Table des matières

1) En toute liberté à bord du Norwegian Getaway

2) À bord de deux voiliers suédois - Star Flyer et Royal Clipper

3) À bord d'un yacht français - Le Boréal en Arctique

4) À bord du plus beau navire hollandais - Koningsdam

5) À bord de l'un des plus luxueux paquebots - Crystal Serenity

6) À bord d'un paquebot magique - Disney Fantasy

7) Gastronomie polynésienne à bord du Paul Gauguin 

8) Gastronomie italienne à bord du Costa Diadema

9) Haute gastronomie en mer à bord du Seabourn Odyssey et de l'Oceania Riviera

Les paquebots modernes sont de magnifiques hôtels flottants, mais souvent sans contact direct avec la mer. Rien de tel à bord du Norwegian Getaway, grâce à une nouveauté originale : le Waterfront, aménagé au 8e pont. Plus qu’un simple pont promenade, le Waterfront comprend une succession de bars et de restaurants dont une section donne sur l’extérieur. Les passagers peuvent ainsi déguster plats, crèmes glacées et cocktails tout en humant l’air du large et en admirant l’horizon. De plus, les passagers ne se déplacent pas à l’ombre d’imposantes chaloupes placées au-dessus de leurs têtes, comme c’est généralement le cas à bord des navires qui disposent d’un pont promenade, puisqu’elles sont installées au pont inférieur. 


Cheveux au vent, on peut ainsi voir le soleil se coucher à partir du Waterfront tout en buvant un cocktail au Sunset Bar ou au Sugarcane Mijoté Bar. Ou en dégustant une coupe de crème glacée italienne au Dolce Gelato. Ou encore, en soupant dans la section extérieure du restaurant brésilien Moderno (24,95$US par personne), du steakhouse Cagney’s, du restaurant italien La Cucina ou du restaurant de fruits de mer Ocean Blue (tous payants et à la carte). 


Le Norwegian Getaway, navire soeur du Norwegian Breakaway, a été lancé en 2014. Précisons qu’un navire soeur signifie que l’architecture est identique, mais que la décoration intérieure est différente. Ces deux navires de 145 655 tonnes - qui portent la flotte de Norwegian Cruise Line à 16 navires en 2018 -, renferment une panoplie d’installations s’adressant à tous les membres de la famille. 


Désireux de vous détendre ? Vous vous rendez à l’immense spa situé à l’avant du 15e pont et qui comporte non seulement un bain tourbillon, un sauna et un bain à vapeur, mais aussi un bain salé (accès payant sur une base journalière ou pour la durée de la croisière). Vous avez le choix entre plus de 50 soins, allant de la manucure aux massages à la pierre chaude en passant par le blanchiment des dents.


Soucieux de votre forme, spécialement après tant de repas copieux ? Vous allez illico au gym situé aussi à l’avant du 15e pont et bien équipé en appareils cardiovasculaires et musculaires. 

 

Vous êtes du genre sportif certes, mais voulez profitez du soleil  ? Alors, vous serez souvent au centre et à l’arrière du 16e pont du Norwegian Getaway, là où se trouve un complexe sportif élaboré. Des passagers s’amusent ferme à grimper le mur d’escalade, à faire du bungee sur trampoline ou à s’aventurer sur un grand circuit de cordes baptisé Ocean’s Edge Robes Course. Certains n’hésitent pas à aller jusqu’à la petite passerelle aménagée à l’extérieur du navire à une centaine de mètres au-dessus du niveau de la mer ! D’autres passagers apprécient davantage la piste de jogging du 16e pont, le parcours de mini-golf du 17e pont ou le terrain de basketball du 18e pont. 


Envie de tranquillité, loin des cris de joie des enfants ? Vous vous dirigez vers la zone Spice H2O2 qui est réservée aux passagers de plus de 18 ans jusqu’à 19h00. Elle comporte un bar, un écran géant, des chaises longues dispersées sur une terrasse étagée, une cascade d’eau ainsi que deux bains tourbillons.


Vous voulez ressentir des émotions parmi les plus fortes de votre vie ? Allez au centre du 15e pont, empruntez les longues escaliers menant aux deux plus longues et vertigineuses glissades d’eau du Norwegian Getaway. Deux capsules installées sur une grande plate-forme ceinturée de parois transparentes trônent à une centaine de pieds au-dessus du pont le plus élevé. Vous entrez dans l’une des capsules, la trappe du plancher s’ouvre d’un coup sec et voilà que vous vous engouffrez dans ce qui constitue la glissade d’eau sans doute la plus rapide aménagée en mer. La première section est en effet bâtie pratiquement à la verticale, ce qui assure une descente ultra-rapide.


Tout à côté se trouvent des glissades d’eau aux angles beaucoup moins prononcés et donc, à la vitesse moindre. Au pied de celles-ci, les plus jeunes passagers s’en donnent à coeur joie dans le parc aquatique pour enfants. Ils peuvent aussi s’amuser ferme au Splash Academy Youth Center aménagé à l’avant du 13e pont. 


Seul bémol : la piscine, pas assez grande, et le nombre de bains tourbillons (six) insuffisants en regard du nombre de passagers, près de 4 000.


Vous cherchez de l’intimité dans un environnement de grand luxe : réservez l’une de la quarantaine de suites aménagée dans une enclave exclusive baptisée The Haven, située à l’avant des 16e et 17e ponts du Norwegian Getaway. D’une superficie variant de quelque 350 à 1 000 pieds carrés, les suites se comparent avantageusement à celles que l’on trouve à bord de navires des compagnies plus luxueuses. Elles sont aménagées autour d’une cour centrale, baptisée The Haven Courtyard, au milieu duquel trône une piscine peu profonde, avec de longs sièges épousant la forme du corps. Outre un service ultra personnalisé, merci au majordome, les occupants de cette zone ont un accès privé à deux bains à remous, deux salles de massage, un sauna, un restaurant gastronomique, un bar à cocktails, une terrasse panoramique ainsi qu’un accès direct au spa et au centre de remise en forme du Norwegian Getaway.


À l’intérieur du Norwegian Getaway, les prestations sont dispensées sur trois ponts - regroupées sous le vocable 678 Ocean Place. Au 6e pont, on trouve les restaurants principaux Taste et Savor (ouverts midi et soir, avec un menu identique), le restaurant japonais Teppanyaki (29.95$US par personne), le restaurant français Le Bistro (payant et à la carte), la salle de spectacle d’humour Headliners Comedy Club, la galerie d’art, la réception, le café Internet, la librairie et le restaurant spectacle Illusionarium (payant) avec des magiciens et illusionnistes de renommée mondiale qui épatent les convives durant le repas. 


Au 7e pont se succèdent le troisième restaurant principal Tropicana Room (ouvert le soir seulement, avec un menu identique au Taste et au Savor, mais avec une ambiance plus endiablée en raison de la présence d’une scène et d’une piste de danse centrale), la discothèque Bliss Ultra Lounge, le restaurant chinois Changhai’s, le casino, le pub ouvert 24 heures sur 24 O’Sheehan’s Bar & Grill et le grand théâtre.


Au 8e pont, outre les bars et restaurants dont une partie donnent sur le Waterfront mentionnés en début d’article, défilent les boutiques (d’alcool, de vêtements, de parfums, de montres et autres souvenirs), la fabrique de gâteaux The Bake Shop, le bar spécialisé dans les huîtres Raw Bar ainsi que le bar à sushis Wasabi (payants et à la carte), le bar à glace SVEDKA et Inniskillin, le lounge Humidor Cigar et finalement, la salle de spectacle de musique et de karaoké Fat Cats. Bref, il y a de tout pour tous les goûts.


Même scénario du côté de la restauration, avec un embarras du choix inouï. Vous avez accès à 15 restaurants (six inclus dans le prix de la croisière et neuf restaurants spécialisés et payants). Au total, au cours d’une croisière de sept nuits, tous restaurants confondus, le Norwegian Getaway propose plus de 150 plats principaux et autant d’entrées et de desserts !


Prenons en exemple le menu de la deuxième soirée de la croisière offert gracieusement dans les restaurants Tropicana Room, Taste et Savor : huit entrées (dont une salade de crevettes et guacamole, des escargots en vol-au-vent ou une soupe à l’onion), quatre plats principaux permanents (dont un steak-frites, un rigatoni aux crevettes et pesto ou un poulet rôti aux herbes) et six plats principaux du jour (dont un poulet à la Kiev, des pâtes aux palourdes ou un mahi-mahi grillé avec asperges).


Pour une ambiance moins formelle, on se rabat sur le Garden Café, vaste et lumineux restaurant buffet du 15e pont fourmillant jour après jour de bonnes propositions culinaires (poulet jamaïcain, boeuf péruvien, pailla aux fruits de mer et chorizo, etc.), avec un coin sandwichs, pizzas, plats asiatiques, crème glacée et desserts. 


Faisons maintenant la tournée des principaux restaurants spécialisés du Norwegian Getaway. Débutons par Le Bistro dont le menu comprend quelque 25 classiques de la cuisine française. J’ai opté pour les escargots à la bourguignone, la bouillabaisse et la tarte tatin… que du plaisir ! Même contentement le lendemain soir au Cagney’s, avec - parmi les 10 propositions d’entrées, de soupes et de salades -, la bisque de homard. Suivi du plat de la mer (crevettes, pétoncles, calmars, morue et crabe frits) parmi la quinzaine de propositions de grillades. Et, pour conclure cet autre repas mémorable, la crème brûlée aux framboises parmi les cinq desserts de la carte. 


Point d’hésitation à La Cucina, malgré l’abondance des propositions, une bonne trentaine. J’ai joué la carte des valeurs sûres avec des calmars frits, des gnocchis au pesto, un osso bucco à la milanaise et un panna cotta à la vanille. Un peu excessif, mais bon ! 


Finalement, même approche de satisfaction garantie à l’Ocean Blue, avec la soupe de palourdes de Nouvelle Angleterre, le plat terre et mer (homard et filet mignon irréprochables) et la tarte au citron avec sorbet à la crème de cassis parmi la quinzaine d’entrées et la quinzaine de plats principaux et les six desserts. Chaque fois, la qualité a été au rendez-vous.


Mentionnons que Norwegian Cruise Line propose aux amateurs de bonne chère un forfait variant de 79$US à 135$US leur permettant d’aller de trois à sept reprises dans les restaurants spécialisés de leur choix. Soulignons aussi que, lors de la réservation d’une cabine Norwegian Cruise Line offre jusqu’à cinq promotions, selon la catégorie de la cabine (pourboires pré-payées, forfait Internet, forfait boissons ou forfait restaurants spécialisés gratuits ou encore, crédit de 50$US pour excursions).


Fondée en 1966 à Oslo, en Norvège, Norwegian Cruise Line est à l’origine de l’un des plus grands changements dans l’industrie des croisières, avec l’introduction en 2001 du concept FreeStyle. Finies les contraintes de lieu, d’espace et de temps, place à la liberté totale. Plus question de se présenter tiré à quatre épingles tous les soirs à la même heure, à la même table et avec les mêmes compagnons de voyage que l’on ne connaît pas au départ. Désormais, on soupe quand on veut, où l’on veut, avec qui l’on veut, sans être obligé de porter cravate ou robe du soir. 


Entre autres faits d’armes, Norwegian Cruise Line a été élue au World Travel Awards « Croisiériste le plus important en Europe » pour la huitième année consécutive. « Meilleure compagnie de croisière aux Caraïbes » pour la troisième fois. Et « Croisiériste à grands navires le plus important au monde » pour la quatrième fois.


Comme tous les paquebots modernes, le Norwegian Getaway comporte surtout des cabines avec balcon pouvant accueillir 3 963 passagers en occupation double. Autre innovation propre à Norwegian Cruise Line, on dénombre une soixantaine de petits studios (100 mètres, avec lit double) et un lounge (avec viennoiseries et cafés de qualité gratuits) pour passagers seuls - judicieusement aménagés à l’avant des 10e et 11e ponts. 


Mentionnons que ma cabine climatisée avec contrôle de la température comportait un étroit balcon (avec deux chaises et une petite table), un grand lit confortable (pouvant être séparé en deux petits lits), un long sofa, une télévision interactive, une table avec miroir, un séchoir à cheveux, une cafetière, deux grandes serviettes de plage, un garde-robe avec mini coffret de sécurité et une salle de bains (abritant une douche circulaire et un comptoir avec grand miroir). Savon à main et shampoing sont disponibles sous forme liquide tandis qu’un savon de corps et une lotion déshydratante sont offerts à l’unité.


Norwegian Cruise Line a également joué un rôle de pionnier en introduisant en mer des spectacles importés de Broadway ou de Las Vegas. Nous avons eu droit à deux spectacles fort intéressants. La comédie musicale de Broadway The Million Dollar Quartier fait revivre la célèbre session d’enregistrement ayant réuni Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Johnny Cash et Carl Perlinks. Avec le spectacle Burn the Floor, une dizaine de danseurs nous transportent dans les rues de La Havane au rythme frénétique de la salsa cubaine, de la rumba et de la samba. Ils s’exécutent soit au grand théâtre, soit sur la scène centrale du Tropicana Room. Chose sympathique, les passagers peuvent se faire prendre en photo avec des membres de la troupe, voire suivre un cours de danse avec eux. 


Une autre originalité : une comédie musicale sur le vin intitulée Wine Lovers. Les spectateurs dégustent trois plats et six vins tout en visionnant une comédie musicale hilarante. Parlant d’alcool, le Norwegian Getaway propose à travers le navire pas moins de 22 bars et lounges dans lesquels sont notamment organisés des dégustations de martinis, de margaritas ou un jumelage whisky-bière.


Norwegian Cruise Line a été la première compagnie de croisières à faire l’acquisition d’une île privée, en 1977, dans les Bahamas, Great Stirrup Cay. En novembre 2016, elle a inauguré une autre île privée, Harvest Caye, au Belize. Là encore, il y a des activités pour toutes les générations : très longue tyrolienne de 3 000 pieds à partir d’un phare. Piscine de 15 000 pieds carrés avec cascades et cabanons privés. Plusieurs bars dont un le corps dans l’eau. Longue plage de sable blanc de sept âcres avec chaises longues et villas privés. Lagon avec kayak, parc aquatique pour enfants, paravoile. Centre de la nature avec jardin de papillons et cage de toucans. Programme éducatif sur la flore et la faune locale, dont des présentations sur la vie animale par un chef naturaliste, Spectacles de danse et de musique locales. Dégustation de vieux rhum local. Multiples boutiques de souvenirs (art, bijoux, confitures locales, chocolat de la marque Moho). Cette escale, tout particulièrement, passe trop vite !

À bord du Star Flyer

Il se passe décidément des choses bien spéciales à bord du Star Flyer, l’un des trois voiliers de la compagnie Star Clippers. La deuxième journée de la croisière, les passagers sont invités à aider les membres d’équipage à hisser la voile principale du Star Flyer, un quatre mâts considéré comme le plus long voilier des temps modernes. Une fois déployés les quelque 3 300 mètres carrés de toile qui composent les 16 voiles du Star Flyer, celui-ci, gonflé par le vent, a vraiment fière allure. Les membres d’équipage composent avec une ribambelle de cordages dans une chorégraphie parfaitement rodée. Ensuite, un matelot prend la barre quand le Star Flyer se met en mode navigation.


Les émotions montent de plusieurs crans le jour suivant, quand l’activité principale de la journée est d’escalader le mât principal du Star Flyer. Solidement accrochés à un harnais, quelques braves passagers - dont votre humble serviteur -, montent un escalier en corde brinquebalant jusqu’à la première plate-forme pour une spectaculaire séance photo à plus de 50 mètres au-dessus du niveau de la mer. Pas question d’aller plus haut, les deux plates-formes supérieures sont réservées à l’équipage pour d’évidentes raisons de sécurité. 


Le comble de l’insolite est atteint le lendemain soir lors de la traditionnelle course de crabes qui met aux prises cinq vrais crabes sur le pont supérieur du Star Flyer. L’ambiance est bon enfant et les paris fusent avant le départ, qui a lieu dans le cadre d’une fête où les costumes improvisés de pirates sont à l’honneur. 


Certains matins, un marin installe son énorme machine à coudre sur le pont supérieur, tout à côté du Tropical Bar, le point de ralliement extérieur des passagers, pour une longue séance de réparation de toiles. Les 72 membres d’équipage et les 170 passagers du Star Flyer se côtoient ainsi en toute promiscuité sur ce navire long de 110 mètres et large de 15 mètres. 


Naviguer à bord d’un voilier, c’est comme emprunter une route de campagne parsemée de son lot de surprises, sans se soucier de la notion du temps, plutôt que de foncer tout droit sur l’autoroute dans l’espoir de respecter un horaire trop serré. Contrairement aux mastodontes de la mer à bord desquels des centaines d’activités sont proposées toutes les semaines, le Star Flyer offre la contemplation de la mer, le farniente, la rêverie. Certains vont piquer une sieste littéralement au-dessus de la mer en s’installant sur le filet suspendu du mât du beaupré, qui s’étale au-devant du navire. 


Faire une croisière à bord d’un voilier jaugeant 2 300 tonnes comme le Star Flyer s’adresse aux amoureux de la mer qui aiment l’air du large, le contact direct avec le vent et qui ont le pied marin. Car, ici, point de barres stabilisatrices pour atténuer les effets du roulis et du tangage quand le vent se lève. Auquel cas le commandant a toutefois toute latitude de modifier l’itinéraire pour retrouver les eaux calmes au plus vite. 


Ce type de croisière a ses adeptes, puisque la compagnie Star Clippers annonce un taux de fidélisation de 60 %. La moyenne d’âge se situe généralement dans la quarantaine avancée, voire la cinquantaine. Un dénominateur commun : pratiquement tous ont la peau burinée, indice d’une vie en plein air bien remplie. La langue maîtresse est l’anglais, mais les menus et journaux de bord incluent aussi une version intégrale en allemand et en français. Ajoutons que l’équipage est surtout d’origine philippine et indienne, et les officiers d’origine ukrainienne, polonaise et russe. Certains partagent la table avec des passagers à l’heure des repas.


La décoration des trois navires de la compagnie Star Clippers est un hymne à la navigation à voile. Les cabines sentent bon le bois ciré et le cuir. Les espaces publics regorgent de cuivre poli et de dorures étincelantes ainsi que de lithographies et de tableaux anciens représentant de célèbres navires. Les balustrades en acajou et en teck rappellent le riche héritage nautique.


Forcément, on a vite fait le tour des quatre ponts du Star Flyer. Le premier se compose uniquement de cabines de petite dimension, incluant une microscopique salle de bain. Le deuxième pont abrite aussi une minuscule boutique et le restaurant, le plus grand espace public. Le troisième pont renferme une magnifique bibliothèque aux chaudes boiseries et le Piano Bar, un endroit baigné par la lumière naturelle qui passe au travers des hublots installés au fond de la piscine du pont supérieur. S’y trouve aussi une seconde piscine et une zone de massages. 


La salle à dîner se trouve pratiquement sur la ligne de flottaison. Si bien qu’un simple coup d’œil à travers les hublots permet de réaliser à quel point un navire toutes voiles déployées peut filer à vive allure. Le premier soir, alors que le navire tangue, notre serveur nous explique avec un sourire entendu qu’il remplit nos verres d’eau de glaçons afin de les empêcher de trop glisser sur la surface de la table. 


Gentil préambule à la découverte de l’extraordinaire qualité de la table. Différents chaque soir, les menus, en six services, ont été élaborés en consultation avec un grand chef français honoré de trois étoiles au guide Michelin. Par exemple, le premier soir, nous avions le choix en entrée entre un ragoût à l’autrichienne avec sa sauce verte ou un risotto aux cèpes et au foie de volaille, suivi d’un potage (crème de carotte parfumée à l’orange), d’un sorbet, du plat principal (darne de mérou à l’estragon et aux tomates, coquelet avec sauce champagne, boeuf stroganoff ou, pour les végétariens, un ragoût de légumes et ses croutons à l’ail). Salade, sélection de fromages et choix entre trois desserts complétaient cette fabuleuse proposition gastronomique. Idée géniale : chaque soir, on présente au Piano Bar les entrées et plats principaux, un plaisir des yeux qui a pour effet d’ouvrir encore plus l’appétit.  


Le matin et le midi, la formule buffet est à l’honneur, là aussi avec une grande variété de plats, à commencer par une dizaine de délicieuses sortes de viennoiseries et de pain pour démarrer la journée du bon pied.


La compagnie Star Clippers appartient à Mikael Krafft, un armateur suédois à l’histoire étonnante. Dès l’âge de 10 ans, il posséda son propre voilier et vogua dans des zones non dénuées de danger. Il devint riche en faisant l’acquisition de différentes compagnies maritimes en difficulté financière qu’il sût redresser. Au tournant des années 1990, il vendit tout pour investir dans la construction du Star Clipper, suivi du Star Flyer deux ans plus tard, en 1992. Ce n’était pas une affaire évidente, puisque ces deux navires étaient les premiers de ce type et de cette taille à voir le jour depuis 1911 ! 


Surnommés les lévriers des mers, les clippers (du verbe to clip pour fendre la vague) n’ont pas toujours été des oiseaux rares sur les océans. On en compta jusqu’à 160 autour de 1850, qui servit aux transports de marchandises comme le thé de Chine vers Londres. Ce nombre chuta à une douzaine au début des années 1940 en raison de l’apparition des navires à vapeur, de la prépondérance des chemins de fer et de l’ouverture du canal de Suez. Il n’en existe plus que trois aujourd’hui, tous lancés par la compagnie Star Clippers : le troisième a été baptisé Royal Clipper. Ces voiliers sont on ne peut plus verts, puisqu’ils n’utilisent leurs moteurs que 30% du temps de navigation en moyenne.


À bord du Royal Clipper

La vingtaine de matelots et d’officiers présents sur le pont supérieur du Royal Clipper ont tous les yeux levés au ciel. Plus exactement sur les quelque 5 000 mètres carrés de toile qui, regroupés en 42 voiles, sont en train de se déployer dans un crissement de cordage parfois strident, amplifié par le vent. Drisses en main, les matelots tendent certaines voiles à la seule force de leurs bras, les autres le seront mécaniquement. Le même manège, rodé à la perfection, se répète matin et soir au gré des arrivées et des départs du navire. 


Pendant qu’une foule de curieux se pressent sur le pont supérieur du Royal Clipper, d’autres passagers se font dorloter tout en fond de cale, sous la ligne de flottaison du navire, au Captain Nemo Lounge, un spa pas comme les autres qui abrite un hamman tout de marbre, un coin gym et trois salles de massage aux riches boiseries. D’autres passagers, enfin, s’activent à la marina, la plate-forme rétractable qui s’incline à l’arrière du navire et à partir de laquelle on peut pratiquer dériveur, ski nautique, ou encore, simplement nager. On peut aussi emprunter un équipement de snorkeling pour la durée de la croisière ou bénéficier de l’expertise de moniteurs en plongée sous-marine.

 

L’existence du Royal Clipper, splendide voilier de 5 000 tonnes dont la coque blanche étincelante et bleue royale s’étire sur 134 mètres de longueur, est le résultat d’un tenace rêve d’enfance du propriétaire Mikael Krafft. Un Noël, ses parents lui offrirent une maquette du Preuden. Il se jura d’en faire une réplique. Pourquoi ce navire plutôt qu’un autre ? Il faut savoir que le Preuden était la fierté de la marine allemande de cette fin du 19e siècle parce que considérée comme le plus majestueux voilier au monde. Il connut une triste fin en sombrant aux pieds des falaises de Douvres, en Angleterre, il y a un siècle.


Le Royal Clipper en est le digne successeur. Il s’agit en effet du deuxième cinq mâts jamais construit depuis cette tragique disparition. Après trois ans de travaux menés par des artisans à la fois passionnés et talentueux, le Royal Clipper sortit du chantier naval hollandais de Merwede, situé tout près de Rotterdam, et il fut baptisé le 28 juillet 2000 par la reine Silvia de Suède en personne. 


Les 227 passagers du Royal Clipper se croisent invariablement à l’atrium central du navire. Cet espace fabuleux s’épanouit sur trois ponts reliés par des escaliers demi-circulaires aux rampes en fer forgé, et repose sur quatre majestueuses colonnes blanches. L’atrium baigne littéralement dans la lumière naturelle qui passe au travers de la principale piscine du navire installée directement au-dessus de l’atrium, du fait que le fond de la piscine est transparent. L’effet visuel est saisissant, surtout à la lueur changeante de la lumière chatoyante de l’aube ou du coucher du soleil.


Au pont le plus élevé de l’atrium se trouve le Piano bar, un endroit fort accueillant avec sa succession de canapés jaunes disposés en demi-cercle. Le pont intermédiaire de l’atrium est un simple passage reliant le devant à l’arrière du navire, décoré de vastes peintures en trompe-l’œil reproduisant des scènes maritimes d’une autre époque. Le pont inférieur de l’atrium abrite le restaurant du navire, un endroit fort invitant avec ses tables aux chaises de velours rouge regroupées en petites sections intimistes. Là, pas de protocole, pas de formalités. On s’attable à la table de sa convenance et à l’heure de son choix. Vous pouvez aussi demander au maître d’hôtel de vous placer en compagnie de passagers francophones, car la clientèle est fort variée, tout comme la centaine de membres d’équipage provenant de tous les coins de l’Europe. 


Les autres espaces publics sont à l’avenant : la bibliothèque à la cheminée Belle Époque sur laquelle trône la photo de la reine Silvia et ses fauteuils Chesterfield en cuir foncé. Le Tropical Bar, le bar extérieur au long comptoir tout en acajou et aux sièges en deck. Et l’Observation Lounge, un endroit utilisé à la fois pour les réunions des officiers et pour les conférences sur la vie marine. 


À bord du Royal Clipper, il n’y a pas de smoking ni robe de soirée, pas de casino ni de cinéma (mais des DVD que l’on peut louer à la réception et visionner dans l’intimité de sa cabine). Les cabines sont de toute beauté. Là aussi, la boiserie et le marbre sont roi et maître dans les 112 cabines d’une superficie variant de 13,5 à 30 mètres, dont 16 situées sur le pont supérieur sont pourvues d’une véranda privée. 


Un grondement sourd se fait soudainement entendre et le navire semble tressaillir dans toute sa structure : l’ancre est jetée. Car, sauf exception, le Royal Clipper ne s’amarre pas à quai, mais s’ancre au large des endroits visités. Il faut donc emprunter une chaloupe pour se rendre à terre, ce qui réduit d’autant le temps réel que l’on peut consacrer aux excursions de groupe ou individuelles, vu que certaines escales sont courtes, six ou sept heures. 


À bord du Royal Clipper, c’est le farniente qui est à l’honneur. Les activités y sont peu nombreuses, mais elles sortent de l’ordinaire. Nous sommes ainsi conviés à des séances matinales d’observation de dauphins, d’escalade de la section inférieure du mât principal, d’un concert sicilien fort sympathique et même, d’histoires du capitaine. La directrice de croisière livre des informations de base sur la prochaine escale debout devant la passerelle du pont supérieur, l’endroit névralgique du navire durant le jour, avec ses 1 800 mètres carrés, ses trois piscines, quelque 80 chaises longues dispersées sur le navire et ses centaines de cordages qui partent dans toutes les directions vers le ciel, là où tous, passagers et équipage confondus, finissent par tendre le regard. 


C’est aussi sur le pont supérieur que se déroulent les fêtes spéciales, comme ce mariage célébré par le capitaine qui se conclut par une valse des nouveaux mariés tournoyant le long de la passerelle ou ce cocktail du commandant au soleil couchant.


« Il semble que l’ours joue à cache-cache avec nous », affirme au micro le commandant Olivier Marien en cette quatrième journée de notre croisière de 14 nuits au départ de Kangerlussuaq, au Groenland, et à destination de la ville de Québec, à bord du yacht Le Boréal de la compagnie française Ponant.


Ah, l’ours polaire ! Voilà, les premiers jours de la croisière, le principal sujet de conversation entre les quelque 200 passagers ayant opté pour cette croisière hybride (à caractère d’expédition avec sorties en zodiac la première semaine et de style classique avec des escales à Terre-Neuve et au Québec la seconde semaine). Au fil des jours, l’ours deviendra objet d’espoir – en verra-t-on enfin aujourd’hui ? Au final, ce sera source de déceptions, voire de frustrations. Car, les ours n’ont pas été au rendez-vous. Ou si peu. En tout et pour tout, on n’en a vu que quelques-uns. Et encore de loin, à au moins 300 mètres de distance. Ceux, qui comme moi, n’avaient pas de jumelle, en ont été quitte pour apercevoir de lointaines tâches blanches - et une fois noire. Ce fut comme un prix de consolation que cet ours noir surgi de nulle part dans le fjord de Nachvak. « Nous allons nous en approcher, c’est assez rare d’avoir l’occasion d’observer ce type d’ours, profitez-en », lança le commandant Marien au micro.


Rappel d’une réalité incontournable : la nature est imprévisible. Et encore plus, les animaux. Voilà le principal risque d’une croisière d’expédition, en Arctique du moins : la possibilité de ne pas croiser ces bêtes qui peuplent ces contrées de froid et de glace, comme le renard arctique, l’ours polaire, le morse, le phoque barbu, le boeuf musqué... En Antarctique, en revanche, les rencontres animalières sont garanties, car les passagers côtoient des dizaines de milliers de manchots.


« La chance n’a pas été avec nous cette fois-ci », dit le commandant Marien qui, de concert avec ses officiers navigateur et la dizaine de guides naturalistes embarquée à bord du Boréal, n’a pas ménagé sa peine pour débusquer des animaux polaires. Le tout, sans compromettre la sécurité des passagers. « Nous sommes téméraires, mais pas inconscients », résume-t-il pince sans rire.


Les sept premiers jours de la croisière, Le Boréal a parcouru plus de 1 800 milles nautiques, traversant le détroit de Davis, puis la mer du Labrador avant de rejoindre l’océan Atlantique et l’estuaire du Saint-Laurent. À maintes reprises, le commandant Marien a dû composer avec des éléments déchainés, que ce soit la pluie, le vent ou la houle. Le deuxième soir de la croisière, les vents ont atteint 55 nœuds et les vagues 4,5 mètres. Si bien que la première soirée de gala du commandant a été désertée par nombre de passagers ! « On a eu un bon coup de tabac », dira après coup le commandant Marien. Précisons que, contrairement aux autres compagnies de croisière, la compagnie Ponant organise deux soirées de gala du commandant ainsi qu’un dîner des officiers à chacune de ses croisières.


Des heures durant, officiers et guides naturalistes ont scruté l’horizon avec leurs jumelles à la recherche du moindre signe de vie animale. « Une croisière d’expédition ne comporte pas un horaire quotidien précis, explique le commandant Marien. Tous les matins et tous les soirs, je rencontre le chef d’expédition afin de déterminer un programme d’activités en regard de notre expertise maritime et de nos expériences de navigation antérieures dans la région. »


Il faut composer avec un autre facteur, les conditions météo. « Quand elles sont bonnes, dit le commandant Marien, nous pouvons faire jusqu’à trois sorties quotidiennes en zodiac et multiplier les débarquement à terre. » Cette fois-ci, ce fut une seule sortie par jour, cinq jours durant, sans aucun débarquement à terre. À raison de dix passagers par zodiac, nous avons longé - chaque fois durant quelque 75 minutes – une partie de Monumental Island, puis le glacier Grinell au Nunavut, ensuite l’île d’Akpatok réputé royaume des ours blancs, et finalement les imposants fjords de Nachvak et de Saglek d’une hauteur dépassant les 900 mètres, sur la côte du Labrador. À une reprise, l’effet combiné de la présence d’une mer d’huile, d’un splendide coucher de soleil et d’une luminosité d’une rare beauté a rendu la sortie carrément magique, presque irréelle. À deux autres reprises, les passagers sont revenus trempés par les hordes d’eau ayant envahi les zodiacs (au nombre de 12 à bord du Boréal).


À défaut d’une faune abondante, restaient les gens et la nature. La seule escale de la portion expédition de la croisière, à Sisimiut (qui signifie joliment, en groenlandais, la colonie près des terriers de renards), la 2e plus grande ville du Groenland, a donné lieu à de belles rencontres avec la population locale, comme ces jeunes tout sourire dévorant du « polseret », (mélange de saucisses et de pommes de terre) en guise de petit déjeuner tout en se dirigeant à l’école. Précisons que le Groenland est la deuxième plus grande île au monde après l’Australie, qu’elle appartient au Danemark et qu’elle abrite quelque 60 000 personnes vivant essentiellement dans les zones côtières.


La nature, elle, s’est déclinée de maintes façons, parfois en affichant un calme étonnant, parfois en faisant preuve d’une force inouïe, avec comme moments forts icebergs à la dérive, spectaculaires levers ou couchers de soleil et surtout, deux aurores boréales.


Il s’agit d’une pratique propre à la compagnie Ponant : l’accès à la passerelle, sauf exceptions assez rares décrétées par le maître à bord. À plus d’une reprise au cours de notre croisière, elle fut envahie par une bonne vingtaine de passagers désireux d’être aux premières loges, tout particulièrement quand le commandant Marien ait annoncé au micro que des officiers avaient aperçu une baleine alors que Le Boréal longeait la côte du Labrador. « Quand le spectacle en vaut la peine, confie-t-il, je n’hésite pas à faire des annonces au micro, même si c’est l’heure de la sieste ou du repas, ou même durant la nuit. »


Nous avons donc passé beaucoup de temps à bord du navire, avec des journées ponctuées de projections de films et de documentaires ainsi que de présentations de conférences – parfois très pointues (comme un précis de glaciologie et ses 50 nuances de bleu). Et des soirées agrémentées de fêtes et de spectacles (récitals de piano classique, concerts de harpe et chant celtique ou encore, créations de la troupe de danse du navire).


Concluons par ce moment amusant, quand les passagers du Boréal ont été appelés à proposer des noms pour le baptême de six baleines en fonction des signes distinctifs de leur queue. Au final, trois propositions ont été retenues par la direction de la Station de recherche des îles Mingan, cet organisme consacré à l’étude écologique des mammifères marins. Et voilà comment une croisière sans histoires animalières passa à l’histoire scientifique !


EXPÉDITIONS CINQ ÉTOILES

AU FIL DES ANS, LA COMPAGNIE PONANT S’EST IMPOSÉE COMME LE SPÉCIALISTE CROISIÈRE DES PÔLES

La compagnie Ponant est l’une des rares compagnies à proposer des croisières d’expédition. Et la seule à le faire en français. Ayant vu le jour à la fin des années 1980, elle est devenue spécialiste des pôles - il y a 18 ans en Antarctique et 14 ans en Arctique.


En règle générale, Ponant propose, entre juillet et septembre, une dizaine de croisières polaires, certaines couvrant l’essentiel du Spitzberg, d'autres en direction de l’Islande des geysers et des glaciers, et d'autres encore autour du Groenland, à la découverte des trésors de la mer de Baffin, ou en parcourant le passage du Nord-Ouest (seul voie navigable entre l’Atlantique et le Pacifique).


Au pôle sud, Ponant se présente comme le numéro un des croisiéristes. Elle offre, entre novembre et février, une dizaine de croisières autour de la péninsule antarctique, la Géorgie du Sud et les îles Malouines. Précisons que l’Arctique est un océan et l’Antarctique, un continent.


Les croisières Ponant sont des expéditions cinq étoiles. Elles se déroulent à bord de ses yachts récents et modernes jaugeant près de 11 000 tonnes, pouvant accueillir 264 passagers servis avec dévouement par 140 membres d’équipage. Les navires de la compagnie Ponant sont notamment équipés d’un double sonar permettant de visualiser en 3D les fonds marins et ainsi approcher au plus près et en toute sécurité les côtes de la banquise. Les officiers disposent en plus d’une mise à jour en temps réel des données d’une station météorologique par satellite permettant d’optimiser les itinéraires de navigation.


Les cabines des yachts Le Boréal, L’Austral, Le Soléal
et Le Lyrial sont parmi les plus belles en mer, à la fois décorées avec goût, lumineuses et parfaitement insonorisées. Et la table atteint régulièrement des sommets d’inventivité, compte tenu du fait que, chose rarissime en mer, les chefs ont carte blanche dans la confection des menus.


AVANT DE PARTIR

UNE CROISIÈRE D'EXPÉDITION IMPLIQUE DIFFÉRENTES EXIGENCES, TANT SUR LE PLAN MÉDICAL QUE LOGISTIQUE 

Qui dit croisière d’expédition, dit régions isolées sans infrastructures médicales sophistiquées. Voilà pour- quoi la compagnie Ponant exige que les passagers désirant découvrir l’Arctique ou l’Antarctique à bord de l’un des ses navires obtiennent de leur médecin un rapport médical attestant de leur bon état de santé, de leur bonne condition physique et de leur capacité à participer aux activités et excursions prévues. Ce document doit être transmis sous le sceau de la confidentialité au médecin de bord au moins 45 jours avant la date de départ.


Les croisières d’expédition sont déconseillées à tous ceux ne pouvant supporter une voyage de longue durée ainsi qu’aux personnes à mobilité réduite, ayant subi une intervention chirurgicale dans les 12 derniers mois, ayant des antécédents cardiaques, suivant des traitements médicamenteux contraignants ou présentant tout autre risque de santé.


Une croisière d’expédition implique certains risques et dangers d’accidents et de maladie, compte tenu de l’isolement, des animaux rencontrés ou des forces de la nature. Car les passagers devront notamment embarquer et débarquer de zodiacs, et marcheront parfois à terre sur des surfaces irrégulières, voire glissantes.


Deuxième obligation : remplir une déclaration d’honneur à l’effet d’être suffisamment autonome au cours de l’expédition afin de ne pas risquer d’en empêcher son déroulement normal ou de mettre en péril la bonne marche de la croisière.


Troisième obligation : la souscription à une assurance médicale, tout particulièrement pour ceux qui voyagent en territoire russe. Car une évacuation sanitaire n’est pas toujours possible, elle peut prendre plusieurs jours, selon les conditions météorologiques, et elle sera très certainement onéreuse.


Dernière obligation, et non la moindre : l’habillement. La compagnie Ponant offre à tous les passagers un parka polaire, pièce de base auquel les passagers doivent absolument ajouter un sur pantalon étanche ainsi que des bottes imperméables, antidérapantes et arrivant minimalement à la mi mollet. A cet égard, la compagnie Ponant envoie aux passagers une liste comportant une vingtaine de suggestions d’items à apporter (gant étanche, crème solaire écran total, baume protection totale pour les lèvres, spray anti moustique pour les croisières au Groenland, bâtons de marche, etc.). À emporter impérativement : des jumelles de bonne portée.

L’effet est saisissant. Des images sont projetées sur une vingtaine de grands panneaux verticaux qui encadrent la scène du World Stage. Voilà assurément la plus originale et la plus spectaculaire salle de spectacle en mer que celle du Koningsdam. La présence de tels panneaux permet de multiplier et d’amplifier les effets visuels des spectacles (danse et chant principalement, et aussi magie et comédie) présentés à trois reprises chaque soir.


Le World Stage est la pièce maîtresse de la zone de divertissement Music Walk qui regroupe plusieurs salles de spectacles à l’avant du 2e pont du Koningsdam. Tous les jours, des récitals de piano sont aussi programmés au Billboard Onboard et des concerts de musique au Lincoln Center Stage.


« Pas moins de 12 spectacles sont présentés tous les soirs dans nos différentes salles », indique le directeur du département divertissement à bord du Koningsdam. Son travail consiste à gérer l’organisation de l’ensemble de l’offre de divertissement qui représente jusqu’à une cinquantaine d’événements de toutes sortes par jour à bord du Koningsdam, comme la présentation de quiz, de bingos, d’activités sportives, éducatives, etc. 


« Un Lucile et un Rock Me Baby, s’il vous plaît. » Cette demande n’a rien d’inusitée au B.B. King’s Blues Club. Il s’agit de deux des cinq cocktails vedettes du Queen’s Lounge, cette magnifique salle de spectacle avec piste de danse centrale répartie sur deux ponts. Là, un groupe inspiré de six musiciens et de deux chanteurs livre la meilleure musique de Motown principalement. Le Lucile se compose de rhum à la noix de coco, de curaçao ainsi que de jus d’orange et d’ananas. Et le Rock Me Baby de rhum blanc, de liqueur de banane et de melon ainsi que de jus d’orange, d’ananas et de canneberge. 


Autre grande nouveauté : le Grand Dutch Café, particulièrement apprécié des officiers du Koningsdam. C’est qu’on y trouve plein de produits hollandais (boissons payantes, aliments sans frais), comme des biscuits, des réglisses, une dizaine de bières, liqueurs et alcool (dont la bière de la marque Hertog Jan, du gin des marques Bols et Coebergh et de la vodka de la marque Ketel One), ainsi que différents plats (comme le Dutch Pea Soup, l’Uitsmijter - sandwich au jambon, deux oeufs miroir et fromage gouda -, ou le Koningsbol - un délicieux beigne fourré à la crème Chantilly et recouvert de chocolat, ma gâterie sucrée préférée entre toutes !


Le décor du Grand Dutch Café est inspiré de la célèbre céramique de Delft. Les serveurs, tous d’origine hollandaise, portent un tablier blanc embelli de tulipes bleues. Les passagers se rassasient soit au bar principal, soit autour de l’un des quatre comptoirs rectangulaires renfermant de petites porcelaines hollandaises sous forme de moulins, de palais, de maisons de campagne et de ces hauts et étroits édifices typiques de l’architecture des Pays-Bas. 


Le Koningsdam propose pas moins de 15 bars et lounges dispersés aux quatre coins du navire. Les événements spéciaux y sont légion, une bonne dizaine par exemple à la première journée de la croisière : café matinal en compagnie du directeur de croisière. Succession de dégustations (quatre sortes de bières, de vins, de cocktails, de martinis ou de whiskys… généralement de 15$ à 25$US par personne par dégustation). Ou encore, le « Tea Time. » 


« Shake, baby, shake ! » Les trois serveurs de l’Ocean Bar encouragent quelques-uns des 18 participants du Mixology Signature Cocktails à secouer le Candy Apple Cosmo, le premier des quatre cocktails à base de vodka annoncés dans le menu de cette dégustation. Durant une heure, ce sera une succession interrompue de blagues, de chants et même de cris de la part de ce trio de serveurs chevronnés qui, à force, ont rodé un spectacle rigolo derrière leur bar.  Autres dégustations dignes de mention au cours de la croisière : Port, Sherry and Chocolate Tasting (trois portos et deux sherry). International Line Festival (cinq vins d’autant de pays). Sommelier Class & Wine Casting (un champagne, deux grands crus blancs et deux rouges).


Le bar Notes comble les amateurs de whisky, avec un choix de 125 marques du monde entier et de cocktails à base de ce spiritueux. Les amateurs de cocktails peuvent aussi choisir parmi la cinquantaine de propositions de la carte générale de boissons - conçue en partenariat avec le mixologiste de renom James Beard (cocktails moléculaires, cafés et chocolats alcoolisés, cocktails sans alcool, smoothies).


Les amateurs de vins ne sont pas en reste avec Blend, un lieu d’apprentissage de l’art savant du mélange des raisins. Les participants ont l’occasion de goûter à cinq vins produits par le Chateau Ste. Michelle - un vignoble de l’état de Washington, dans le nord-ouest des États-Unis -, et à un sixième conçu par les participants eux-mêmes, fruit de leurs propres mélanges de merlot, de cabernet sauvignon et de cabernet franc. Mentionnons que le Chateau Ste. Michelle, fondé en 1934, a été nommé vignoble de l’année à plus d’une vingtaine de reprises par le magazine Wine & Spirits.


Le Koningsdam est le plus grand paquebot qu’a lancé Holland America Line en mai 2016, avec ses 99 500 tonnes et sa capacité de 2 650 passagers qui logent dans les quelque 1 300 cabines à la décoration sobre, aux tons reposants et à l’ambiance feutrée. Le Koningsdam se compose de 12 ponts, dont quelques-uns sont baptisés du nom d’un grand musicien (comme Mozart, Gershwin ou Schubert). C’est qu’un grand nombre d’éléments décoratifs du navire intègre un instrument de musique. Le plus bel objet est certainement ce violoncelle sur lequel se dresse un superbe navire à voiles à l’entrée du Crow’s Nest.


Le Crow’s Nest est le grand lounge panoramique du Koningsdam, aménagé tout à l’avant du 14e pont en de multiples sections : salle intimiste, bar central, longue rangée de fauteuils de relaxation faisant face aux grandes baies vitrées, zone Internet à l’allure très futuriste et Exploration Café.  Parrainé par le New York Times, cette section propose magazines, livres, guides de voyage et puzzle géant, le tout agrémenté d’un comptoir de cafés fins. Rappel du long héritage maritime de Holland America Line (deuxième plus vieille compagnie fondée en 1848) : la présence dans la salle intimiste du Crow’s Nest d’un modèle réduit et de deux tableaux de vieux navires de croisière de la compagnie hollandaise.

 

Les réputés dessinateur Adam D. Tihany et architecte Bjorn Storbraaten ont cherché à créer « une nouvelle façon de combiner la richesse de la tradition avec un design futuriste », peut-on lire dans le document de présentation de Holland America Line à propos du Koningsdam. « La clé de leur création réside dans de grands espaces lumineux et de magnifiques intérieurs inspirés des courbes sinueuses des instruments de musique. » L’autre grande thématique décorative du Koningsdam est consacrée à la danse, d’où la présence d’un grand nombre de tableaux et de photographies de danseurs - classique, de valse, etc. - en pleine action, comme à l’Ocean Bar.


Le 9e pont, appelé Lido, est celui de tous les plaisirs. Grâce à la présence du Green House Spa & Salon qui possède un large catalogue de types de massages, de thérapies corporelles, de traitements faciaux, de manucure, de soins des cheveux… Sans parler des divers programmes d’entraînement au gymnase fort bien équipé. La zone ultime de relaxation est sans contredit la Thermal Suite qui comprend un petit sauna, un grand bain à vapeur avec vue sur mer, différentes douches (dont une horizontale !), des sièges chauffants en céramique et l’Hydropool, un immense bain à remous circulaire avec deux puissants jets d’eau au centre moyennant un droit d’entrée. 


Au centre du pont Lido, une grande piscine rectangulaire - protégée par un toit amovible à panneaux transparents -, est surmontée de trois bains à remous, ceinturée de chaises longues et encadrée de zones intimistes bordant les grandes baies vitrées ou aménagées en mezzanine. On y trouve pêle-mêle fauteuils, sofas, grands lits pour deux et longs canapés en demi-cercle. Le soir, un film est présenté sur l’écran géant qui domine la piscine centrale (avec pop-corn gratuit). D’autres espaces de relaxation sont installés à l’arrière du navire, tout autour de la seconde grande piscine baptisée Sea View Pool et des deux bains à remous donnant sur l’infini de l’horizon. 


Le centre du 10e pont est dédié aux enfants, avec The Loft, une salle de divertissement haute en couleurs et exclusive pour les ados, et le Club HAL avec plein de jouets et de jeux pour les 3-12 ans. Le centre du 11e pont s’adresse aux sportifs avec une piste de jogging ceinturant le toit amovible, un terrain de basketball-volleyball et des jeux de palets.


L’avant du 12e pont est l’endroit idéal pour les passagers avides de tranquillité absolue. Abritant une vingtaine de salles privées, The Retreat est en effet le lieu le plus retiré du navire avec un service hyper attentionné et une panoplie de gâteries (pantoufles, robes de chambre et serviettes de qualité supérieure exclusives, panier de fruits et vin mousseux) moyennant un droit d’entrée.


Dans le cadre de la croisière de 11 nuits que nous avons fait dans les Caraïbes, quelque 80 excursions étaient proposés aux passagers sous trois thématiques (visites, natation et snorkeling, ou aventure). Pour ma part, j’ai privilégié les transferts à la plage, moyennant 35$US ou 40$US par transfert : la plage de Dickenson à Antigua, celle de Harbor Lights à la Barbade et celle de Vg Beach à Sainte-Lucie. Sans oublier la plage à accès gratuit de Half Moon Cay, l’île privée de Holland America Line. 


Gastronomie

Souper dans un restaurant classé l’un des 50 meilleurs au monde, voilà l’extraordinaire possibilité qu’offre Holland America Line à bord du Koningsdam. Une fois par croisière, la compagnie hollandaise programme en effet le menu du Le Librije, un illustre restaurant qui a récolté maints honneurs depuis sa fondation en 1993, dont trois étoiles Michelin et le titre de restaurant de l’année dans l’édition hollandaise du guide Gault-Millau en 2007 et 2008.


Cet événement gastronomique prend place dans le steak house Pinnacle Grill. Le menu est élaboré par le copropriétaire du Le Librije, le chef Jonnie Boer. Ce dernier aime travailler principalement à partir de produits hollandais, arpentant même la campagne hollandaise avec différents outils (dont une perceuse qu’il utilise sur certains arbres!) pour extraire des aliments sauvages du terroir. 


M. Boer présente une carte hors du commun composée de dix étonnantes propositions réparties en cinq services. J’ai opté pour le homard du Maine avec avocado. La bisque de homard avec crabe d’Alaska. Les ris de veau sur lit de betterave rouge, avec raisins, pistaches et pommes. La morue avec mini crevettes de la mer du Nord. Et la tarte aux pommes « déconstruite » (les huit ingrédients étant séparés les uns des autres). Il en coûte 49$US par personne, ou 69$US avec quatre vins en accord avec les plats choisis, pour vivre cette expérience gastronomique inoubliable. Le service, lui, atteint des sommets à la fois d’efficience et de bienveillance.


J’avais hâte d’essayer ce tout nouveau concept en mer : Sel de mer, un bistro qui propose poissons et fruits de mer avec une touche française (prix à la carte). L’un des plats les plus populaires, avec raison, est l’excellente bouillabaisse marseillaise. Ce plat généreux regorge de moules, de palourdes, de crevettes de taille petite et moyenne, de morceaux de sole et de rouget, le tout surmonté d’une pince de homard et accompagné d’une délicieuse rouille. Il y a aussi un poisson du jour (avec six possibilités de sauces), un plat du jour (étonnamment, que des viandes) ainsi que des plats que l’on ne s’attend pas à trouver dans un bistro de fruits de mer (choucroute alsacienne, cassoulet de canard, coq au vin, etc.). La carte des desserts est très courte : tarte tatin, profiteroles, chocolat pot de crème ou crêpe suzette. Le repas se déroule sur fond de chansonnettes à la française. Comptez un minimum de 30$US par personne pour le trio habituel - entrées, plats principal et dessert.


Les activités culinaires sont maintenant légion en mer. Holland America Line a joué un rôle de pionnier en cette matière en lançant, il y a une décennie, le Culinary Arts Center parrainé par le Food & Wine Magazine. Il s’agit d’une sorte de laboratoire de cuisine dans lequel se succèdent présentations et dégustations quasi quotidienne d’aliments les plus variées avec une proposition de vin. Et voilà qu’à bord du Koningsdam, le Culinary Arts Center se transforme le soir venu en un haut lieu de cuisine artisanale faite en direct par un chef portant micro qui n’est pas avare d’explications. Moyennant 20$US par personne, les participants ont le choix entre deux menus, l’un baptisé Basil, l’autre Lavender. Pour 39$US, ils ont droit en plus à un cocktail organique de bienvenue et à un vin à volonté fait avec des raisins organiques. 


En sortant du Culinary Arts Center, il vaut la peine de visionner les vidéos sur les membres du Conseil Culinaire de Holland America Line. Pour l’un, le chef exécutif Rudi Sodamin est associé avec la compagnie hollandaise depuis plus de deux décennies. Il a conçu tant de plats qu’il a publié quatre livres de cuisine. Entre autres distinctions, Rudi Sodamin a été nommé meilleur chef cuisinier en mer par le magazine américain Porthole en 2015. Et il a cuisiné pour les grands de ce monde, comme l’ancien président Bill Clinton. 


Tout au long de la croisière, les passagers ont incidemment l’occasion de découvrir quelques-unes des créations des autres membres du Conseil Culinaire de Holland America Line - le chef new-yorkais David Burke, le chocolatier d’origine française Jacques Torres, la chef native de San Francisco, Elisabeth Falkner et aussi le chef hollandais Jonnie Boer. Leurs créations sont en effet incorporées dans quelques-uns des menus du soir du restaurant principal The Dining Room.


Ah le Tamarind ! C’est mon restaurant préféré, tant par sa carte inventive que par sa décoration toute en nuances. Aménagé à l’arrière du 10e pont du Koningsdam, ce restaurant asiatique fait toute la largeur du navire. Déjà, dans l’escalier allant du 9e au 10e pont, l’ambiance change et s’adoucit grâce aux murs tapissés d’un beau tissu aux couleurs tendres et aux motifs fleuris sur lequel trône une grand tableau illustrant l’arrière d’un superbe kimono. À l’entrée du restaurant, deux dragons en bronze accueillent les passagers qui, après quelque pas, font face à un superbe kimono transparent de couleur doré. 


À une extrémité du Tamarind se dresse le bar à sashimis et sushis, dont des créations exclusives du chef japonais Andy Matsuda de l’école Sushi Chef Institute de Los Angeles. Comme le Dragon Roll (crevettes tempura, sauce unagi, asperges et avocat) et le Nigiri Tuna Zuke (thon à saveur de yuzu et sauce guacamole) que j’ai essayé lors de ma première soirée au Tamarind (prix à la carte, quand on ne prend que des items au bar à sashimis et sushis). 


À l’autre extrémité du Tamarind trône le bar à boissons devant lequel on a placé quelques tables et aménagé deux charmantes salles intimistes qui invitent à la confidence, voire à la romance. Là, la carte est totalement singulière avec une quinzaine de cocktails, sakés et - première fois que je voyais ce terme -, sakétinis. J’ai adoré l’étonnant Saké Cruz (fait de Momokawa Pearl Sake, de rhum à la vanille Cruzan, de jus d’ananas et de canneberge, et d’une touche de citron). 


L’essentiel du menu se découvre dans la zone centrale du Tamarind. J’ai eu vraiment de la difficulté à choisir mes quatre plats car la carte est très étoffée, avec une trentaine de plats inspirés d’Asie du Sud-est (Viêt nam, Thaïlande, Taïwan, Indonésie, Corée du sud) ainsi que de Chine et du Japon. Pour faciliter la prise de décision, la section des plats principaux se décline en quatre thèmes : l’eau (poissons), le bois (viandes), le feu (épicés) et la terre (végétariens). Le dilemme revient avec les six propositions de desserts. Difficile, par exemple, de ne pas hésiter entre le Mango Cloud (un soufflé avec sorbet à la mangue) et le trio de sorbets (saveurs basilic thaï, lychee et yuzu). Le droit d’entrée est de 25$US par personne.


Le Koningsdam renferme deux autres restaurants spécialisés que l’on trouve aussi à bord de tous les autres navires de Holland America Line : Pinnacle Gril (l’un des meilleurs steak house en mer, avec droit d’entrée de 10$US par personne le midi et de 35$US le soir) et le restaurant italien Canaletto, avec droit d’entrée de 15$US par personne.  


The Dining Room s’impose dès le premier coup d’oeil comme l’un des plus élégants restaurants principaux en mer. La dizaine d’arches qui s’étirent au travers les deux ponts du restaurant sont du plus bel effet. D’ordinaire, je prends mon petit déjeuner au restaurant buffet. Cette croisière-ci, j’ai fréquenté pratiquement tous les matins The Dining Room afin d’apprécier ce décor encore plus fabuleux à la lumière matinale. J’ai alterné entre les oeufs Bénédicte aux crabes et asperges, le petit déjeuner britannique (deux oeufs accompagnés d’une grosse saucisse de porc et de champignons) et le petit déjeuner asiatique (soupe miso, riz blanc, omelette à la japonaise et saumon grillé). Je n’ai pas pu, chaque matin, résister aux gaufres belges (avec crème fouettée et fraises), au pain perdu (spécialement celui avec cannelle et sirop d’érable chaud) ou aux crêpes (spécialement la suédoise avec compote de fruits rouges). 


Lors de la soirée du commandant, le classique surf & turf est proposé au restaurant principal comme c’est toujours la coutume avec nombre de compagnies de croisière. Mais, ce qui est très rare, l’homard est aussi proposé à l’unité au restaurant buffet. Et il est intégré au menu Lavender du Culinary Arts Center. Par ailleurs, d’ordinaire, le midi (quand le navire est en mer) et le soir, la carte du Dining Room se compose de sept entrées et autant de plats principaux et de desserts d’une étonnante qualité, compte tenu du très grand nombre de plats servis tous les jours. 


Pour démarrer la journée, d’autres préfèrent déguster un bagel au New York Pizza & Deli, avaler une danoise au Grand Café Dutch ou encore, garnir leurs assiettes d’items pigés dans les différents comptoirs du restaurant buffet Lido Market. 


C’est là que je prends l’essentiel de mes repas le midi, selon un rituel fort précis : je vais directement au comptoir asiatique (qui propose, à mon humble avis, la meilleure bouffe asiatique en mer) et je commande les deux plats principaux (souvent boeuf et poulet), l’un accompagné de riz, l’autre de nouilles. Il m’arrive de fréquenter aussi les comptoirs à salades, à sandwichs, à pâtes, à viandes, à desserts ou à crème glacée. En règle générale, j’y commande une pointe de tarte (Holland America Line est l’une des rares compagnies de croisière à proposer des tartes, fort bonnes au demeurant). Encore qu’à bord du Koningsdam, j’ai aimé cette nouveauté : un « gelato popsicle » à la fois si bon et rafraîchissant, au comptoir G Gelato.

Le plus souvent, quantité et qualité sont des notions aux antipodes. Ce n’est pas le cas avec Crystal Cruises, qui marie à merveille abondance et saveurs comme peu de compagnies de croisière savent le faire.


L’abondance se manifeste dès le petit déjeuner au restaurant buffet Lido Café aménagé à l’arrière du 12e pont du Crystal Serenity, l’un des deux navires de Crystal Cruises. En se promenant d’un comptoir à l’autre, on découvre trois sortes de soupes (incluant une miso et un congee au poulet), six sortes de yogourt, neuf sortes de céréales (sans compter le muesli et le gruau), 12 sortes de fruits, une quinzaine de sortes de pains et une vingtaine de viennoiseries (incluant deux strudel, quatre muffins et quatre beignes dont un fabuleux berliner aux abricots). Sans parler des gaufres, du pain doré (avec véritable sirop d’érable), des confitures de la marque autrichienne d’Arbo, du saumon fumé, des jus de carotte, pamplemousse ou orange frais pressé. Sans oublier les mets habituels (omelettes, saucisses, bacon, etc). 


L’abondance se poursuit tout à côté au Trident Grill, une zone protégée par un toit amovible dans laquelle se trouvent un comptoir Ben & Jerry (avec onze saveurs de crème glacée, sorbet et yogourt glacé, six sortes de sauces et neuf types de garnitures) et le grill proprement dit (avec 17 mets, dont un savoureux burger au saumon grillé, et un choix de six condiments, dont du sauerkraut).


C’est là, le soir venu, que prend place le restaurant Tastes, dont la carte, étonnante, élaborée selon la thématique Global Inspired Cuisine, est composée d’une quinzaine de plats provenant des quatre coins du monde : hamachi péruvien, tacos californiens, crabe de Nouvelle-Angleterre, salade grecque de pieuvres, poisson à l’antillaise, tarte alsacienne... Et, le meilleur plat de ce restaurant, de l’avis de nombre de membre d’équipage et du nôtre, le steak mexicain Chimichurri avec haricots noirs.


Crystal Cruises exploite deux des plus grands navires de croisière classés six étoiles de toute l’industrie : le Crystal Symphony jaugeant 51 000 tonnes et le Crystal Serenity jaugeant 69 000 tonnes. Précisons que seule une quinzaine de navires de croisière obtiennent cette cote de six étoiles, la plus élevée dans l’industrie des croisières. Crystal Cruises se plaît à comparer ses prestations à bord de ses deux navires à celles que l’on trouve dans les plus grands hôtels de ce monde. C’est ainsi, par exemple, que, d’entrée de jeu, le personnel en salle se remémore prestement noms et préférences des passagers. Mentionnons que Crystal Cruises a obtenu davantage de prix d’excellence que n’importe quelle autre compagnie de croisière ou chaîne hôtelière !


Des convives se dirigent vers le Vintage Room, un restaurant sis dans une salle intimiste dont le menu, élaboré pour un maximum de 12 privilégiés, s’articule autour des vins plutôt que des aliments. Le sommelier du Crystal Serenity peut puiser dans l’une des caves à vin les plus garnies en mer. Celle-ci recèle en effet pas moins de 25 000 bouteilles regroupées en une sélection haut de gamme de 150 vins du monde entier, dont une vingtaine de crus extrêmement rares. Moyennant 210$US par passager défilent trois heures durant sept vins prestigieux (un champagne, deux blancs, trois rouges et un vin de dessert), quatre plats gastronomiques, une sélection de fromages artisanaux ainsi qu’un dessert chocolaté.


Les autres passagers ne sont pas en reste, avec l’extraordinaire restaurant Prego dont la douzaine de plats principaux re-visitent les grands classiques de la cuisine italienne. Souvenirs mémorables: le potage aux champignons italiens et l’osso buco.


Le restaurant asiatique Silk Road est tout aussi incontournable, avec deux menus conçus par l’un des plus renommés chefs nippons, Nobu Matsuhisa. Le premier comporte une trentaine de sushis et de sashimis d’une étonnante fraîcheur, le second une vingtaine d’entrées et de plats principaux de différents pays du sud-est asiatique. Nous avons tout particulièrement apprécié le rouleau au homard, le homard avec sauce au truffe-yuzu et le Nobu Box contenant trois plats (poisson, crevettes et bœuf). Nous avons conclu ce moment de grâce par un trio de crème brûlée (saveur de gingembre, de fruit de la passion et de mangue). L’ambiance de ces deux restaurants spécialisés, regroupés à l’arrière du 7e pont du Crystal Serenity, est feutrée et romantique à souhait.


Les plats servis à bord du Crystal Serenity allient recettes originales, cuisson parfaite, saveurs délicieuses, présentations attrayantes et service impeccable. C’est vrai autant dans les restaurants spécialisés que dans le restaurant buffet Lido Café (qui propose le midi une dizaine de plats principaux et autant de sortes de desserts) que dans le restaurant principal, le Crystal Dining Room selon la formule open seating le midi et deux services le soir, avec table désignée en début de croisière. Cela dit, il y a beaucoup de tables pour deux.


Tous les soirs, la carte du restaurant principal regorge d’une dizaine de nouvelles créations culinaires regroupées en deux catégories : d’abord, la cuisine classique qui propose des plats ayant établi au fil des ans la réputation gastronomique de Crystal Cruises, préparés à partir des techniques de cuisson les plus abouties en Occident. Ensuite, la cuisine dite moderne élaborée selon les techniques de cuisson et les équipements les plus sophistiqués utilisés à travers le monde. Comme par, exemple, des pacojets transformant des ingrédients en mousse ultralégère, des mélangeurs à haute émulsion ou des pistolets à pression permettant à la fois de rehausser la texture et les saveurs des aliments, et de raffiner la présentation visuelle des plats.


Voici quelques exemples au gré des différents repas que nous eu le bonheur de découvrir dans le splendide restaurant principal du Crystal Serenity : trio d’huîtres, caviar d’esturgeon blanc sur compote de pommes de terre, et escalopes de veau avec pâtes d’ange, pommes caramélisées et sauce au calvados... Le tout accompagné d’un vin blanc, rouge et de dessert de qualité, différents tous les soirs, le plus souvent d’origine californienne, italienne, française ou autrichienne.


L’abondance est aussi au rendez-vous du côté des huit bars du Crystal Serenity, avec pas moins de quelque 130 propositions d’alcool (toutes incluses dans le prix de la croisière). Notons les 29 sortes de liqueurs, 24 cocktails, 22 whisky, 13 martinis, 12 vodkas, 11 rhums, huit grappas et eaux de vie, etc. À essayer impérativement : l’aquavit, un liqueur norvégienne à 42% d’alcool.


L’abondance est finalement présente dans le programme d’activités quotidiennes : classes Pilates, de yoga ou de tai chi, conférences livrées par des orateurs réputés dans leur sphère d’activité respective (comme un ancien astronaute, des diplomates ou un ancien directeur de la NSA et de la CIA), cliniques de golf TaylorMade, programmes Odyssey Art at Sea, Computer University@Sea, USC Digital Filmmaking Course, etc.


Terminons cette visite guidée du Crystal Serenity en prenant comme point de départ le Crystal Plaza, bel atrium - rendu lumineux par la présence d’une immense verrière circulaire -, qui s‘étire au centre des 5e et 6e ponts et qui est bordé de boutiques de luxe, d’un bistro et d’un bar avec, en toile de fond sonore, le bruit continu d’une vraie cascade d’eau.


Déplaçons-nous ensuite au Palm Court, vaste lounge panoramique situé à l’avant du 12e pont du navire, là où les amateurs de thés et de danse sociale se retrouvent religieusement tous les jours. Plus tard, en soirée, rendez-vous, six ponts plus bas, au Galaxy Lounge pour assister aux dernières créations de la troupe de danseurs et de chanteurs du navire dans une ambiance de cabaret rendue par cette multitude de petites lampes posées sur les tables.


Allons maintenant dans la direction opposée, vers la librairie (7e pont) qui renferme plus de 2 000 DVD et CD (que l’on peut écouter dans sa cabine), et plus de 1 000 ouvrages ou, un pont plus bas, vers le Hollywood Theatre pour une séance de cinéma avec pop-corn. Dirigeons-nous finalement tout à l’arrière du 6e pont du navire, là où sont regroupés trois superbes espaces publics : Le Connoisseur Club qui, dès la porte franchie, nous donne l’impression de pénétrer dans le salon d’une vieille demeure britannique, une ambiance parfaite pour savourer cigares et spiritueux haut de gamme. L’Avenue Saloon, un magnifique bar à l’éclairage tamisé, aux canapés somptueux et douillets canapés en cuir et en velours. Et le Pulse Disco, une discothèque où se déroule un captivant spectacle de magie, Magic Castle at Sea, et dont l’intense jeu d’éclairages épousant le rythme de la musique invitent à la danse. On joint ainsi l’utile à l’agréable en combinant plaisir et exercice, histoire de conserver, malgré toute cette abondance, son poids à un niveau raisonnable...


Et on ne se prive pas de se promener à vive allure sur le très large pont promenade qui, élément de plus en plus rare de nos jours, fait complètement le tour du navire.


Lancé en 2003 et rénové en 2013, le Crystal Serenity accueille pas plus de 1 070 passagers (soit la moitié moins que sur la plupart des navires de tonnage similaire) admirablement servis par 655 membres d’équipage. Réparti sur 13 ponts, le Crystal Serenity abrite quelque 530 cabines, dont une centaine de penthouses situées aux
10e et 11e ponts. La décoration, sobre et raffinée, s’inspire nettement des origines nippones de la compagnie et donne le sentiment de pénétrer dans une demeure à l’ambiance zen. Les murs blancs sont rehaussés de boiseries décoratives, le mobilier offrant un maximum de rangement est fait de bois gris foncé, les rideaux et le large canapé se déclinent en gris pâle, la couverture et les coussins gris métallique participent à cette atmosphère de douce harmonie.


Chaque occupant des suites du pont Penthouse peut commander à son arrivée un litre de leur alcool préféré (vodka, gin, rhum scotch ou whisky). Plus une bouteille de vin blanc ou rouge californien, ou alors de champagne (de marque Billecart-Salmon). Trois personnes s’occupent du bien-être des occupants, dont un majordome à l’affût des moindres demandes. Il pense à tout, des réservations dans les restaurants spécialisés au renouvellement du plateau de fruits ou à la livraison quotidienne de canapés et de hors d’œuvres (choix d’une dizaine tous les après-midi, allant de carrés de pizza végétarienne, d’une sélection de fromages fins, de crevettes et queue de homard froids, etc.).


L’attraction vedette à bord du Disney Fantasy est incontestablement l’AquaDuck. Cette spectaculaire glissade d’eau - qui fait la joie des 4 000 passagers, petits et grands, du Disney Fantasy -, s’étire sur une longueur de  quelque 230 mètres et sur l’équivalent de quatre ponts. Elle se compose d’une série de tubes, dont une bonne partie sont translucides, quelques-uns qui débordent du navire à quelque 30 mètres au-dessus du niveau de la mer et quelques autres qui sont en pente ascendante. En un peu plus d’une minute, assis sur un pneumatique pouvant recevoir deux personnes, les participants font ainsi le tour des deux piscines centrales du Disney Fantasy, non sans avoir passé à l’intérieur d’une des deux immenses cheminées rouges du navire. Le tout à une vitesse pas trop excessive, histoire de ne pas effrayer les enfants. 


Les plus petits, eux, s’amusent sur la petite glissade d’eau en tire-bouchon soutenue par une main géante qui jouxte la barboteuse Mickey’s Pool, ainsi nommée parce que s’y trouve la tête géante de Mickey. Une autre grande attraction sur le pont supérieur, un soir par croisière quand le temps le permet : le feu d’artifices, lancé à partir des deux cheminées avant du Disney Fantasy.


Sur le pont supérieur, les enfants peuvent aussi se rafraîchir à l’AquaLab, un terrain de jeu aquatique de 165 mètres carrés regorgeant de dizaines de jets d’eau et de geysers. Les plus petits, eux, s’amusent ferme au Nemo’s Reef, un autre terrain de jeu aquatique, inspiré celui-là du film Trouver Nemo. 


La touche magique, qui a fait la renommée mondiale de Disney, opère dès les premiers instants que l’on pénètre à bord du Disney Fantasy dont les lignes extérieures rappellent les grands liners de la Belle Époque. Les premiers pas des passagers se font en effet dans l’un des plus beaux atriums en mer, de forme rectangulaire qui s’étale sur trois points. C’est un endroit vraiment impressionnant, même pour les adultes, avec cet immense chandelier multicolore en cristal de sept mètres de diamètre et de quatre mètres de hauteur ainsi qu’avec ce tapis reproduisant le plumage d’un paon avec profusion de jaune, de bleu et de doré. Sans oublier les rampes en métal forgé et la multitude de panneaux muraux rehaussés des visages espiègles des plus célèbres personnages de Disney. 


L’atrium d’inspiration Art Nouveau représente l’endroit par excellence pour faire les plus belles rencontres à bord du Disney Fantasy. Soir après soir, selon un horaire pré-établi, les enfants peuvent en effet se faire câliner et prendre en photo, et parfois même danser en compagnie de leur mascotte favorite. Jusqu’à 15 mascottes géantes, dont le capitaine Mickey, Pluto et la princesse Tiana, y font leur apparition en une soirée sous les yeux émerveillés des petits et attendris de leurs parents.

 

Disney Cruise Line est une compagnie atypique qui offre des prestations incomparables à bord de sa flotte de quatre navires : deux 83 000 tonnes à l’architecture identique, mais à la décoration différente: le Disney Magic et le Disney Wonder lancés respectivement en 1998 et 1999. Et deux 128 000 tonnes, le Disney Dream et Disney Fantasy lancés respectivement en 2011 et 2012.


Toute la famille est conviée à faire partie de la Midship Detective Agency. Il s’agit ici de résoudre des mystères à l’aide d’indices qui sont dispersés sur dix des ponts du navire. Plus précisément, ces indices se trouvent dans des tableaux muraux que seuls les détectives en herbe munis d’un badge spécial peuvent faire s’animer. 


D’autres endroits populaires auprès des familles : le Goofy’s Sports Deck (avec notamment un parcours de mini-golf de neuf trous et un terrain de volley-ball), le D-Lounge (un lounge familial avec animations et jeux conçus pour tous), le Buena Vista Theatre (une salle de cinéma de 399 places, avec technologie 3d) et le Walt Disney Theatre (une salle de spectacle de 1 340 places présentant plusieurs productions de grande qualité visuelle à chaque croisière). Sans oublier des spectacles qui se donnent sur le pont extérieur supérieur du Disney Fantasy, de jour comme de soir.


Après tant d’activités, il fait bon de retrouver le confort de sa cabine. La plupart communiquent entre elles, elles sont spacieuses et bien adaptées aux besoins d’une famille. Elles comportent un grand lit ou deux lits jumeaux ainsi que deux lits simples superposés (l’un sortant du plafond, l’autre camouflé dans le canapé). Le coin salon peut être séparé de la chambre par un rideau qui se déploie sur toute la largeur de la cabine. La toilette et la salle de bain (avec douche et bain) sont aménagées dans deux pièces différentes. 


Autre exemple de l’ingéniosité technologique de Disney : les cabines intérieures sont équipées de hublots virtuels qui affichent des paysages extérieurs alimentés, en direct, par un système de caméras haute définition. et, subitement, des personnages de Disney, comme l’éléphant Dumbo, viennent y faire leur tour ! 


L’un des trois restaurants principaux du Disney Fantasy se présente comme un trésor enfoui au plus profond du navire : l’Enchanted Garden, un magnifique restaurant situé au centre du deuxième pont. La décoration s’inspire du jardin de Versailles et l’éclairage se transforme le soir venu avec l’apparition d’une constellation d’étoiles scintillantes. 


Pour les repas du soir, Disney Cruise Line a mis en place un système unique de rotation : les passagers changent de restaurant tous les soirs, trois soirs durant, mais retrouvent les mêmes serveurs d’un endroit à l’autre : Enchanted Garden, Royal Court (avec un décor inspiré de divers films de Disney, dont Cendrillon) et Animator’s Palate. Ce restaurant reproduit l’ambiance des studios d’animation Disney, avec des palettes géantes de peintres au plafond, des colonnes en forme de crayons et de pinceaux et des murs ornés de croquis qui s’animent littéralement par l’entremise d’une trentaine d’écrans géants. 


Chaque restaurant, d’une capacité de 696 personnes, propose une dizaine de plats principaux, dont environ la moitié que l’on trouve dans les trois. on joue la carte des valeurs sûres plaisant au plus grand nombre (carré d’agneau, linguini au poulet à la sauce Alfredo, homard grillé, saumon royal, entrecôte de bœuf, etc.). Le service empressé est assuré par une équipe de serveurs souriants qui, entre deux plats, consacrent du temps à amuser les enfants avec d’étonnants tours de magie. Ajoutons le restaurant buffet Cabanas et Flo’s Café, la zone de restauration rapide au pont supérieur. Là, dans un décor inspiré du film Cars se trouvent des comptoirs de pizzas et de paninis ainsi qu’un grill. 


Peu importe leur âge, les enfants ont leurs coins à eux, regroupés au 5e pont du Disney Fantasy. Oceaneer Club et Oceaneer Lab sont les deux immenses royaumes festifs pour les trois à dix ans. Jeux vidéos interactifs, dialogue en temps réel avec la tortue de mer Crush, création et animation de personnages, simulation de pilotage du navire, placards remplis de robes de princesse, salle de bricolage, laboratoire scientifique, pièces thématiques (Monster’s Academy, Pixie Holow, Explorer Pod avec la reproduction du sous-marin Nemo renfermant des consoles de jeux), deux Magic PlayFloor (des planchers interactifs de danse composés chacun de 28 moniteurs intégrés)... en somme, il y a là de quoi les occuper des jours entiers. 


Les pré-ados (11-13ans) et les ados (14-17ans), eux, se donnent rendez-vous respectivement au Edge et au Vibe. Le premier est aménagé directement dans la cheminée avant du navire, le second tout à l’avant du 5e pont. L’entrée du Vibe est résolument futuriste par la forme ondulée des murs et de l’éclairage qui ne cesse de changer de couleurs. Bar à jus et boissons gazeuses, salle de jeux vidéo, canapés encastrés dans le mur, écran télé de 103 pouces, piste de danse... autant de promesses de divertissement pour ces futurs passagers adultes. 



Disney Cruise Line est LA référence en matière de croisières à caractère familial. Mais ce qui est moins connu, c’est que les adultes peuvent aussi être comblés puisque certains endroits leur sont exclusivement réservés. Comme la zone de divertissement Europa. Située à l’arrière du 4e pont, elle comporte cinq bars et lounges à la carte, à l’ambiance et à la décoration différentes. L’endroit le plus original et novateur est sans nul doute le Skyline, un lounge dont le mur principal est constitué de neuf « fenêtres sur le monde », soit des panneaux lumineux rectangulaires de 65 pouces de hauteur, chacun reproduisant environ toutes les dix minutes le panorama de grandes villes du Vieux Continent. Chaque changement de vidéo s’accompagne d’une nouvelle bande musicale issue du pays concerné. La carte propose deux cocktails par cité, s’inspirant de la consommation locale, à base de sangria dans la section Barcelone, par exemple, ou d’ouzo dans la section Athènes. détail qui a son importance, compte tenu de la faible luminosité ambiante au Skyline : la carte de cocktails s’illumine quand on l’ouvre. 


Tout autre décor au O’Gill’s, un pub irlandais tout ce qu’il y a de plus traditionnel où la Guiness et le whisky sont à l’honneur. À La Piazza, on découvre vins italiens, campari et grappa autour d’un bar circulaire conçu comme un carrousel vintage et décoré de masques vénitiens. 


Et voilà le Ooh La La, qui provoque de fait des exclamations bien senties quand on pénètre dans ce boudoir à la française pour déguster champagne, notamment de la marque Tattinger, et vins de l’Hexagone. Tout ici respire le faste, avec un mobilier victorien fort hétéroclite, des miroirs ornementaux, des tentures en velours et un bar au miroir reproduisant des dizaines de bulles. 


La soirée se termine invariablement à The Tube, une discothèque qui reproduit l’intérieur du métro londonien et dans lequel on danse au son des tubes de la musique britannique. Là, un spécialiste en boisson moléculaire a créé six cocktails spéciaux dont le 1863 (année d’ouverture du métro) comprenant vodka à la vanille et thé impérial britannique. Au total, c’est pas moins de 135 marques de bières, de vins, de liqueurs et de cocktails que l’on peut découvrir dans la zone Europa tout en écoutant les classiques musicaux de l’Irlande, de l’Italie, de la Grande-Bretagne ou de la France. 


Aménagée à l’avant des trois ponts les plus élevés, Quiet Cove est la principale zone de détente extérieure pour adultes à bord du Disney Fantasy. Ce havre de tranquillité tout en rondeur renferme au 11e pont un café intimiste avec hublots géants et une piscine multi niveaux avec bar intégré les pieds dans l’eau. il y a aussi deux bains tourbillons dont une partie du plan- cher transparent donne sur les chaloupes six ponts plus bas ! Au 12e et 14e pont se trouvent une piscine et une mer de transats pour relaxer sous le soleil ou à l’ombre. 


Le soir venu, les adultes peuvent déguster des plats de qualité au restaurant italien de 128 places, Palo. Et une cuisine gastronomique au restaurant français de 68 places, Remy. La carte brille par son originalité, avec des créations du chef français deux étoiles Michelin, Arnaud Lallement, et du chef Scott Hunnel travaillant au Walt Disney World Resort. 


Une dernière particularité de Disney Cruise Line : il n’y a pas de casino à bord de ses navires.


Le poisson est à l’honneur à bord du m/s Paul Gauguin. Ainsi, plus de 800 livres de différents poissons sont habituellement servis au cours d’une croisière de 10 nuits comparativement à 780 livres de viande et 300 livres de volailles. 


Autres produits locaux qui emplissent les cales du m/s Paul Gauguin : les ananas délicieusement sucrées de Moorea, les bananes, mangues et melons d’eau de Bora Bora ou encore, la réputée vanille de Tahaa qui se marie à merveille avec toutes les viandes blanches, tant le poisson, le porc que la volaille. Sans parler de tous ces produits que déniche le chef lors des escales.


Il y a peu de lieux au monde qui font autant rêver que la Polynésie française. Et qui véhiculent autant d’images fortes, à commencer par les légendaires vahinés, les lagons verts, les perles noires... 


La Polynésie française est un paradis lointain. Et  vaste, puisque ses cinq archipels qui surgissent au beau milieu de l’océan Pacifique, entre le Chili et la Nouvelle-Zélande, s’étalent sur un territoire équivalent à la totalité de l’Europe. La meilleure période pour s’y rendre est de juin à septembre, sinon la chaleur peut être accablante. Précisons que la saison des pluies va de décembre à mars. 


Paul Gauguin Cruises s’est imposée comme le grand spécialiste de la croisière dans le Pacifique.  Le m/s Paul Gauguin fait à l’année longue le tour des principales îles polynésiennes et se rend parfois aussi loin que dans les îles Fidji. Se déroulant dans des décors naturels parmi les plus beaux du monde, la croisière la plus courante dure sept nuits.  Le m/s Paul Gauguin part de son port d’attache, Papeete, la capitale de Tahiti, vogue sur les eaux cristallines de l’archipel le plus fréquenté, celui de la Société, et fait escale dans ces îles devenues mythiques que sont Raiatea, Tahaa, Bora Bora et Moorea. 


Paul Gauguin Cruises propose une formule pratiquement tout inclus (sauf le spa et les excursions) : les pourboires, une vaste sélection de vins et de spiritueux, tous les breuvages, l’accès aux sports aquatiques (kayak, planche à voile, snorkeling) pratiqués à partir de la marina rétractable située à l’arrière du m/s Paul Gauguin. Toutes prestations qui sont habituellement payantes à bord des navires, et fort onéreuses en terre polynésienne française, ce qui rend la formule de croisière encore plus intéressante dans ce coin du monde. Les passagers ont aussi accès à une plage privée à Bora Bora et carrément à un îlot privé baptisé motu Mahana près de l’île de Tahaa.


Paul Gauguin Cruises possède un seul navire dont elle est propriétaire depuis 2004 et qu’elle exploite elle-même depuis le début de 2010 en remplacement de Regent Seven Seas Cruises. Les deux compagnies fraient dans les mêmes eaux, c’est-à-dire dans le grand luxe et le service hyper personnalisé. Le m/s Paul Gauguin a ainsi déjà été élu dans le Top 3 des plus luxueux petits navires de croisière par les lecteurs de la revue américaine Condé Nast Traveler. 


Le m/s Paul Gauguin a été lancé en 1998 et il a fait l’objet de rénovations majeures en 2012. Les cabines sont particulièrement invitantes avec leurs chaudes boiseries. L’ambiance générale est décontractée, le personnel en salle et en cabine est sincèrement chaleureux, mais malheureusement unilingue anglophone, car originaire des Philippines. Les propriétaires du navire ont clairement le souci de faire découvrir le mode de vie polynésien. Les couloirs sont ainsi tapissés de photos noir et blanc illustrant la Polynésie d’autrefois. Un coin présente des objets hétéroclites allant d’hameçons géants en bois à des pièces de collection. Les différents espaces publics sont rehaussés d’œuvres d’art, surtout des toiles et des sculptures d’artistes locaux réputés. L’habituelle boutique d’alcool est ici remplacée par un commerce spécialisé dans les perles et les bijoux dérivés. 


Jaugeant 19 200 tonnes, le m/s Paul Gauguin accueille à peine 332 passagers, chouchoutés par pas moins de 217 membres d’équipage, un ratio parmi les plus élevés de l’industrie des croisières. Une dizaine d’hôtesses surnommées les Gauguines, souriantes, rieuses et espiègles, comme le sont la quasi totalité des Polynésiens au demeurant, proposent tous les jours des activités mettant en vedette un art polynésien, que ce soit la teinture de paréos ou des leçons de ukulélé. Le clou de toute cette effervescence culturelle est la présentation, le dernier soir de la croisière, d’un spectacle mettant en vedette la meilleure troupe de danse de la Polynésie française qui a raflé de surcroît maints honneurs à l’étranger. 


Le m/s Paul Gauguin abrite trois restaurants, dont le restaurant principal L’Étoile d’une capacité de 204 personnes, situé au 5e pont, qui fonctionne selon la formule open seating. La carte change tous les soirs (cinq nouveaux plats principaux, notamment) et comporte un menu minceur, un menu sans sel et un menu végétarien. L’Étoile est aménagé sous la forme d’un L : à l’entrée, une longue section rectangulaire de tables pour deux aux murs bruns ou orangés, principalement décorés de photographies anciennes polynésiennes. Puis, la section principale bordée d’un mur dans lequel sont encastrées des poteries de différentes tailles et couleurs. 


Le haut lieu gastronomique du m/s Paul Gauguin est La Véranda. Situé au 6e pont, ce restaurant de type buffet le matin et le midi (d’une capacité de 134 personnes à l’intérieur et de 40 personnes à la véranda), se transforme, le soir venu, en une incroyable zone de découvertes culinaires réservée à 75 convives seulement afin d’offrir une qualité maximale, tant sur le plan du service que des plats. Ici, le maître d’hôtel doit, jour après jour, rivaliser de trésors de diplomatie en jonglant avec le nombre de demandes de réservations nettement supérieur au nombre de places disponibles. 


Car le mot se donne rapidement parmi les passagers gourmets. Le menu dégustation en cinq services, dont trois entrées, est de très haut vol. Conçu spécifiquement pour le m/s Paul Gauguin sur la base d’une utilisation maximale des produits locaux par le chef français Jean-Pierre Vigato, propriétaire du restaurant parisien Apicius classé deux étoiles Michelin, le menu de dégustation change une fois en cours de croisières de sept, dix ou onze nuits, et deux fois lors des croisières de 14 nuits. Ajoutons la dizaine d’entrées et de plats principaux conçus par le chef du navire, il y a une telle abondance de propositions culinaires que l’on doit passer au moins quatre soirées à La Véranda pour pouvoir faire le tour de l’ensemble des deux cartes. 


Le matin, le buffet du restaurant La Véranda comporte un choix d’une dizaine de confitures locales, aux saveurs incongrues sous nos latitudes : tiare de Tahiti (la fleur emblème), citron vert, ananas-banane, ananas- pamplemousse, anana-coco, etc. En revanche, pas de poisson cru le matin, comme en sont friands les Polynésiens. Le midi, un buffet salade, des pâtes, trois plats principaux et une dizaine de desserts y sont offerts dans le cadre de buffets thématiques (français, italien, grec, curry du monde, zone pacifique, tahitien, etc.). 


Enfin, pour le petit creux de l’après-midi, il y a le Ti No Avatea, le thé servi au restaurant Le Grill avec sandwichs et une gâterie différente chaque jour (banane, ananas ou abricot flambé, fruits enrobés de chocolat, crêpes suzettes, etc.). Jamais n’ai-je pu y aller, faute d’appétit, contrairement à une vingtaine de passagers fidèles à ce rendez-vous gourmet de fin de journée. 


La clientèle est majoritairement américaine, le reste des passagers provenant surtout de la France et parfois aussi du Québec. Précisons que près de 20 000 des quelques 200 000 passagers qu’a accueilli le m/s Paul Gauguin étaient des couples en lune de miel.


« Sur les âpres terres ligures, les senteurs de thym, de romarin et de basilic se mêlent à l’odeur des pins parasol et à l’écume des vagues. Une terre où la table embaume du fumet de plats en sauce, d’ail et d’oignon revenus dans des poêles incandescentes dont les arômes font venir l’eau à la bouche. »


Cet extrait provient du texte de présentation de la Ligurie, région du Nord de l’Italie, contenu dans le menu de soirée du premier jour de la croisière. Chaque jour, midi et soir (sauf pour le repas du grand chef de Costa Cruises et pour le repas de gala du capitaine), une vingtaine de plats d’une région différente de l’Italie sont préparés et servis dans les trois restaurants principaux du navire : le Fiorentino s’étalant sur deux ponts à l’arrière des 3e et 4e ponts et L’Adularia au centre du 3e pont avec service à heure fixe. Et le Corona Blu à l’arrière du 10e pont sans heure fixe entre 19h00 et 21h45. Le choix du restaurant principal est attribué au moment de la réservation. On peut en changer sur demande en début de croisière, mais habituellement pas par la suite. 


« À la fin de 2015, Costa Cruises a pris une nouvelle orientation gastronomique basée sur le mouvement italien slow food », relate le directeur des relations avec les passagers du Costa Diadema. « Les menus des restaurants principaux mettent désormais en valeur des plats italiens typiques faits à partir de produits régionaux authentiques dans l’optique d’offrir le meilleur de l’Italie. Nous croyons que c’est la responsabilité sociale de Costa Cruises d’encourager les producteurs régionaux dans le cadre de la mondialisation. Bien entendu, nous continuons à offrir une cuisine internationale dans les autres restaurants. » 


Au total, Costa Cruises a élaboré un impressionnant catalogue culinaire de 520 recettes provenant de 18 régions de l’Italie. De plus, la compagnie italienne a mis en place une politique, baptisée « Taste Won’t Waste », visant à réduire le gaspillage lors de la préparation des plats, à inciter les passagers à faire de même dans leur consommation, à encourager l’agriculture durable et à soutenir l’organisation The Slow Food Fondation for Biodiversity’s Network of Gardens of Africa.


Le soir venu, le menu « L’Italia in Tavola, Cucina Tradizionale » (en fait, il y en a au moins cinq en différentes langues, dont un en français) comporte généralement un choix de trois entrées, de trois premiers plats, de trois seconds plats et de trois desserts issus d’une région de l’Italie. Les enfants ont leur propre menu comportant une quinzaine de plats (pâtes, poulet, hamburger, etc. ) et agrémenté d’un dessin à colorier et de trois jeux amusants qui les font patienter en attendant d’être servis. À cet égard, le service, assuré principalement par des membres d’équipage provenant des Philippines, d’Indonésie et d’Inde, est diligent et courtois.


Mon premier repas du soir est rien de moins que fabuleux ! Mes choix sont notamment dictés par cet autre extrait du préambule du menu : « La richesse du potager ligue s’exprime à travers une multitude de plats, de la cima al genovese (roulade de veau farcie avec oeufs et pistaches et servie avec mayonnaise au basilic) au zemino (soupe de pois chiches, champignons et lard). » 


Puis, j’ai opté pour le lapin style ligurie (avec épinards et sauce aux tomates) et la sacripantina (un délicat gâteau au chocolat et vanille à la génoise). Ma curiosité (et ma gourmandise, disons-le) m’a aussi incité à prendre une deuxième entrée, une salade de poulpes avec olives vertes de Taggia et pommes de terre. Le tout accompagné de deux verres de vins différents, italiens comme de raison, et d’une bouteille d’eau de la marque italienne San Benedetto. 


Le menu du soir comporte aussi une suggestion de salade, une section de cinq plats italiens traditionnels (comme la minestrone ou les tagliatelles à la bolognaise), une section de cinq plats spéciaux moyennant supplément (dont l’escalope de veau à la milanaise, les écrevisses ou le homard), une sélection de trois fromages ainsi qu’un menu Mozzarella payant (trois plats dont un thon à l’huile Doganella, oignon rouge et mozzarella burrata). 


Rappel des origines de la compagnie : la présence sur chaque table d’une bouteille d’huile d’olive extra vierge de marque Le Pleiadi et de vinaigre balsamique de marque Monari Federzoni dans lesquelles il fait bon y tremper son pain (trois sortes tous les soirs). Les pâtes sont rien de moins que divines, déclinées de toutes les façons - des plus connues (penne, lasagne, rigatoni, etc.) aux moins courantes (casarecce, paccheri, orechiette, etc.), et à toutes les sauces (ragoût de veau, de canard, de poisson, au pesto, aux pois verts, à l’ail, etc.). 

 

En cette deuxième journée de croisière, la région vedette est la Campagnie. Extrait du texte de présentation de cette région dans le menu du midi : « Nous sommes ici au coeur du royaume des pâtes, déclinées en mille formats différents et accommodées avec des sauces qui en subliment la saveur : les castillane, à la forme enroulée, servies avec de petits calamars et du persil. » Voilà donc mon premier plat choisi. Et pour mon plat principal, je me suis inspiré de cet autre extrait du menu : « Le citron d’Almafi est si savoureux qu’il se taille la part du lion en cuisine : cru en salade, sur le poisson et la viande, il est également l’ingrédient principal de la délicieuse liqueur limoncello. » De fait, le lapin servi avec un tartare de brocolis au citron d’Amalfi et pain Casatiello s’est avéré, encore une fois, un plat fantastique. Il ne m’est pas arrivé souvent de si bien manger en mer à l’heure du midi.


Autre présentation de la Campagnie dans le menu du soir : « La cuisine des habitants déborde de joie de vivre et marie des ingrédients traditionnels, la mozzarella (la crème de burrata) en premier lieu avec un ragoût de viande dans le sartù de riz. » Ce premier plat, je l’ai fait précéder d’un Panzeretto frit fourré avec saucisses et brocoli à la sauce tomate et parmesan, et je l’ai fait suivre par une daurade fraîche entière grillée avec pommes de terre écrasées au vinaigre et tomates cerise frites en second plat. Encore que du bonheur !


Les créations culinaires ont aussi leur histoire. Comme celle, fort touchante, de la soupe de poissons à la livournaise provenant de la région de Toscane : « Un pêcheur s’étant noyé dans une tempête aurait laissé femme et enfants dans la misère. Après avoir crié famine durant des jours, les petits auraient demandé l’aide des autres pêcheurs qui leur auraient chacun donné un poisson. Avec des fines herbes, quelques tomates du potager et un filet d’huile, leur mère aurait alors inventé le plat exquis qui permettra aux pêcheurs d’écouler les poissons invendus pour nourrir leur propre famille. » C’est la soupe de poisson la plus généreuse que j’ai mangée, contenant près d’une dizaine de poissons (plusieurs morceaux de moules, calmars, pétoncles, petites crevettes, pieuvres, etc., le tout recouvert d’une crevette géante).


Menu du soir spécial en milieu de croisière, avec une carte élaborée par le prestigieux chef italien Bruno Barbieri (sept étoiles pour ses restaurants), avec comme objectif de faire vivre aux passagers un « voyage des sens. » Quelques exemples : des tortellinis avec fondue au parmesan, feuilles de laurier et des arômes de muscade (des ingrédients qui lui rappellent sa famille). En plat principal, un pavé de saumon en croûte de pommes de terre. Pour les végétariens, une crème de pommes de terre avec une tourte aux endives et aux olives, surmonté d'une quenelle de soupe épaisse à la tomate. Signalons qu’un plat végétarien est toujours offert dans chaque menu. Et pour clore le tout, un bavarois aux fruits des bois, le meilleur dessert de la croisière à mon humble avis. 


Les jours suivants de notre croisière sont consacrés à la découverte de plats des régions d’Emilie Romagne, de Toscane, de Sicile, de Sardaigne et de Latium (région dans laquelle est située la capitale italienne Rome). Un dernier exemple de la trentaine de découvertes culinaires que j’ai faites au cours de la croisière, encore inspiré par le texte d’introduction du menu du midi (intitulé La Sardaigne, une cuisine rustique et parfumée) : « Les vieilles femmes brisent la pâte du bout des doigts pour en faire de minuscules billes irrégulières de semoule et d’eau, semblables au couscous, mais plus grossières qui, une fois séchées et passées au four, deviennent l’inoubliable fregola que l’on assaisonne de différentes manières. Comme ici avec des légumes frais du potager. » Encore un plat original et délicieux pour mes papilles que ces pâtes Fregola avec ragoût de légumes.   


La carte des vins des restaurants principaux du Costa Diadema fait la part belle, là aussi, à la production italienne régionale, avec 32 propositions de vin rouge, 29 vins blancs, 11 vins mousseux et 4 vins rosés à un prix de départ de 5 euros le verre ou de 20 euros la bouteille. Cette soixantaine de vins italiens ont été sélectionnés de concert avec la Banca del Vino de l’Université des sciences gastronomiques de Pollenzo. Ce fut d’autres belles découvertes tout au long de la croisière. Si bien que je n’ai jamais été du côté de la sélection de vins internationaux provenant de cinq pays.


Outre le choix de 16 pizzas (6,50 euros, dessert compris) et la conception de sa propre pizza à partir d’une douzaine d’ingrédients (dont jambon de Parme, fromage Grana Padano ou thon à l’huile) que l’on peut manger sur place ou se faire livrer dans sa cabine, la Pizzeria Pummid’oro sert la goccialatte, la mozzarella fraîche produite à bord selon cinq déclinaisons : burrata, stracciatella, di buffalo, fleur de lait ou scamorza (8 euros la mozzarella, dessert inclus). En collaboration avec la Latteria del Curitano, Costa Cruises est la première compagnie au monde à servir de la mozzarella directement fabriquée à bord comme dans une véritable crémerie à raison d’environ 100 kilos par jour.


Tous les matins, dans une section du restaurant Adulerai se déroule la réunion de la brigade culinaire du chef exécutif composée de 16 personnes, chacun responsable d’une production (viandes, légumes, sauces, etc.). Pendant ce temps, des cuisiniers sont en train de finaliser la production d’une glace à la mangue avec ce qui est considérée comme la meilleure machine à glaces de la marque italienne Carpigiani.


Le Costa Diadema abrite trois autres restaurants (payants ceux-là). D’abord, le Samsara (30 euros en six services), un restaurant de cuisine fusion de la région du Pacifique (de l’Asie à l’Amérique du sud). Mentionnons parmi la trentaine de propositions la purée de pommes de terre avec homard et crème d’avocat au wasabi, la soupe de poissons hawaïens, le risotto de noix de coco et moscardini épicées, le magret de canard sauce teriyaki avec crème de racine de taro et bettes orientales sautées, et la tarte tatin à la mangue et sa glace vanille. 


Ensuite, le Tavola Teppanyaki (de 27 à 34 euros), un restaurant japonais où des chefs jongleurs se livrent à un spectacle de cuisson des différents items composant le menu végétarien, le menu classique ou le menu du chef. 


Enfin, le Club Diadema (10, 15 et 28 euros pour respectivement le repas du matin, du midi et du soir) qui offre le même menu qu’aux restaurants principaux, plus quelques plats supplémentaires originaux, mais dans un cadre intimiste et avec un service très personnalisé. Mentionnons le forfait « trois soupers gourmets » qui, moyennant 50 euros, donne accès aux restaurants Samsara et Tavola Teppanyaki ainsi qu’à la pizzeria Pummid’oro (pour une pizza ou un burger d’Autore).


Encore sous les effets du décalage horaire et malgré le repas de la veille fort copieux, je me réveille affamé à six heures du matin au deuxième jour de la croisière. Je vois dans le programme de la journée qu’il y a trois types de petit déjeuner : l’exclusif au Club Diadema, l’international au restaurant principal Fiorentino et l’italien traditionnel au restaurant buffet Trattoria Lido Diana. J’opte pour cette troisième option. Et là, je découvre le plus grand choix de gâteries sucrées que j’ai jamais vues en mer, une bonne trentaine au total. Je jette mon dévolu sur quelques-uns (je ne dirai pas combien, décence oblige) des sept sortes de beignes et des cinq sortes de croissants, tous fourrés qui à la crème pâtissière, qui au chocolat Nutella, qui à la confiture de fraises, certains recouverts en plus d’un crémage à la vanille, à la fraise ou à la cerise ! Le tout couronné d’un bon café au lait et d’un verre de jus (orange, pamplemousse ou ananas). 


Les matins suivants, j’ai opté pour certains des deux sortes de poisson (saumon, thon ou swordfish fumés, ou même sardines grillés, en alternance), des sept sortes de charcuteries et des trois sortes de tartelettes, aussi pour la brioche à la cannelle, le cannolini, la ciambellone (gâteau à éponge), pour quelques-uns des sept sortes de pain dont le fameux foccacia, pour une tartine avec confiture de fraises, d’orange ou d’abricots de la marque italienne Menz & Gasser, pour certains des quatre sortes de yogourt, des trois sortes de fromages…


Une passagère originaire de Savona, ville du nord de l’Italie, me raconte que l’un de ses plus grands plaisirs est de tremper le matin une foccacia dans son café au lait. Elle conçoit, en voyant ma réaction, que l’on soit dérouté par le goût inhabituel de ce mélange tout simple qui compose le petit déjeuner de nombre d’Italiens.


Au Club Diadema (10 euros) et au restaurant Fiorentino (sans frais), le petit déjeuner consiste en un plat provenant de sept pays, comme le Norvégien (saumon fumé, fromage frais à tartiner et pain noir), le Mexicain (oeufs au plat sur une tortilla de maïs légèrement frite et garnie de sauce tomate pimentée, avec velouté de haricots rouges, riz à la mexicaine et tranches d’avocat ou guacamole) ou l’Américain (pancakes maison au sirop d’érable avec tranches de bacon). On peut également commander des oeufs bénédictine, une omelette garnie à son goût ou prendre le buffet à volonté se composant notamment d’oeufs brouillés avec saucisses, bacon, patates hachés, de viennoiseries, de charcuteries, de fromages. de fruits frais, etc.


Mon endroit préféré à bord du Costa Diadema est la Gelataria Amarillo située au 5e pont. Ici, il faut être fait fort mentalement pour résister à toutes ces tentations. À commencer par cette douzaine de sortes de glaces italiennes, en cornet, en coupe ou en dessert comme la Coupe Costa composée de deux boules de crème glacée, l’une à la vanille, l’autre aux fraises, rehaussées de petits morceaux de différents fruits et de crème fouettée arrosée d’une liqueur aux myrtilles ! 


Comment ne pas succomber, ne serait-ce qu’une fois, à la dizaine de sortes de chocolat (dont ceux aux figues, aux dattes ou aux pommes) ou encore, aux six sortes de crêpes (dont celle avec chocolat blanc et fraises). Sans oublier des spécialités de Guido Gobino (dont des pralines et des fondants irrésistibles), des macarons de l’atelier Biasetto (dont ceux à la saveur de citron d’Amalfi, de tiramisu ou de caramel, vanille et fruits de la passion). Comment ne pas avoir les papilles excitées par cette dizaine de sortes de tartes et gâteaux maison ? Le tout arrosé d’une ribambelle de cafés de marque Illy, d’une dizaine de sortes de chocolats chauds (dont à la saveur de pistache, au chili ou à l’orange et cannelle) ou d’une vingtaine de sortes de liqueurs alcoolisées (dont des marques inconnues sous nos latitudes comme Disaronno, Averna, Branca Menta, Cynar, Ramazzotti, etc.).


Le Costa Diadema abrite huit bars, dont quatre bars thématiques, la majorité se trouvant concentrée au 5e pont, notamment la brasserie Dresden Green, l’œnothèque Gran Duca di Toscana et le Bar Bollicini. À ce dernier endroit sont servis des huîtres, trois cocktails moléculaires (Molecular Daiquiri, Molecular Vodka Sour et Turquoise Blue) et six cocktails solides. J’ai commandé le Passion Fruit Caipiroska et le Pina Colada consistant en neuf cubes gélatineux sensés goûter ces alcools servis dans un verre à cocktail. La texture et la saveur sont si bizarres au final. 


Alors, retour aux valeurs sûres de l’Italie pour le reste de la croisière : une flûte de Rossini (mousseux et compote de fraises), de Santorsola ou de Ferrari Perlé. Ou encore, un verre d’Aperol, une petite bouteille de Crodino Twist Agrumi ou une pinte de bière italienne artisanale. 


Personnellement, mon bar de prédilection est rapidement devenu le Terrace Teodora Bar situé au pont promenade tout à l’arrière du navire. Cet emplacement permet de perdre la notion du temps tout en observant, un verre à la main, le sillage que laisse notre hôtel flottant sous le doux soleil méditerranéen. C’est ça la vraie vie de croisière, entre deux excursions, deux activités à bord et surtout, deux repas copieux !


L’Italie a une longue tradition maritime. Grâce notamment à Costa Cruises qui a vu le jour il y a presque 70 ans, en 1948. Au fil du temps, elle s’est imposée comme la compagnie de croisières la plus importante d’Europe. Ses 15 navires actuels reflètent bien l’exhubérance à l’italienne, avec une décoration colorée et éclatante : profusion d’ampoules changeant de couleurs, de marbres étincelants, de colonnes de métal éclatant, de tapis aux motifs variés... S’ajoutent à bord de certains navires des peintures en trompe-l’oeil qui mettent en valeur les plus beaux paysages italiens, si variés, comme ceux du Lac de Côme, de la Sardaigne ou de la Sicile. 


En 2017, Costa Cruises disposait d’une flotte très variée de 15 navires (tonnage de 48 200 à 132 500 avec capacité d’accueil de 1 727 à 4 947 passagers) qui permet d’offrir le choix de croisières le plus diversifié, avec 60 ports d’embarquement, 137 itinéraires, 261 destinations dans le cadre de croisières de deux nuits appelées SeaBreaks jusqu’à un tour du monde de plus de 100 nuits ! 


Lancé en novembre 2014, le Costa Diadème étai alors le navire le plus imposant de Costa Cruises(132 500 tonnes) qui peut recevoir jusqu’à 4 947 passagers dont s’occupent 1 253 membres d’équipage. On y trouve une panoplie inouïe de divertissements pour tous les goûts. Comme Laser Shooting, un simulateur de tir à la cible, ou Laser Maze, un jeu consistant à évoluer à l’intérieur d’un labyrinthe de rayons laser sans toucher aux rayons de lumière. Comme la présentation de courts métrages 4D comportant une succession d’effets visuels, sonores, odorants et tactiles que l’on découvre assis dans un fauteuil qui bouge sporadiquement, parfois doucement, parfois vigoureusement. Comme la reproduction d’une course de Formule 1 au Scuderia Costa Virtual Race Car, là où l’on s’installe au volant d’une réplique grandeur nature d’une voiture de course montée sur des ressorts et que l’on ressent un maximum de frissons dans une succession de virages en épingle et... d’inévitables carambolages ! 


Ajoutons un Cigar Lounge, un casino, une discothèque, un Country Rock Club, un théâtre aménagé sur trois ponts (avec spectacles de danse, de chants, d’acrobatie), des cours de danse, des dégustations de vins, des séances de bingo, une soirée dansante dans le décor grandiose de l’atrium central, une soirée masquée à la vénitienne, une soirée de gala, The Voice of the Sea (une reproduction de l’émission The Voice par laquelle les passagers votent pour le meilleur chanteur-euse du navire), une zone Internet avec ordinateurs, une salle de cartes, un parcours extérieur de jogging de 200 mètres, un terrain multisports et huit bars (voir article suivant).


Les architectes du Costa Diadema ont fait en sorte que les passagers se sentent le plus proche possible de la mer. C’est particulièrement le cas au 5e pont, avec cette longue promenade faisant le tour complet du navire qui dispose de chaises longues, de tables rondes pour quatre personnes, de deux bains à remous et de six cabanons recouverts. C’est aussi le cas au 2e pont, avec la présence de cabines dont le balcon est directement intégré dans la coque, ce qui procure à la fois une intimité totale et une vue imprenable. Mais la présence des chaloupes juste au-dessus coupe tout rayon de soleil. 


Grande nouveauté pour les familles : elles peuvent opter pour des cabines extérieures avec vue sur mer comportant pas moins de cinq lits et de deux salles de bains ! Incidemment, Costa Cruises est la seule compagnie à proposer la gratuité de la croisière pour un ou deux enfants de moins de 18 ans voyageant en cabine avec deux adultes (qui n’ont ainsi qu’à assumer les taxes et frais portuaires de leur progéniture). 


Tout le centre du 4e pont est accaparé par des boutiques de produits de luxe, de Costa et italiens comme les chocolats Baratti & Milano, des sacs et des chandails de la marque de scooter Vespa, des modèles réduits de la voiture Fiat 500, des flagrances de Millefiori ainsi que des produits alimentaires (par exemple, du pesto genovese de la marque Perla, des farfelles multicolores Borgo de Medici, des spaghettis Dalla Costa, des biscottis Amari). 


En Méditerranée, la clientèle de Costa Cruises se compose habituellement d’environ 30% d’Italiens, autant d’Espagnols, environ le quart de Français et le reste en provenance de différents autres pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Le français est l’une des cinq langues utilisées à bord de la flotte de Costa Cruises (parfois davantage, selon la clientèle).


Seabourn Odyssey

Quand Seabourn Cruises a voulu accroître la qualité de son offre culinaire à bord de ses yachts, elle s’est adressée au chef d’origine californienne, Thomas Keller, l’un des chefs les plus étoilés de l’histoire de l’art culinaire, rien de moins. 


Peu de chefs peuvent s’enorgueillir de totaliser sept étoiles Michelin. Elles ont été accordées à trois des cinq restaurants de Thomas Keller, dont le « Per se » de New York, le premier restaurant étoilé des États-Unis. Et peu de chefs dans le monde peuvent revendiquer autant de distinctions et de prix culinaires que Thomas Keller, notamment meilleur chef californien en 1996, meilleur chef d’Amérique en 1997, et propriétaire du meilleur restaurant au monde en 2003 et 2004. 


Franchir la porte du The Grill by Thomas Keller, aménagé au huitième pont du Seabourn Odyssey, sera de toute évidence un événement gastronomique. Comme le restaurant ne comporte que 42 places, il faut réserver à l’avance et, en principe, chaque passager a droit à une réservation par croisière. En pratique, on peut se présenter à l’entrée du restaurant et espérer obtenir une place si disponibilité. 


Le menu qu’a concocté Thomas Keller pour Seabourn Cruises constitue son interprétation personnelle très sophistiquée de la cuisine américaine. Il comprend sept entrées (dont une soupe aux palourdes de Nouvelle Angleterre et un gâteau aux crabes de Maryland), huit plats principaux (homard, sole, poulet, veau, agneau et boeuf) et cinq desserts (dont une tarte au citron meringué et un gâteau à la noix de coco). Tout est délicieux, ce chef a l’art de mettre en valeur les saveurs de n’importe quel ingrédient.


Les ingrédients sont le fruit du labeur d’une centaine d’artisans fournisseurs dispersés à travers l’Amérique du Nord avec lesquels Thomas Keller travaille depuis des décennies. Par exemple, le homard provient exclusivement de Bedford en Nouvelle-Écosse, le veau de Souderton en Pensylvanie et le boeuf de Boise en Idaho. « J’ai réalisé il y a 30 ans que les meilleurs restaurants sont ceux qui sont constants », fait valoir Thomas Keller. On trouve incidemment dans chaque suite du Seabourn Odyssey un dépliant présentant une quinzaine des grands fournisseurs de Thomas Keller ainsi qu’un résumé de sa philosophie de l’art culinaire : « L’acte de cuisiner est une simple équation entre les ingrédients et l’exécution. Quand les ingrédients arrivent au restaurant, ils sont déjà prêts. Quant à l’exécution, c’est un amalgame de connaissances, d’entraînement, d’expérience, de compétences et d’outils. » 


Le restaurant abrite aussi un bar qui propose notamment une dizaine de cocktails dont quelques-uns sont peu courants. Comme la boisson nationale du Pérou, le Pisco Sour. Ou le cocktail favori de Dean Martin, le Flame of Love Martini (vodka, sherry et orange). Ou encore, The Old Cuban (rhum Zacapa, jus de lime, sirop, menthe et champagne).


Le summum de la créativité en matière d’alcool est atteint avec les cocktails conçue par le mixologiste de réputation mondiale Brian Van Flandern. Une carte composée de 10 cocktails est proposée à l’Observation Bar, avec un court texte sur l’historique de chacun d’entre eux popularisés par un lot de vedettes, d’Ernest Hemingway à Orsen Wells en passant par Sara Jessica Parker ou Leonardo DiCaprio. Sept de ces cocktails sont inclus dans le prix de la croisière, et les trois autres moyennant un déboursé de 19$US, 29$US ou… 219$US ! Dans ce dernier cas, il s’agit d’un cocktail créé durant la Seconde Guerre mondiale à l’hôtel Ritz de Paris, le Louis XIII Side Car, qui se compose du fameux cognac Remy Martin Louis XIII, de Cointreau, de jus de lime frais et de sirop de cane Demerara. Une carte composée de huit autres cocktails est proposée au The Club, dont l’étonnant Mango Picante réunissant principalement du Hennessy VSOP Cognac, de la purée de mangues, du jus de citron frais et de la Chipotte Chili en sucre en poudre autour de la moitié du verre (car très épicé !). 


« Durant des années, il a été considéré comme un crime d’utiliser des liqueurs de première qualité dans la fabrication de cocktails, relate Brian Van Flandern. Toutefois, depuis la dernière décennie, les mixologistes ont recours à des ingrédients frais de qualité et ils équilibrent les saveurs de leurs cocktails comme les chefs cuisiniers le font avec leurs plats. »


Outre les cocktails, la carte d’alcools à ces deux bars comporte une cinquantaine de vins, champagnes et spiritueux inclus dans le prix de la croisière. Par exemple, les amateurs de rhums ont le choix à l’Observation Bar entre le Jamaïcain Appleton vieux de 12 ans, le Banks White Rum, un mélange de rhum de différentes zones des Caraïbes, le Kraken Spiced Rum de Trinidad, le Gosling’s Black Seal des Bermudes et le Ten Cane Rum de la Barbade. Précisons que le choix de rhums est quelque peu différent au The Club.


Tout à côté du Grill by Thomas Keller émerge The Colonnade. Chaque midi et soir, ce restaurant buffet propose des classiques d’une cuisine nationale ou régionale (grecque, française, italienne, espagnole, allemande, méditerranéenne, mexicaine, sud-américaine, indonésienne, japonaise, thaï, etc.) que l’on peut déguster soit à l’intérieur, soit à la grande terrasse extérieure recouverte d’une toile blanche avec lampes chauffantes quand la température est fraîche. 


Deux soirées au cours de notre croisière, The Colonnade n’est accessible qu’aux passagers ayant fait une réservation au préalable. Car ces soirs-là, les créations de Thomas Keller, inspirés de plats de son enfance, sont à l’honneur sous ces thématiques : « Family-Style RR Rib Eye » et « Family-Style Butter Fried Chicken ».


C’est un plaisir, tant pour les yeux que pour 

les papilles, que de se retrouver au The Restaurant, le grandiose restaurant principal tout en blanc du Seabourn Odyssey. L’enchantement débute dès la sortie des ascenseurs centraux du yacht, au 4e pont. Une douzaine de colonnes blanches illuminées menant à l’entrée du The Restaurant créent une ambiance magique. C’est comme si on s’aventurait dans un mystérieux temple des temps modernes.


De forme rectangulaire, The Restaurant comporte six petites zones longeant les hublots et, au centre, deux grands espaces soutenus par d’autres colonnes blanches illuminées, bordées de larges draperies également blanches et au plafond duquel trône un lustre blanc du plus bel effet. Les plats sont mis en valeur dans de grandes assiettes de la marque allemande Schôwald dessinées exclusivement pour Seabourn Cruises par Maveko.


La carte du soir du The Restaurant se divise normalement en deux sections : 

- « Seabourn Inspirations » pour les plats originaux qui changent chaque soir. Comme le sashimi au hamachi poêlé. Le saumon fumé et caviar Malossol avec blini de maïs chaud et crème de citron. Ou la daurade poêlé avec crevettes won ton.

- « Seabourn Classics », des plats qui sont proposés tous les soirs. Comme les fettuccine au homard bolonaise. Le filet de boeuf sauce béarnaise. Ou le filet de saumon rôti. Précisons que des plats sans sucre, sans gluten et végétariens sont toujours inclus dans les cartes.


À trois reprises au cours de notre croisière, la carte du The Restaurant comporte une troisième section composée d’une entrée, de un ou deux plats principaux et d’un dessert issus de l’imagination fertile du chef Thomas Keller. Je me rappellerai longtemps de la terrine de foie gras de canard d’Hudson Valley avec truffe, poire asiatique et pistache sicilienne. Et encore plus, de la bagatelle au champagne et pomme Granny Smith avec crème vanille et crème Chantilly - l’un des meilleurs desserts qu’il m’ait été donné de déguster dans ma vie !


Le soir venu, The Restaurant ouvre ses portes à 19h00. Mais dès 17h30, les serveurs sont à l’oeuvre, certains par exemple s’entraînant à bien plier la nappe sous l’oeil attentif de leurs collègues. Puis, à 17h45, une vingtaine de membres de la brigade culinaire se réunissent dans un coin de la cuisine pour écouter la présentation des principaux plats par certains d’entre eux sous la supervision du chef exécutif du Seabourn Odyssey, Tom Goetter. Ensuite, lui et le chef de cuisine Jonathan Nucum goûtent en rafales dix des 25 plats programmés ce soir-là en émettant parfois quelques brefs commentaires, exercice qui dure moins de deux minutes ! Puis, le chef Goetter se dirige d’un pas rapide vers un autre restaurant du yacht.


La section des desserts du The Restaurant comporte généralement trois desserts, le plus souvent des soufflés à différentes saveurs (poire William, pistache chaude ou chocolat blanc avec sauce au cassis). Ou des sundaes inédits (fruit de la passion, fraises Romanoff avec nectarine caramélisée ou thé vert avec matcha, prune rouge et gingembre). La section des fromages comprend une sélection de quatre produits haut de gamme différents chaque soir. Comme le français Reblochon, l’italien Toma, le californien Point Reyes Blue, l’espagnol Manchego ou l’allemand Cambozola. 


Au The Restaurant, les passagers peuvent partager la même table que différents membres d’équipage - officiers, chanteurs, danseurs, conférenciers -,  qui présentent chacun dans leur domaine respectif des prestations d’une rare qualité en mer. L’équipe de serveurs est essentiellement composée de gens provenant non pas d’Asie comme d’ordinaire, mais d’Europe (beaucoup de la Roumanie). Ce qui a pour effet de créer une proximité culturelle avec la clientèle de Seabourn Cruises composée pour moitié de fidèles en provenance soit des États-Unis, soit d’Europe. 


D’ordinaire, les cuisines ne sont pas accessibles aux passagers, sauf dans le cadre  de visites de groupe de l’ensemble du navire. Seabourn Cruises se démarque avec cet autre événement original : « Galley Market Lunch ». Le temps d’un repas, la cuisine du The Restaurant est transformée en un immense marché abritant différents comptoirs (Cold Buffet, Counter Chafing Dish, Carving Station, etc.) et proposant plus d’une quarantaine de plats, dont une fondue chinoise, une douzaine de sortes de sushis et une quinzaine de desserts. Les passagers font ainsi le tour complet de la cuisine en remplissant leur assiette au gré de leur gourmandise, dans une ambiance décontractée, au son d’une musique rock et en présence de tous les chefs et assistants chefs du navire.


Les passagers qui ne veulent pas revêtir chaque soir veston et robe de soirée dont le port est obligatoire peuvent découvrir le menu du The Restaurant dans l’intimité de leur cabine. 


Au petit déjeuner, les lèves-tôt peuvent dès 06h15 avaler café, thé, jus d’orange et viennoiseries (notamment six sortes de muffin et de beignes avec confitures de la marque autrichienne d’Arbo) soit au café du Seabourn Square, soit à l’Observation Bar. À 08h00, le menu s’élargit considérablement, avec par exemple, au The Colonnade, deux sortes de smoothies, jusqu’à cinq saveurs de yogourt notamment de la marque autrichienne Alpen Joghurt, un steak minute, des côtelettes d’agneau ou du jambon grillé.


Aux repas du midi et du soir, nombre de passagers optent pour The Patio, ce grill décontracté situé tout à côté de la piscine centrale. Là aussi, les thématiques sont à l’honneur (Al Fresco, Oriental, American Grill, Steak House, Fish & Seafood, Panini, Scaloppini, Tacos, Satay, Sausages, Gyros, Surf & Turf, Kebab, etc.). La carte est assez courte : en règle générale, trois entrées (comme un tartare de saumon fumé), un plat de pâte (comme un spaghetti aux palourdes), trois viandes ou poissons (comme un steak de thon) avec quelques sauces et légumes d’accompagnement et deux desserts (comme un crumble aux fraises et à la rhubabe).


Il suffit de quelques repas pour comprendre pourquoi les lecteurs de la revue Condé Nast Traveler ont élu Seabourn Cruises comme la « Top Cruise Line Food » de nombreuses fois au cours de la dernière décennie.


« Peu importe ce que vous désirez, cela vous sera apporté ! », affirme avec conviction Gerald Mosslinger, le vice-président aux opérations hôtelières de Seabourn Cruises. Voilà qui donne le ton à une croisière avec cette compagnie qui se présente comme « The World’s Finest Ultra-Luxury Cruise Line ». De fait, sa flotte se classe sans cesse dans le Top 10 des meilleurs navires de croisière, selon les lecteurs de différents magazines comme Travel + Leisure et Condé Nast Traveler. Ces derniers viennent par ailleurs de l’élire « Best Small-Ship Cruise Line » pour 2017. Pareille performance repose tant sur le service hyper attentionné des membres d’équipage (selon un ratio proche d’un membre pour un passager) que sur la conception intérieure des yachts qui favorise tant l’intimité que la socialisation des passagers.


Seabourn Cruises a fêté en 2018 son 30e anniversaire d’existence. Fondée par la famille Burvestad de Norvège, elle est entrée dans le giron de Carnival Corporation au milieu de la décennie 1990. Elle dispose en 2018 de quatre yachts, tous classé six étoiles, le sommet dans l’industrie des croisières, d’une capacité de 450 passagers qui sont choyés par quelque 350 membres d’équipage provenant de près de 50 pays. S’ajoutent le Seabourn Encore, un 40 350 tonnes avec une capacité de 600 passagers, qui a été mis en service en 2016. Et le yacht soeur Seabourn Ovation qui a été inauguré en mai 2018.


Fruit du travail du norvégien Bjorn Storbraaten, l’architecture extérieure du Seabourn Odyssey est vraiment spéciale et unique. De chaque coté du yacht, une arche demi-circulaire recouverte de panneaux transparents borde les deux cheminées inclinées vers l’arrière. Au centre, une grande verrière de forme octogonale chapeaute l’escalier en colimaçon qui descend jusqu’au 4e pont. 


L’aménagement intérieur du Seabourn Odyssey est résolument moderne, élégant, stylisé. Et la décoration est minimaliste, avec comme pièces maîtresses trois grandes sculptures en verre de l’artiste norvégien Nicolaus Widerberg qui se dressent l’une à l’intérieur du spa, l’autre près de l’entrée du spa, l’autre près du restaurant buffet. Autres rappels des origines norvégiennes de Seabourn Cruises : les murs du club de danse sont tapissés d’une dizaine de photos humoristiques de musiciens de l’Orchestre symphonique de Stavanger. Et l’entrée du lounge panoramique est rehaussée par une superbe toile abstraite du norvégien Per Didrik Waerner. 


Malgré sa petite taille, le Seabourn Odyssey comporte un nombre étonnant d’espaces publics. Répartis sur neuf ponts, ils sont surtout aménagés à l’arrière du yacht, l’avant étant essentiellement consacré aux suites : 

- Trois restaurants et un grill extérieur

- Trois comptoirs de crème glacée, avec certaines saveurs différentes d’un endroit à l’autre

- Cinq bains tourbillons, dont trois aménagés en contact direct avec la mer, ce qui est très rare

- Deux piscines (l’une au centre du 8e pont, l’autre à l’arrière du 5e pont)

- Trois terrasses extérieures et un mini-golf

- Un spa avec sauna finnois, bain à vapeur aromatisé, sièges en céramique chauffante, salles de massages, salon de beauté, gym et salle d’aérobie

- Quatre bars, dont deux extérieurs et un lounge panoramique

- Une salle de spectacles et un club avec piste de danse

- Trois boutiques (bijoux de luxe - notamment des marques Marco Bicego et Roberto Coin -, produits griffés et produits Seabourn), un petit casino et une salle de cartes et de jeux

- Le Seabourn Square, le coeur du yacht aménagé à l’arrière du 7e pont, où sont regroupés la réception, un salon avec librairie - livres, iPad, magazines et journaux du jour -, une section Internet et un café qui propose chaque jour un produit spécial comme le Bailey’s Cappuccino ou l’Amarretto Latte que l’on peut accompagner d’un gâteau maison, voire d’un morceau de chocolat de la marque italienne Segafredo Zanetti. 


Dans le cadre de ma croisière de 12 nuits, quatre journées se déroulent en mer au rythme d’une vingtaine d’activités quotidiennes : leçons de bridge, classes de danse, compétitions sportives - mini-golf, jeu de palets ou ping-pong -, séminaires de santé et bien-être, atelier sur les parfums, conférences sur différents aspects des Caraïbes, service de thés et petits fours, démonstrations culinaires, concerts musicaux, dégustation de caviar sur les ponts extérieurs, spectacles (chant, opéra et comédie), fêtes dansantes de fin de soirée. 


À la troisième soirée de la croisière est présenté un spectacle d’exception, « Une soirée avec Sir Tom Rice ». Ce parolier, connu notamment pour sa participation aux spectacles Jesus Christ Superstar et Evita, a remporté pas moins de trois Oscars, trois Tonys, trois Golden Globes et plusieurs Grammys ! Il s'est associé avec Seabourn Cruises pour produire ce spectacle qui combine ses meilleures chansons exécutées par des chanteurs et musiciens à bord avec une narration vidéo incluant des anecdotes sur sa vie professionnelle et des photos de sa collection personnelle.


Un des événements les plus originaux de la croisière est le « Seabourn Block Party » : le quatrième soir, les passagers du Seabourn Odyssey sont invités à 18h00 tapant à sortir de leur suite pour faire connaissance avec leur voisins, les officiers et membres d’équipage ! 


Une fois par croisière, Seabourn Cruises organise « Let’s Dance », un party sous les étoiles autour de la piscine centrale au cours duquel les passagers peuvent danser en compagnie des membres de l’équipe de divertissement du yacht. 


Le lendemain, les passagers sont conviés au « Seabourn Signature Beach BBQ & Caviar in the Surf » à Carambola Beach, une plage de Saint-Kitts qui est réservée exclusivement à Seabourn Cruises. En cette occasion, elle met à la disposition des passagers des serviettes de plage ainsi que des produits de protection contre le soleil et les insectes. « À ce barbecue qui dure deux heures, nous servons plus de 90 grammes de caviar, 500 livres de homard et plus de 100 bouteilles de champagne », précise Jorge Caeiro, le gestionnaire Restaurants du Seabourn Odyssey. 


Soudain, venant de la mer, une sirène de police brise la quiétude des lieux. C’est le chef exécutif du Seabourn Odyssey, Tom Guetter, qui, par ce moyen humoristique, annonce son arrivée en bateau avec trois grosses boîtes de caviar qu’il va servir, les pieds dans l’eau jusqu’à la taille, durant une bonne trentaine de minutes, sur une planche de surf plus que chancelante en raison des vagues incessantes. De leur côté, des serveurs apportent des flûtes de champagne directement aux baigneurs tandis que les amateurs de sports aquatiques s’en donnent à coeur joie avec les pédalos, kayaks et petites embarcations à voile mis à leur disposition. Il arrive parfois que ces sports aquatiques puissent être pratiqués directement à partir de la marina du Seabourn Odyssey quand les autorités portuaires le permettent.


D’une superficie minimale de 25 mètres carrés, les suites du Seabourn Odyssey sont d’une sobre élégance. La plupart sont décorées avec un mobilier en bois de couleur beige. À peine ai-je fini de m’installer que la sonnerie de ma suite se fait entendre. L’intendante tient un grand plateau sur lequel trône un verre de champagne, deux canapés au saumon fumé et quatre sortes de savon : Hermès, Salvatore Ferragamo, Occitane en Provence et Essence. Elle s’enquiert ensuite du choix de mes deux alcools préférés à partir d’une liste comportant une douzaine de sortes (vodka, gin, rhum, digestifs, vins, etc.). Je recevrai le lendemain deux bouteilles d’un litre chacun de ce que j’ai choisi. Et avant de quitter, l’intendante me propose de revenir avec une sélection de fruits frais. 


Pratiquement tout est compris dans le prix d’une croisière Seabourn : pourboires, vins, spiritueux, champagne - dans les restaurants, bars et suites -, et même caviar à volonté ! Et aussi certaines prestations au spa : séance de yoga et de Pilates, classe de méditation et séminaire de mieux-être du Dr. Andrew Weil, diplômé en médecine de Harvard et leader des médecines alternatives, avec qui Seabourn Cruises s’est associé dans le cadre de son programme SPA & Wellness. 


Aux escales, le Seabourn Square accueille un représentant touristique local pour répondre aux questions des passagers. La compagnie distribue aussi une carte et une fiche recto-verso des principaux attraits de l’île visitée (plages, boutiques, lieux touristiques, etc.) ainsi que des équipements de snorkeling aux intéressés. 


Océania Riviera

Je n’ai jamais connu pareille situation en mer : tous les soirs, je ne savais pas quoi prendre tant les propositions culinaires irrésistibles étaient nombreuses et ce, dans les neuf restaurants du Riviera, un nombre très élevé compte tenu que ce navire ne jauge que 66 084 tonnes. Le même dilemme se répétant soir après soir, j’ai décidé de me concentrer sur les poissons afin de réduire au strict minimum les choix déchirants. J’ai finalement été au plus simple en commandant du homard chaque soir, toujours délicieux, décliné en de multiples façons selon que j’étais au restaurant français, italien, asiatique ou même au grill. Je n'ai pas été le seul, puisque quelque 600 kilos de homards ont été consommés au cours de ma croisière de sept nuits dans les Caraïbes de l'Ouest.


Oceania Cruises a été fondée en 2003 par Bob Binder et Frank Del Rio, ce dernier aujourd’hui président de la Corporation Norwegian Cruise Line regroupant les lignes de croisière NCL, Regent Seven Seas Cruises et Oceania Cruises. Voilà une compagnie américaine qui se démarque de la concurrence dans le créneau de la croisière haut de gamme en proposant une ambiance qu’elle qualifie de « country style », en offrant des programmes d’enrichissement culinaire (dont les circuits en immersion Culinary Discovery Tours) et en misant sur « la cuisine la plus raffinée en mer ». Et ma foi, après une semaine à bord du Riviera, le dernier né d’Oceania Cruises lancé en 2012 et rénové en 2015, force est de conclure que ce n’est pas qu’un simple slogan publicitaire.


Pour preuve, Oceania Cruises s’est associée avec l’un des chefs les plus réputés de la haute cuisine française, Jacques Pépin. Entre autres brillantes réalisations, il a été le chef du président français Charles de Gaule durant deux ans à la fin de la décennie 1950. Plus récemment, en 2010, il a participé avec d’autres grands chefs à la conception d’un repas avec droit d’entrée de 30 000$US par couple pour les donateurs du fonds du président Barack Obama pour le comité de campagne du Parti démocrate.


Star de la télévision américaine, le chef exécutif d’Oceania Cruises a conçu le menu du restaurant portant son prénom, Jacques, aménagé à bord des deux plus grands navires d’Oceania Cruises, le Marina et le Riviera, des navires soeurs de 65 000 tonnes accueillant chacun 1 250 passagers qui sont choyés par 800 membres d’équipage. Précisons que la flotte d’Oceania Cruises se compose de quatre autres superbes navires soeurs (Insignia, Regatta, Nautica et Sirena) jaugeant 30 300 tonnes et pouvant accueillir 684 passagers chacun. 


Me voilà au restaurant Jacques dès le deuxième soir de la croisière dont la carte renferme pas moins de 27 propositions. J’ai finalement commandé deux entrées froides et une entrée chaude fort originales (Carpaccio de Saint-Jacques au cresson et son tartare de pommes vertes et oignons des Cévennes. Salade de crabes au raifort et sauce à l’orange sanguine. Bouchon de Saint-Jacques au homard, sauce au Savennières), Suivis d’une vichyssoise si rafraichissante (Crème Fontanges au pois verts et jambon ibérique de Belota), de deux plats principaux impeccables en demi-portion (homard du Maine Thermidator avec sauce aux champignons. Sole de Douvres grenobloise au citron) et de deux desserts ô combien délicieux (tarte aux pommes à la frangipane et un délirant baba au vieux rhum brun). L’un de mes meilleurs repas en mer ! J’ai d’autant plus apprécié le service - diligent, chaleureux, impeccable -, qu’il était livré par une serveuse originaire de France connaissant donc bien la gastronomie de son pays. L’autre serveur tout aussi affable désigné à ma table était originaire des Philippines. Au total, les membres d’équipage du Riviera proviennent de plus de 50 pays. 


« Nous avons 135 chefs, 17 pâtissiers et 9 boulangers à bord du Riviera, dit la directrice de la restauration. Ils travaillent avec l’équipement culinaire le plus moderne que l’on trouve habituellement dans les restaurants Michelin. » Originaire de France,   la directrice de la restauration se plaît à organiser des rencontres de groupe quand le nombre de passagers francophones le permet. Précisons que la clientèle d’Oceania Cruises est en grande majorité américaine, suivi de forts contingents britanniques et asiatiques selon les itinéraires. Je la croise le dernier matin de la croisière. À ma demande, elle a calculé la consommation de homards au cours de cette croisière de sept nuits. « Je n'ai pas encore les statistiques pour hier soir, dit-elle, mais en cinq jours, il s'est consommé pas moins de 576 kilos de homards. Plus d'une demie tonne, c'est énorme ! Et c'est encore plus élevé lorsque nous avons un grand nombre de passagers asiatiques. »


Autre soir, autre tourment culinaire, cette fois-là au Polo Grill. En entrée, la bisque de homard, la meilleure que j’ai goûtée à vie, le brandy espagnol Gran Reserva Gran Duque d’Alba - que le serveur originaire du Honduras a ajouté à la dernière seconde avant consommation -, y étant assurément pour quelque chose ! Comme j’avais consulté la carte au préalable sur le site internet d’Oceania Cruises, j’avais décidé que j’allais pour une fois comparer à la suite deux homards de provenance différente : The Polo Gril Surf and Turf comprenant un homard de la Floride et le Whole Maine Lobster Steamed. Verdict ? Le Maine, d’un poil ! J’ai ensuite cédé à la proposition de desserts la plus délirante du Riviera : le Polo Quintette composé de cinq portions de desserts : tarte aux pommes vertes, gâteau au fromage New York caramélisé, crème brûlée, brownie au fudge au chocolat avec sauce aux framboises et crème glacée à la vanille tahitienne et enfin, tarte au citron vert avec une sauce à l’orange de Floride… Le seul mot qui me vient à l’esprit est déraisonnable !


On ne fera pas ici de débat sur les mérites respectifs des cuisines française et italienne. Mais le restaurant du Riviera qui m’a totalement conquis est le Toscana. Parce que ce restaurant italien propose une belle sélection de plats, rien de moins qu’une quarantaine provenant non seulement de la Toscane, mais aussi de Milan, Gènes ou Bologne. Qui plus est, plusieurs de ces plats sont basés sur des recettes transmises par les grands-mères et les mères des employés italiens de la compagnie. Le tout est servi dans une somptueuse porcelaine Versace exclusive. 


J’avais coché au préalable pas moins d’une dizaine de plats m’intéressant au plus haut point. J’ai ratissé le plus large possible en commandant un carpaccio de pieuvre arrosé d’une vinaigrette au Champagne, une soupe aux pommes de terre et enfin, le trio Toscana (tortellini à la ricotta et épinards, fettucine à la carbonara et risotto au homard). C’était sans compter sur les sept sortes de pain (tendre, croustillant, sec, huileux, au fromage, à la pizza…) que l’on m’apporta en même temps que la carte d’huile d’olive extra vierge. Parmi les 10 sortes, la serveuse s’occupant de ma table, originaire d’Italie, m’a conseillé de prendre impérativement l’Ardoino Fructus, une fabuleuse huile d’olive provenant de La Liguiria. Et pour fins de comparaison, j’ai opté pour un produit du sud-est sicilien, le Fratelli Aprile Il Novello 274th. 


Et comble de décadence, j’ai récidivé avec le concept de quintette de desserts : cannoli avec ricotta au citron sicilien, tiramisu avec amaretto et brandy âgé, crème brûlée, pana cotta à la vanille avec compote de fruits rouge et un sorbet avec minestrone de fruits et sirop d’abricots. Quelle ne fut pas ma surprise quand la serveuse apporta en même temps que ma quintette un plat de six gros biscottis de trois saveurs différentes (que je n’ai pu honorer) ! 


Autre expérience culinaire hors pair au Red Ginger, avec une carte toujours imposante, une trentaine de plats de différents pays asiatiques. Fidèle à ma décision initiale de m’en tenir qu’aux poissons et fruits de mer, j’ai opté pour le saumon grillé et ceviche de pétoncles et pour l’étonnant homard Pad Thai avec citron, tamarin et beurre d’arachides, le meilleur plat de homard de la semaine à mon goût. J’ai finalement renoncé à la trilogie de pétoncles (citron vert, oursin et wasabi) pour découvrir deux desserts qui m’étaient totalement inconnus : un sorbet japonais au citron yuzu et une crème glacée japonaise togarashi. Très bons, quoiqu’un peu déroutants comme saveurs. Pas de vin ce soir-là ! Mais du thé à gogo, j’en ai choisi deux parmi les neuf choix offerts (vert, blanc, noir et aux herbes). 


Un soir que je n’avais guère envie de passer deux heures à table, j’ai soupé sous un grand parasol orange à l’extérieur de la Terrace Café, le restaurant buffet du Riviera qui se compare avantageusement à bien des restaurants principaux de navires d’autres compagnies. Voici ce que j’ai dégusté, en petites portions : moule gratinée à l’ail, escargots à la bourguignonne, cinq sushis et sashimis, un morceau de homard, d’agneau et de mahi mahi grillés, une tartelette aux fraises et quelques morceaux de fruits. J’aurais pu opter pour quelques autres entrées de fruits de mer, pour du saumon, espadon, poulet ou steak grillé, pour des pâtes ou une pointe de pizza, pour le poulet préparé au wok, pour l’un des quatre autres desserts de la soirée, pour l’une des sept saveurs de crème glacée… 



Même abondance d’aliments dès le petit matin. On peut prendre son petit déjeuner en cabine, au restaurant principal baptisé The Grand Dining Room, au Waves Grill ou au restaurant buffet appelé Terrace Café. Ajoutons le Raw Vegan Juice Bar, avec un choix de près d’une dizaine de jus extraordinaires sous forme de smoothies, mélange de jus frais et café cacao (inclus dans le prix de la croisière). Je les ai tous essayé et j’ai particulièrement apprécié le Tropical Green (épinard, eau de noix de coco, banane et gingembre). Le midi, près de dix autres propositions de smoothies et de laits frappés viennent tenter nos papilles. Je dois dire que j’ai abusé du Tropical Temptation (goyave, mangue et fruit de la passion).


Le midi, j’ai surtout fréquenté le Waves Grill. Parmi la dizaine de plats, j’ai successivement jeté mon dévolu sur le surf and turf (c’était incidemment la première fois que je mangeais du homard le midi en mer), sur un fantastique hamburger au boeuf de Kobe et sur un étonnant hamburger au thon. De pareilles propositions, on en voit rarement à l’heure du midi, ce qui explique certainement le fort achalandage jour après jour. 


Un midi, j’ai enfilé pantalon et chemise pour dîner au Grand Dining Room avec, naturellement, une autre carte volumineuse : quatre entrées, deux soupes, trois propositions de plats santé Canyon Ranch, des mets du pays ou de la région vedette du jour (la Provence ce jour-là), deux salades, deux sandwichs, quatre plats principaux du jour et cinq plats permanents (comme des crudités avec sauce tartare ou l’hamburger au boeuf Angus), trois desserts et vaste sélection de crème glacée et de sorbets… Si bien que chaque jour, j’ai sauté le thé de l’après-midi servi au très grand lounge panoramique Horizons occupant tout l’avant du 15e pont avec sandwichs, pâtisseries et tutti quanti !


Tous les restaurants du Riviera sont inclus dans le prix de la croisière, sauf Privée et La Reserve by Wine Spectator. Privée porte bien son nom : il est discrètement aménagé entre les restaurants Polo Grill et Toscana à l’arrière du 14e pont. Il n’y a qu’une seule table, grande, de forme ovale, pouvant accueillir 10 convives, installée au centre d’une petite salle d’une blancheur immaculée, avec des notes de rouge vif provenant du tapis, d’un tableau, du centre de la table et des grandes assiettes rectangulaires. La salle est régulièrement réservée le soir pour souligner différentes occasions (anniversaire, fête corporative, etc.) moyennant des frais de 250$US et les invités peuvent choisir tout ce qu'ils désirent à partir des menus du Polo Grill et du Toscana.


Le décor de La Reserve, sis au centre du 12e pont, est moins spectaculaire que celui du Privée, Mais jusqu’à 24 passagers, répartis en trois tables rectangulaires, y vivent une incroyable expérience gastronomique déclinée en sept services avec grands vins assortis (à un prix variant entre 95$US et 165$US par personne selon l’un des trois menus choisis). Par ailleurs, les vins et alcools ainsi que les pourboires ne sont pas compris dans le prix de la croisière.


L’excellence des prestations d’Oceania Cruises est largement reconnue dans l’industrie. Elle a notamment obtenu, en 2011, le prix de la ligne de croisière la plus innovatrice attribué par Virtuoso, un réseau spécialisé dans le voyage de grand luxe regroupant quelque 300 agences réparties dans 22 pays. En décembre 2016, Oceania Cruises a reçu de Travel Weekly Readers le prix de ligne de croisière offrant la meilleure cuisine et, en août 2016, au Virtuoso Gala Awards, le prix de Best Premium Cruise Line.


Fêtant son quinzième anniversaire d’existence en 2018, Oceania Cruises a en effet une histoire très riche en nouveautés. Pensons, par exemple, aux trois Owner’s Suites de plus de 185 mètres carrés s’étalant sur la totalité de la largeur du Marina et du Riviera enrichis de meubles de la collection Ralph Lauren Home. Ou encore, au grandiose atrium s’étalant sur deux ponts, avec lustre blanc majestueux et escalier circulaire, bonifié de pas moins de 4 600 livres de cristal de la réputée marque Lalique somptueusement sculpté par une quarantaine d’artisans français. 


Tout à côté du pont inférieur de l’atrium se trouvent les boutiques du Riviera proposant une ribambelle de produits luxueux, dont des bijoux et diamants des marques HStern, Kallati, Bellarri et Sophia Fiori ainsi que des sacs des marques Furla, Guess et Chopard, entre autres. Un peu plus loin se succèdent le bureau de réservation, le comptoir d’excursion et la réception. Fait à signaler, à ce dernier endroit, il est régulièrement possible de transiger en français. Par exemple, lors de mon passage en début d’après-midi, les trois membres d’équipage y travaillant parlaient très bien le français (l’une était originaire du Pérou, l’autre de la Croatie et le troisième de France).


Tapis aux riches motifs, chaudes boiseries, marbre et granit à profusion, sofas et canapés en velours... tout n’est que luxe sophistiqué à bord du Riviera. Pareille décoration contribue à créer une atmosphère qu’Oceania Cruises définit comme « country club style ». De fait, nous avons l’impression de pénétrer dans une cossue maison de campagne ou dans un hôtel boutique cinq étoiles, impression particulièrement marquée dans le Martinis, l’un des six bars et lounges du Riviera. Le code vestimentaire est à l’avenant : pas de complet cravate ou de robe de soirée, un simple veston suffit pour les hommes et un ensemble décontracté pour les dames. 


Le calme règne à bord du Riviera. Quelques activités sont offertes tous les jours comme des cours de danse, des tournois de bridge, des compétitions de criquet, des séances de bingo, des quiz, des présentations de conférenciers réputés ou des sessions d’apprentissage soit au The Culinary Center (la seule cuisine en mer à offrir des leçons pratiques sous la supervision de grands chefs, frais de 69$US par personne), soit à l’Artist Loft. Lors de mon passage à bord du Riviera, c’est un artiste américain vivant en Floride, sur place pour trois mois, qui proposait ses créations d’acrylique sur verre. 


À l’extérieur, des passagers testent leur habilité sur le parcours de mini-golf ou sur le court de tennis aménagés à l’avant du 15e pont. D’autres se font dorloter au spa, situé juste en-dessous, à l’avant du 14e pont et géré par la firme bien connue dans l’univers des croisières, Canyon Ranch. Les occupants des suites et penthouses ont un accès privilégié au Private Spa Terrace, une zone extérieure comportant un très grand bain à remous. 


D’autres passagers s’amusent ferme dans la petite salle de jeux érigée au centre du 14e pont. D’autres, tout à côté, s’activent sur le clavier de l’un des ordinateurs de la salle Internet tandis que d’autres feuillettent un beau livre dans l’une des zones intimes de la grande librairie décorées de modèles réduits de navires. D’autres passagers, enfin, savourent sandwichs, biscottes, madeleines ou canelés avec un café de la marque Illy au Baristas adjacent (inclus dans le prix de la croisière, mais pas les cafés avec alcool ni les digestifs italiens). Ce bel endroit panoramique de forme ovale surplombe les deux bains tourbillons trônant à l’entrée de la piscine cernée notamment d’une douzaine d’invitants grands lits de style Bali qui occupent le centre du 12e pont. Comme sur nombre de navires, il n’y a pas de 13e pont, superstition oblige.


Le soir venu, on assiste à des spectacles à grand déploiement au théâtre Riviera Lounge (une seule représentation par soir, tardive, à 21h45) et plus intimistes à Horizons (une représentation par soir, à 22h45). Soulignons ce beau récital de Jeri Sager, une chanteuse ayant joué le rôle de Grizabella dans la comédie musicale CATS. On apprécie aussi en cours de soirée les musiciens jouant dans les différents espaces publics du Riviera (un pianiste, un duo de chanteurs, un quatuor à cordes ou un groupe de musiciens latinos).  


Au fil des déplacements à travers le Riviera, on constate que ce navire s’apparente à un musée d’art moderne flottant. Il y a une telle profusion de toiles de tous styles - et parfois d’imposantes sculptures -, qui ornent les espaces publics, y compris une lithographie de Picasso à l’entrée d’une toilette publique ! Généralement fort colorés, offrant un contraste prononcé avec le bois foncé des murs, oscillant entre l’hyperréalisme, le cubisme, le fauvisme, etc., les toiles, souvent audacieuses, voire déconcertantes, sont l’oeuvre tant de créateurs reconnus, comme Picasso et Miro, que d’artistes émergents, comme Li Dominguez Fong et Carlos Luna. « Nous avons voulu créer une collection d’art non pas pour meubler les murs, mais pour provoquer des conversations et inspirer des émotions », dit le co-fondateur d’Oceania Cruises, Bob Binder. 


C’est plus que repu que l’on rejoint les bras de Morphée dans l’une des quelque 600 cabines du Riviera. Tous les jours se trouvent à ma porte non seulement le programme du lendemain d’activités à bord, mais aussi un feuillet résumant informations pratiques et principaux attraits touristiques de la prochaine escale.