acceptés à bord.