Tous les convives autour de ma table sont unanimes : le vin rouge offert lors du souper de bienvenue à bord de l'AmaDolce est rien de moins que fabuleux. Nous savourons un Château Dubois Gramont 2014 qui a remporté la Médaille d'argent du Concours de Bordeaux 2015. Les amateurs de vin blanc ne sont pas en reste avec un Château Belle Cure 2015, un autre bon cru bordelais. C'est le prélude à une succession ininterrompue de superbes dégustations concoctées par AmaWaterways dans cette région bénie des Dieux regroupant près de 10 000 vignerons et 65 appellations d'origine contrôlées.


Co-fondée en 2002 par des entrepreneurs allemands et autrichiens, Rudi Schreiner, Kristin Karst et Jimmy Murphy, AmaWaterways est une entreprise familiale qui propose aujourd'hui des croisières sur les fleuves traversant une quinzaine de pays européens ainsi que des croisières fluviales au Vietnam, au Cambodge, au Myanmar et dans le sud de l'Afrique. AmaWaterways organise des croisières d'une durée moyenne de sept nuits, à lesquelles peut s'ajouter une portion terrestre avec visites et séjour de quelques nuits avant et-ou après la croisière dans un luxueux hôtel de grandes villes européennes comme Paris, Prague ou Budapest. 


AmaWaterways a ajouté à sa programmation des croisières thématiques sur le vin à partir de 2010, et à ses itinéraires la région bordelaise à partir de 2016. Croisières en Direct a ainsi eu l'occasion de découvrir, dans le cadre de l'une des 41 croisières thématiques sur le vin programmées en 2016 (et autant en 2017), plus d'une trentaine de grands crus de l'une des régions vinicoles les plus réputées au monde, dont une quinzaine à bord (Château Malagar, Château Cabannieux blanc, Château Haut Moulin Rouge, par exemple) et une vingtaine d'autres lors d'excursions dans cinq châteaux viticoles.


Bien que cette croisière à partir de Bordeaux se déroule sur deux fleuves, le volet maritime est limité en raison des faibles distances entre les cinq villes d'escale - Cadillac, Pauillac, Blaye, Bourg et Libourne, un maximum de 70 kilomètres entre chacune d'entre elles. Le navire ne se déplace que quelques heures par jour, longe des rives souvent peu habitées fourmillant cependant de carrelets (cabanes sur pilotis pour la pêche au filet de mulet, d'alose feu et de crevettes blanches), reste à quai la nuit et ne franchit aucune écluse (contrairement aux croisières sur le Rhin ou le Danube, par exemple). En revanche, comme c'est monnaie courante dans le domaine fluvial, il arrive que l'AmaDolce s'amarre tout à côté d'un autre navire fluvial si bien que notre cabine donne alors directement sur une autre cabine au lieu d'une vue générale sur la ville d'escale ou sur le quai, selon le côté du navire dans lequel on se trouve. 


Le volet terrestre de la croisière bordelaise constitue une incursion unique dans la France profonde, authentique et prestigieuse. « C'est une façon unique de découvrir ou de redécouvrir la France sous des angles inédits », dit Brenda Kyllo, vice-présidente Alliances Stratégiques d'AmaWaterways basée à Montréal. De fait, tous les jours, et même deux fois dans la même journée, nous accostons directement au coeur des principaux villages bordelais et visitons différents châteaux viticoles. La quasi totalité des excursions au programme sont incluses dans le prix de la croisière (quatorze sur seize). Outre les excursions traditionnelles en autobus avec guides locaux et système audio multilingue QuietVox, AmaWaterways met systématiquement une quinzaine de vélos de la marque hollandaise Gazelle à la disposition de ses passagers les plus sportifs. Elle propose aussi des randonnées pédestres dans le cadre de la plupart de ses croisières, mais pas celle au départ de Bordeaux, une région fondamentalement sans relief. 


Cette croisière nous permet d'apprivoiser des vins de différentes appellations bordelaises : Pomerol, Margaux, Pauillac, Pessac Léognan, Saint-Emilion, Medoc, Fronsac, etc. - que ce soit au cours des repas à bord, lors de dégustations à terre ou encore, par l'entremise de la carte payante des vins (moyenne de 60 euros la bouteille) comprenant une quinzaine de propositions de vins rouges et blancs bordelais (plus quelques-uns blancs provenant de la Loire) ainsi que quelques champagnes et mousseux (dont un Crémant de Bordeaux). Précisons que les vins, bières, jus, sodas et cafés spécialisés consommés lors des repas sont inclus dans le prix de la croisière. De plus, une machine à cafés spécialisés et chocolat chaud ainsi qu'une douzaine de sortes de thé et du thé glacé peuvent être consommés sans frais à toute heure du jour ou de la nuit. Sont exclus du prix de la croisière les soins au salon de beauté, les frais de nettoyage de vêtements, les alcools hors repas et les pourboires (15 euros par jour).


La toute première excursion à partir de la municipalité de Cadillac nous transporte dans le plus ancien domaine de Sauternes, le Château Guiraud qui produit trois vins blancs, dont l'un très fruité, que nous goûtons avec plaisir après moultes explications sur les caractéristiques du terroir local et les différentes étapes de vinification et de vieillissement par une représentante de ce domaine viticole. « Avec nos croisières thématiques sur le vin, nous cherchons à combiner dégustation de grands crus, histoire viticole et transmission du savoir-faire à nos passagers par les vignerons eux-mêmes », dit Kristin Karst, vice-présidente exécutive et co-propriétaire d'AmaWaterways. La dégustation au Château Guiraud se termine par une bonne rasade d'Abbatilles Sainte Anne, une eau « finement pétillante » du village bordelais d'Arcachon.


La seconde journée nous amène dans le Médoc. Après que le navire se soit amarré dans le village de Pauillac et que notre bus soit passé devant les plus prestigieux châteaux viticoles de la région - Latour, Margaux, Lafite Rothschild, etc. -, nous dégustons quatre vins du Château Gruaud Larose de différentes cuvées valant chacun un minimum de 100 euros la bouteille. Comment pourrons-nous, au retour à la maison, se passer de ces dégustations quotidiennes ?


Nous voilà déjà à la mi-croisière. Après une promenade matinale au village de Blaye et une excursion pour des passagers de tout âge de 18 kilomètres en vélo entre Blaye et Bourg, nous terminons la journée par un événement exclusif aux passagers d'AmaWaterways : une Fête du vin organisée par une jeune entrepreneure locale, Marion Abbadie, à la Maison de vin - Côtes de Bourg, un édifice avec terrasse panoramique surplombant le village de Bourg. Au son d'un accordéon et de vieilles chansons françaises, nous apprécions trois vins de l'appellation Côte de Bourg : un Château Haut Mousseau ainsi qu'une cuvée Tradition et une cuvée Prestige du Château de Côts. Propriété familiale depuis 1930, le château de Côts produit des vins biologiques depuis 10 ans, c'est à dire sans recours à des produits chimiques ni à des organismes génétiquement modifiés. Les vignes en culture biologique sont d'ailleurs en hausse constante ces dernières années et elles représentent maintenant 8% de la production viticole en France. 


Nous remettons cela le lendemain lors de l'escale à Libourne, ville de quelque 25 000 habitants bordant la Dordogne à partir de laquelle nous nous dirigeons vers Saint-Emilion, une cité médiévale de toute beauté perchée sur un promontoire rocheux abritant d'impressionnants monuments souterrains. « À Saint-Emilion, il y a 300 habitants, 70 commerces de vin et un million de visiteurs par année », dit la sympathique guide Julia Vasseau, native de cet endroit magnifique qui constitue, aux yeux de beaucoup de passagers, le summum de la croisière bordelaise. Comme d'habitude, les passagers sont regroupés dans différents autobus - 20 passagers maximum par autobus, contrairement à la pleine capacité avec les autres compagnies de croisières -, chacun allant dans une des bonnes caves de la région. Nous, nous atterrissons au Château de Pressac, un autre magnifique domaine dont les vins ont remporté une foule de prix au cours de la dernière décennie. Nos sens sont ardemment sollicités par quatre grands crus, dont une cuvée 2013 du Château Tour de Pessac qui a décroché la Médaille d'or du Concours mondial de Bruxelles 2015. 


Sur le chemin du retour, la directrice de croisières, Annie Lebailly, a la gentillesse de me faire goûter à un canelé, un dessert typiquement bordelais inventé au 16e siècle par les soeurs du couvent des Annonciades. Il s'agit d'un délicieux petit gâteau en forme de cylindré strié, composé d'une pâte molle parfumée au rhum et à la vanille, et recouvert d'une croûte caramélisée. 


Le navire est demeuré toute la nuit au quai de Libourne. Alors, le lendemain, nous repartons de plus belle en excursion dans cette région, et deux fois plutôt qu'une ! D'abord, en matinée, direction le village de Créon pour la visite d'un des marchés les plus réputés de la région bordelaise avec, naturellement, une dégustation de produits locaux à la clé (fromages et pains artisanaux ainsi que jambon de Mantaza). 


Ensuite, dans l'après-midi, direction la commune de Fronsac, là où les premières vignes furent plantées il y a 2 000 ans ! Au 18e siècle, les vins de Fronsac étaient incidemment les plus réputés de la région de Libourne au point de se vendre à un prix largement supérieur à ceux de Saint-Emilion ou de Pomerol. Notre dégustation porte sur trois vins de l'imposant Château de La Rivière datant du 16e siècle qui surplombe la vallée de Dordogne avec 35 hectares de vignes... et 8 hectares de caves souterraines. Celles-ci ont été creusés du 12e au 18e siècle pour en extraire le calcaire servant à la construction des maisons de Bordeaux de l'époque. Durant la Seconde Guerre mondiale, le château de La Rivière a été occupé par les nazis qui ne se sont jamais aperçus que les caves étaient le refuge des résistants de la région ! C'est encore une fois repu que nous retournons à bord de l'AmaDolce qui lève rapidement l'ancre pour retourner à son port d'attache, Bordeaux, en fin de soirée.


Dernière journée de la croisière à Bordeaux : nous visitons le centre de cette ville inscrite depuis 2007 sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Unesco, puis nous nous rendons à la Cité du Vin construite à l'intérieur d'un fabuleux bâtiment en forme de bulle. Grâce à 20 modules thématiques et à plus de 120 productions multimédias, on se familiarise avec le vin à travers les âges et les civilisations. L'instructive visite se termine comme de raison par une dégustation au belvédère, un immense et lumineux bar à vin qui, à 35 mètres de hauteur, offre une vue panoramique incomparable de Bordeaux. D'autres passagers ont opté pour l'excursion vers Cognac accaparant la journée entière dans le but de terminer leur voyage par la découverte de spiritueux de la marque Henessy. 


Le dernier repas à bord donne lieu à la présentation d'un ultime grand cru, un Château Macquin 2013, médaillé d'or du Concours de Paris 2015. Et, à peine les passagers sortis de table, à 21h30, l'AmaDolce s'éloigne doucement du quai des Chartrons pour un dernier tour de piste devant les édifices joliment illuminés du centre de Bordeaux.


Outre les vins bordelais, les passagers de l'AmaDolce ont été conviés, à quatre reprises au cours de la croisière, à une dégustation d'une douzaine de grands crus californiens sous la direction de Christopher Silva, président et directeur général du St. Francis Winery and Vineyards, pas avare ni dans ses explications, ni dans les quantités servies de ses divins nectars. La première dégustation donne lieu à un exercice fort amusant : mélanger deux des quatre vins dégustés dans le but de créer son propre mélange. Puis, M. Silva goûte aux drôles de concoctions d'une bonne vingtaine de passagers, pour le plus grand plaisir de tous.


Construit en Hollande et lancé en 2009, l'AmaDolce, l'un des 21 navires de la flotte actuelle d'AmaWaterways, accueille 146 passagers (dont 70% provenant du continent nord-américain) et 44 membres d'équipage dévoués en provenance de neufs pays européens, dont la Roumanie, la Bulgarie et la Slovaquie. Long de 360 pieds et large de 38 pieds, il comporte quatre ponts, dont trois ponts intérieurs contenant 74 cabines avec balcon français. Le pont extérieur abrite deux espaces de détente avec chaises longues (dont l'un protégé du soleil par une grande toile), une piste de jogging et, ce qui est rare pour une compagnie fluviale, un bain tourbillon ouvert 24 heures sur 24 (et même une mini piscine avec bar les pieds dans l'eau à bord des plus récents navires d'AmaWaterways).


À l'arrière du pont baptisé Violin se trouvent le restaurant gastronomique, le salon de beauté et le petit gymnase avec sauna. À l'avant du navire ont été aménagés le grand lounge et le restaurant général situé pratiquement au même niveau que la mer que l'on voit défiler à travers les hublots. Les passagers peuvent aussi acheter souvenirs locaux et bijoux notamment de la marque allemande Coeur de Lion à la petite boutique du navire, ou emprunter de beaux livres et différents jeux à la bibliothèque installée au niveau supérieur de la réception. Mentionnons la présence d'un ascenseur reliant les trois ponts intérieurs pour le bénéfice des passagers à mobilité réduite.


L'AmaDolce est un navire haut de gamme qui offre un confort digne des grands paquebots. Les cabines climatisées avec contrôle individuel de température y sont spacieuses : 170 pieds carrés pour les cabines standards et jusqu'à 255 pieds carrés pour les suites. Elle disposent d'un grand lit (ou pouvant être séparé en deux lits simples), d'un choix d'oreillers mous ou fermes, d'une grande salle de bain avec douche multi-jets et d'une grande porte patio avec balcon français. Les produits d'hygiène et de soins sont de la marque allemande Hydro. 


Après avoir fait cette croisière, on comprend qu'en 15 ans d'existence, AmaWaterways n'a cessé d'accumuler les honneurs, dont l'obtention des 11 meilleures cotes parmi plus de 280 navires de croisière fluviale en Europe décernées par le Guide Berlitz en regard de l'hébergement, de la gastronomie, des activités à bord et du service. 


Peu de passagers s'en sont rendus compte, mais le capitaine de l'AmaDolce, Dany Baucher, et le capitaine adjoint, Patricia Devaux, ont dû composer avec les éléments pas toujours évidents dans ce coin de pays. Comme le mascaret, un phénomène de brusque surélévation de l'eau qui surgit sur la partie la plus rétrécie de la Dordogne et la Garonne. « Le courant du fleuve est contrarié par le flot de la marée montante dont l'ampleur peut varier grandement selon le débit du fleuve et le coefficient de la marée, explique Dany Baucher. Le mascaret avance à une vitesse de 10 à 20 kilomètres/heure et la vague peut atteindre plus de d'un mètre. Cette vague montante arrive tellement vite et avec tant de force qu'elle peut briser les amarres d'un navire. La manoeuvre consiste à larguer les amarres, se positionner au milieu du fleuve et attendre le passage de cette vague. »


Contrairement au mascaret qui se produit essentiellement dans les régions de Libourne et de Cadillac, là où l'AmaDolce ne va qu'une fois par semaine, les marées, elle, constituent un défi quotidien pour l'équipage de l'AmaDolce. En règle générale, la marée descendante - appelée le jusant -, dure environ huit heures et demi tandis que la marée montante - appelée flot -, dure environ quatre heures, avec une différence de niveau d'eau pouvant atteindre les cinq mètres ! C'est dire les immenses quantités d'eau qui, deux fois par jour, se déplacent dans l'estuaire de la Gironde (le plus grand d'Europe), né de la rencontre du fleuve Garonne (qui longe la ville de Bordeaux) et du fleuve Dordogne (qui borde notamment les vignobles de Saint-Emilion). Ce faisant, l'itinéraire de base de l'AmaDolce est sporadiquement sujet à des changements de dernière minute. Ces mouvements incessants ont pour effet de donner une coloration brunâtre à l'eau de la Garonne. « Quand la marée redevient basse à Bordeaux, nous pouvons apercevoir sur la Garonne plein d'épaves de la Seconde Guerre Mondiale », indique par ailleurs Annie Lebailly.


« Une bonne partie de mon travail consiste en de l'anticipation », poursuit Dany Baucher qui travaille pour AmaWaterways depuis 2012 et qui est devenu capitaine en 2013 à l'âge de 27 ans. Il n'est pas question d'improviser une manoeuvre, elle doit avoir été bien réfléchie et préparée. Comme celle qu'il réalise dès le premier matin de la croisière : au départ de Bordeaux, il doit passer sous l'un des arches du Pont de pierre. « Il n'y a pas de place pour l'erreur, dit-il placidement. L'idée est d'attendre l'étale de basse mer, c'est-à-dire le moment où la marée cesse de baisser avant de monter, parfois en flèche. Nous avons alors une courte fenêtre de 10 à 20 minutes, selon le coefficient de marée, pour passer sous le pont. Sinon, il faut rebrousser chemin vers Bordeaux. »


Gastronomie

« Tout est fait à la minute. Voilà pourquoi nous allons vous servir par groupe de six », dit d'entrée de jeu le serveur principal du Chef's Table Restaurant, le second restaurant de l'AmaDolce. Et - tel un ballet longuement conçu, patiemment répété et parfaitement exécuté -, se succède durant deux heures une dizaine de plats ayant tous le dénominateur commun d'être frais, savoureux et originaux : en amuse bouche, fromage de chèvre avec tomates jaunes et sauce aux pruneaux. Puis, un plat comportant quatre petites entrées : pétoncles sur fond d'algues marinées, foie gras de canard, rillettes sur fond de carpaccio de betteraves et quinoa rouge. Ensuite, une crème de fenouil avec Pernod et des escargots sautés suivi d'un sorbet aux pommes avec cidre. En plat principal, une version inédite d'un terre et mer : filet de cabillaud avec sauce au safran et ragoût d'écrevisses ainsi qu'une côte de boeuf avec une exquise sauce au vin rouge du Médoc. Finalement, en guise de dessert, un fondant au chocolat rien de moins que décadent et un gâteau à saveur de lavande ! Le tout, accompagné d'un vin blanc et d'un vin rouge (Château Blanc de Camarsac et Château L'Étoile de Villegeorge) en accord parfait avec ces mets dignes des plus grandes tables... avec en préambule un Crémant de Limoux Gérard Bertrand 2013. Ouf !


Amawaterways est la seule compagnie de croisière fluviale à avoir aménagé un deuxième restaurant - gastronomique celui-là -, à bord de ses navires. Pari risqué, brillamment relevé ! Ce repas - préparé de main de maître par le chef Julian Stadnica et servi avec maestria par le maître d'hôtel Susu Catalin, tous deux de Roumanie -, s'est avéré l'un des meilleurs que j'ai mangé à bord d’un navire.


Le Chef's Table Restaurant propose tous les soirs le même menu aux 24 convives de l'AmaDolce qui ont eu la bonne idée de réserver leur place, ceci afin de permettre à l'ensemble des passagers de découvrir cette extraordinaire table au cours de la croisière d'une durée habituelle de sept nuits. Le menu de dégustation, en revanche, varie d'un navire à l'autre afin de refléter la gastronomie locale des pays visités, précise le chef exécutif de l'AmaDolce, Bogdan Dumitrascu.


Difficile de ne pas prendre quelques kilos au cours d'une croisière comme celle-là. Matins et midis, les passagers de l'AmaDolce ont droit à un copieux buffet. Et le soir venu, AmaWaterways propose un repas en quatre, voire six services : choix de deux entrées; puis consommé ou potage; ensuite choix de trois plats principaux - poisson, viande ou végétarien (sans compter les trois plats principaux offerts en permanence : entrecôte grillée, filet de saumon et poitrine de poulet) et finalement, fromages et desserts auxquels s'ajoutent parfois amuse bouche et sorbet, le tout sous les thématiques suivantes : souper de bienvenue, souper de la Chaîne des Rôtisseurs (une prestigieuse organisation culinaire internationale dont AmaWaterways est la seule compagnie de croisière fluviale à en faire partie depuis 2013), souper avec accords mets et vins, souper de gala du commandant et souper d'au revoir. 


Mes coups de coeur, au restaurant principal où les portions sont toujours généreuses : en entrée, le vol au vent au ragoût de poulet et champignons ainsi que le gâteau au crabe et langoustine avec salsa d'ananas. En plat principal, le stromatée à fossettes, une fantastique poisson blanc accompagné de crevettes géantes sur fond de sauce au homard. Et comme dessert, la tarte aux pommes avec sauce au calvados et crème glacée à la cannelle ainsi que le clafoutis aux cerises avec gratin de nougat. Ajoutons tous ces grands classiques de la cuisine française que sont les cuisses de grenouille, la bouillabaisse, le carré d'agneau, le boeuf bourguignon, le canard à l'orange ou le coq au vin. Délicate attention : tous les soirs, les passagers reçoivent dans leur cabine une fiche de cuisine détaillant la recette et le mode de préparation d'un plat local. 


Au petit déjeuner, l'une des grandes tables du restaurant principal est transformée en un buffet d'une douzaine de pains et viennoiseries (croissants, pains au chocolat, danoises, chaussons, beignets, brioches, etc.) avec confitures maison et de la marque allemande Schwartau. S'ajoutent le coin fruits à profusion (melons, ananas, kiwis, raisins rouges, fraises, framboises, bleuets, airelles selon les matins), viandes froides, muesli et yogourts ainsi que le plateau de saumon fumé, le coin fromages et la section des plats du jour (oeufs bénédictine, gaufres, crêpes et steaks minute). On peut couronner le tout avec une flûte d'un très bon mousseux français, le Baron de Clary. 


Même abondance à l'heure du midi. Je me rappelle avec bonheur ce grandiose buffet de fruits de mer, une dizaine en tout, d'une fraîcheur irréprochable : crevette, pieuvre, calmar, huître, moule, saumon poché, oeufs de poisson, caviar, hareng mariné et langoustine. N'oublions pas les petits sandwichs et pâtisseries à l'heure du thé, les tapas quotidiens, des délices sucrées ou salées - comme des macarons d'une dizaine de saveurs ou des taccos au paprika -, et le snack de fin de soirée !


L'anglais est la langue d'usage à bord des navires de la flotte d'AmaWaterways, mais nombre de membres d'équipage maîtrisent le français, à commencer dans le cas de notre croisière bordelaise par le capitaine, son adjointe, la directrice de croisières et le barman du lounge. La moyenne d'âge des passagers se situe au début de la cinquantaine, mais celle-ci baisse dans le cas des croisières thématiques sur le vin.