Faits saillants (croisière de huit jours)

- Parcours en autobus de la Route des vins de porto dans la vallée du Douro : l’un des paysages les plus spectaculaires au monde

- Vingt-cinq heures de navigation fascinante sur le Douro, un fleuve aux rives variées, de jour seulement

- Traversée de trois écluses, dont celle du barrage Carrapatelo, le plus haut d’Europe avec 36 mètres

- Vingt-quatre heures à Porto, 2e plus grande ville du Portugal, dont le centre historique est classé Patrimoine de l’humanité

- Dix excursions, dont trois dynamiques, dans de petites villes et villages portugais (et dans une ville espagnole d’une durée de 10 heures)

- Une quinzaine de plats et une douzaine d’alcools portugais servis à bord. Quatre dégustations de porto dont deux en excursion. Dégustation d’une pâtisserie locale en excursion


De la piscine du MS Miguel Torga, nous avons une vue imprenable sur la « Tour Eiffel horizontale », comme notre guide appelle le pont Maria Pia bâti par le célèbre Gustave Eiffel à la fin du 19e siècle. Le navire est amarré au-dessous de cette singulière construction en forme d’arc métallique qui sert de viaduc ferroviaire enjambant les 150 mètres de la vallée du Douro d’une seule portée.


Mis en service en mars 2017, le MS Miguel Torga est le plus récent navire de la flotte de cinq navires de CroisiEurope sillonnant le fleuve Douro au Portugal. Cinq navires ! Contre un sur le fleuve Guadalquivir, en Espagne, et un seul aussi sur le fleuve Pô, en Italie. C’est dire la popularité de cette croisière sur le Douro, ce fleuve méconnu qui prend sa source en Espagne, s’épanouit dans le nord du Portugal et se jette quelque 850 kilomètres plus loin dans l’Océan Atlantique, après avoir traversé de multiples quintas, ces fermes vignobles d’une blancheur immaculée produisant les fameux portos. 


Pareille popularité s’explique par le fait que cette croisière ravit au plus haut point les passagers ! Et ce, tant par le volet de navigation que par les aspects terrestre et culturel.


D’abord, la navigation. Réputée difficile sur ce cours d’eau au parcours tortueux surnommé le fleuve d’Or, elle offre un spectacle magnifique.  Durant les 25 heures de navigation du MS Miguel Torga sur le Douro défilent à travers les larges baies vitrées de notre cabine forêts de chênes-lièges et d’eucalyptus, amandiers, oliviers, villages aménagés parfois au lointain de l’horizon, parfois collés sur la rive, vieilles maisons ou résidences modernes tout en pierres, à la façade ornée de carreaux de faïence ou blanchie à la chaux, souvent avec toiture de tuiles rouges, ponts de chemins de fer suspendus entre ciel et terre, vignobles en terrasse - certains vertigineux avec une inclinaison allant jusqu’à 70% ! Qui plus est, à un endroit, le Douro devient si étroit que l’on peut presque toucher les hautes parois granitiques qui se dressent de chaque côté des rives ! 


Le MS Miguel Torga navigue parmi un paysage figé dans le temps, en contact direct avec la nature et dans un environnement d’une rare tranquillité. Par moments, le seul bruit ambiant est le chant des oiseaux auquel s’ajoutent le caquetage de canards ou le cri strident de coqs certains matins. À peine le navire arrivé à Rega pour l’escale de nuit, un matelot se met à distribuer des morceaux de pain aux canards entourant le MS Miguel Torga. Et voilà des dizaines d’autres canards qui arrivent à toute vitesse de toutes les directions pour profiter de cette manne. C’est une croisière d’autant plus reposante que le navire s’amarre à quai à chaque fin de journée, la navigation de nuit étant interdite sur le Douro.


À quelques reprises, le MS Miguel Torga dépose ses 132 passagers à un quai pour une excursion et les reprend quelques heures plus tard à un autre quai. Cela permet ainsi de respecter les horaires contraignants des cinq écluses qui parsèment la partie portugaise du Douro. L’après-midi de la 3e journée de croisière, nous assistons, bouche bée, sur le pont soleil du MS Miguel Torga, à l’entrée du navire dans un impressionnant couloir bétonné jouxtant le barrage de Carrapatelo, le plus haut d’Europe avec 36 mètres. L’écluse de 12 mètres est cependant à peine plus large que notre navire. Une immense porte-guillotine de 150 tonnes se referme derrière nous, le couloir se remplit d’eau à une vitesse étonnante et le navire franchit l’écluse en moins d’une demie-heure. La construction de ces barrages dans les années 1970 a permis de sécuriser le transport du vin dans les « rabelos », ces barques portugaises en bois à fond plat et à haute voile carrée. 


Ensuite, les activités terrestres et culturelles de cette croisière sont enrichissantes. Les excursions sont axées sur la découverte de trésors architecturaux et de produits locaux, à commencer par le porto dans la région du Douro, la plus ancienne appellation d’origine contrôlée du monde. Trois activités centrées sur la culture portugaise bonifient la vie à bord (concert de fado, cours sur la langue portugaise et spectacle folklorique). Chaque programme de la journée comporte un résumé de l’histoire et des attraits des villes visitées, informations qui sont aussi diffusées en continu sur le grand écran de télévision installé près de la réception. La carte des vins présente des informations sur les différentes régions viticoles du Portugal. Une quinzaine de plats locaux sont servis midi et soir tout au long de la croisière (voir section gastronomie ci-dessous).


En 2017, cela fait 15 ans que CroisiEurope programme des croisières dans la partie portugaise du Douro. Débutant et se terminant à Porto, deuxième plus grande ville du Portugal, les croisières soit de six jours, soit de huit jours, prévoient une excursion quotidienne qui a généralement lieu le matin, qui dure de quatre à cinq heures avec d’une à deux heures de déplacement en autobus. Les excursions sont toutes de types classique, sauf trois de type dynamique (visite de Porto en tramway et de Salamanque en vélo, et randonnée le long du Douro).


Nous avons ainsi l’occasion de visiter le centre de Porto à deux reprises, de soir, puis de jour. D’apprivoiser l’histoire du Palais des ducs de Bragance à Guimaraes, ville natale du premier roi du Portugal. De découvrir le plus beau manoir du nord du Portugal, le Solar De Mateus. De parcourir l’impressionnante route des vignobles et de déguster deux portos dans une quinta érigée au sommet d’une montagne. Et finalement, de descendre une partie des 688 marches conduisant à un sanctuaire érigé à flanc d’une colline de la ville de Lamego. À ce programme en terre portugaise s’ajoute, toute la 5e journée de la croisière, l’excursion dans la ville espagnole de Salamanque, comprenant quatre heures de déplacement en autobus et un repas dans un restaurant local.


Première excursion dès le premier soir de la croisière sous le thème de Porto illuminé. Premier arrêt au Jardim do Morro qui surplombe les villes jumelles de Porto et de Vila Nova de Gaia, la première aménagée sur la rive escarpée du Douro et la seconde qui regroupe de multiples caves à porto. Tous s’extasient devant ce panorama à couper le souffle. Ensuite, bref déplacement en autobus dans le centre historique de Porto qui a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1996. Et, clou de la soirée, visite de la Salle des pas perdus de la Gare de Sao Bento, remarquable avec ses 20 000 azulejos. Ces carreaux de faïence, qui ont été peints en 1930, forment de grandes fresques représentant des scènes traditionnelles du nord du Portugal. « Il y a peu d’azulejos modernes, l’ancienne dictature n’en favorisait pas la production », fait remarquer notre guide.


Le lendemain matin, les passagers ayant opté pour l’excursion dynamique apprivoisent davantage Porto en empruntant la ligne de tramway qui conduit jusqu’à l’embouchure du Douro. Là se trouve le Museu do Carro Electrico qui renferme une riche collection de tramways jadis utilisés à Porto. Les participants à l’excursion classique, eux, sont conduits au Palais de la Bourse qui renferme des salles d’apparat d’un luxe inouï. Les deux excursions se terminent dans la ville d’en face avec une dégustation de porto. L’après-midi est libre. Il faut savoir que Porto est une ville très vallonnée, donc très exigeante physiquement quand on la parcourt à pied.


De retour au navire, des hôtesses nous attendent comme d’habitude avec un verre de jus frais, attention bienvenue après une autre sortie dans des conditions chaudes bien que matinale en ce début de mois de juillet. 


Le clou de la croisière a lieu le sixième jour quand nous parcourons la Route des vins de porto entre Ferradosa et Pinhao. Après une vingtaine de minutes, notre autobus s’arrête à Sao Salvador do Mundo, un belvédère dominant le Douro et le barrage de Valérie. Pendant ce temps, notre navire a immédiatement repris sa route après nous avoir déposé à Ferradosa et voilà que nous le voyons, 700 mètres plus bas, s’engager dans l’écluse de Valeira… Quelle belle coïncidence ! 


Après avoir fait des achats dans un charmant marché de souvenirs improvisé devant une église du village de Sao Joao da Pesqueira, l’autobus s’engage dans une étroite route en lacets qui serpente au travers une succession de vallées remplies de vignobles étagés à perte de vue et qui nous conduit à la Quinta do Seixo. De nos sièges, le spectacle qui s’offre à nous est fantastique et, par moments, vertigineux, voire apeurant ! On se remet de nos émotions en dégustant deux portos, l’un de trois ans et l’autre de dix ans d’âge, sur la terrasse de ce domaine appartenant au géant Sandeman. De là, nous voyons de nouveau notre navire, déjà amarré à Pinhao au fond de la vallée.


La vallée du Douro où est lovée la Route des vins de porto commence dès après le passage du barrage de Carrapatelo. « Un vieux paysan m’a dit un jour que si Dieu avait conçu le monde, l’homme a créé le Douro », dit Ricardo Moreira, directeur des opérations de CroisiEurope au Portugal. De fait, vingt siècles durant, des générations de vignerons ont construit des milliers de kilomètres de muret de soutènement pour leurs vignes grimpant jusqu’à 700 mètres d’altitude. Tout ce travail parfois surhumain a failli disparaitre à la faveur d’une épidémie de phylloxera, un terrible puceron qui est apparu en 1870 et qui a tout détruit durant deux décennies. 


« Dans cet univers totalement masculin, une femme a été à la source de la renaissance de la vallée du Douro, raconte notre guide Virginia Franco. Madame Antonia Ferreira a en effet aidé les paysans à traverser cette terrible période de famine en leur fournissant de la soupe faite avec les légumes ayant résisté à l’épidémie ainsi que des chaussures de travail. Et elle a développé ce qui est devenu l’une des marques les plus fortes de porto dans le monde. » 


De nos jours, quelque 30 000 vignerons besognent sur 250 000 hectares de vignes réparties sur une centaine de kilomètres le long du Douro. Au fait, c’est à un religieux que l’on doit la création du porto. Celui-ci versa quelques mesures d’eau-de-vie dans une cuve afin de bloquer la fermentation des raisins pendant leur transport en bateau. Rien à voir cependant avec le porto d’aujourd’hui qui est l’heureux résultat du mélange d’une quinzaine de crus d’âge et de sélections diverses. 


Dernière journée de navigation, déjà. Après la visite de la timonerie, le commandant annonce une surprise pour la soirée : au lieu de s’amarrer directement au quai de CroisiEurope en retrait du centre de Porto, le MS Miguel Torga poursuit son chemin sur le Douro jusqu’à l’embouchure de l’Atlantique avant de revenir sur ses pas, un extra maritime d’une trentaine de minutes qui permet de traverser, deux fois plutôt qu’une, le coeur de Porto, la plus belle partie, et de longer ses rives fort animées en ce vendredi soir.


Dernière attention le jour du débarquement pour les passagers dont le vol de retour est en fin d’après-midi : elle met à leur disposition un autobus qui les dépose au centre-ville de Porto à 10h00 et les reprend à 14h30 pour les emmener à l’aéroport, ce qui donne une troisième et ultime possibilité de découvrir d’autres beautés de Porto.


Depuis 2002, CroisiEurope propose des croisières de six ou de huit jours dans la partie portugaise du Douro à bord de cinq navires : le MS Fernao de Magalhaes, le MS Infante don Henrique, le MS Vasco de Gamma, le MS Gil Eanes et, celui sur lequel nous avons navigué, le MS Miguel Torga. La demande est si forte qu’un navire jumeau au MS Gil Eanes et au MS Miguel Torga sera mis en service en 2019.


Classé cinq ancres, le MS Miguel Torga est un navire à trois ponts : le pont supérieur, le pont intermédiaire (avec salon bar) et le pont principal (avec restaurant). Une première dans la flotte de CroisiEurope : le pont soleil comporte une piscine d’une profondeur de 0,75 mètre qui a la particularité d’être hydraulique : elle s’abaisse et s’encastre dans le plafond du pont supérieur quand le navire passe sous un pont bas.


Chacun des navires sur le Douro affiche une longueur moins grande que les navires du reste de la flotte de CroisiEurope (75 à 80 mètres au lieu de 110). Pareille configuration leur permet d’entrer tout juste dans les écluses jouxtant les cinq impressionnants barrages hydroélectriques érigés dans la partie portugaise du Douro. 


Le MS Miguel Torga renferme 66 cabines doubles pouvant accueillir 132 passagers. Fait à noter, les trois ponts sont reliés entre eux par un ascenseur. Pas moins de 24 des 25 membres d’équipage du MS Miguel Torga sont portugais (sauf le chef cuisinier) et tous comprennent le français. La boutique du navire vend une ribambelle de souvenirs portugais (coqs, sacs faits en liège, bijoux, céramiques, etc.).


Gastronomie

Sauf exception, les produits de base sont tous portugais et nombre de menus comporte un plat local. Comme en entrée : accras de morue sauce gribiche. Cocktail de crabe à la portugaise. Potage Caldo Verde (soupe aux choux verts portugais avec Chouriço, une saucisse fumée à base de viande de porc). Trilogie de Chorizo et sardine sur pain, fromage et tomate. En plat principal : filet de sole avec langoustine, sauce au mousseux portugais et brocolis. Gigonade de poulet à la linguiça (farci au chouriço). Gratin de morue à la crème. Et en dessert : pastel de Nata (tartelette au flanc).


Au restaurant, les boissons suivantes sont incluses : eau naturelle des marques Cruizeiro et Luso. Eau pétillante légère Vimeiro. Carte de huit vins, tous portugais : deux blancs, deux rouges et deux rosés des marques Terra Franca (de la région viticole du centre du Portugal, Beiras) et Encostas Do Peso (de la région du nord Douro). Et un blanc et un rouge So Pias (de la région du sud Alentejo). En accompagnement de l’entrée de foie gras au repas de gala, un porto blanc demi-sec de la marque Porto Reccua. Et un excellent vin rouge Castello de Arraiolos Réserva 2015 pour accompagner le plat principal du repas de gala (carré de veau). 


Au bar, les boissons suivantes sont incluses : En cocktail de bienvenue, un porto aux fruits rouges Porto Reccua (19% d’alcool). Bière Sagres. Vin effervescent Leao Dourado. Eau de vie Rochedo. « Les Portugais aiment les alcools sucrées et costauds, conclut la commissaire de bord Tatiana Anlecar. Nous avons pour les hommes un brandy Macieira à 39% d’alcool et pour les dames une liqueur d’amandes Amarguinha à 20% d’alcool. »


Itinéraire

Jour 1 : Embarquement Porto (17h). Visite Porto illuminée (21h15-22h45). Escale de nuit Porto


Jour 2 : Classique : Visite guidée Porto. Dynamique : Visite Porto en tramway (08h30-12h30). Après-midi libre. Soirée fado. Escale de nuit Porto


Jour 3 : Visite Palais des ducs de Fragance à Guimaraes (08h30-12h45). Navigation vers Regua (13h-18h30). Passage de l’écluse du barrage Carrapatelo (15h50). Escale de nuit Regua


Jour 4 : Navigation vers Lamego (07h-07h30). Visite Manoir Solar De Mateus et la ville Vila Real (08h30-12h30). Navigation vers Vega de Teron (13h-20h). Soirée flamenco. Escale de nuit Vega de Teron


Jour 5 : Classique : Visite Salamanque en Espagne. Dynamique : Visite Salamanque en vélo (08h-17h30). Escale de nuit Barca d’Alva


Jour 6 : Navigation vers Ferrados (08h30-13h). Route des vins et dégustation Quinta do Seixo (14h-18h30). Soirée de gala. Escale de nuit Pinhao


Jour 7 : Navigation vers Folgosa (07h-08h). Visite Sanctuaire Notre Dame des Remèdes à Lamego (08h30-12h30). Navigation vers Porto (13h-21h). Passage de l’écluse du barrage Carrapatelo (15h25). Soirée folklorique. Escale de nuit Porto


Jour 8 : Débarquement Porto (09h)


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