Faits saillants (croisière de huit jours)

- Voyage hybride fleuve et terre : 

a) Les trois premiers jours de la croisière, dix-huit heures de navigation de jour dont 12 heures sur le fleuve Guadalquivir et six heures le long de la côte andalouse 

b) Les trois derniers jours, avec une douzaine d’heures de déplacement en autobus dans le cadre d’excursions à Grenade (durée totale 14 heures), au monastère de La Rabida (durée 5 heures) et à Cordoue (durée 9 heures)

- Spectacle équestre dans une ferme d’élevage de taureaux et dans une hacienda andalouse

- Peu de plats espagnols, mais une vingtaine d’alcools locaux servis à bord. Dégustation de trois vins espagnols en excursion


Tout d’un coup, après six heures de navigation au départ de Séville, le MS La Belle de Cadix se met à tanguer. C’est que le navire vient de quitter le fleuve espagnol Guadalquivir pour s’engager dans l’océan Atlantique en direction de Cadix en longeant la côte andalouse. 


Voilà pourquoi les passagers du MS La Belle de Cadix se sont prêtés en début de croisière à un exercice de sécurité avec gilet de sauvetage sur le dos. Et voilà pourquoi la majorité des 35 membres d’équipage sont d’origine philippine, ceux-là étant spécialement formés pour travailler à bord de navires côtiers et maritimes. 


Selon des poètes arabes, nous sommes à deux doigts du pays du paradis : en Andalousie, comme ils surnommaient la province la plus méridionale de l’Espagne. Vers le sud de Séville, nous sommes à une écluse et 30 minutes de navigation du fleuve Guadalquivir et à 80 kilomètres de l’océan Atlantique. Vers le nord, nous sommes à deux heures d’autobus de Cordoue, aujourd’hui inaccessible par voie fluviale à cause d’une trop grande accumulation de sédiments. Et vers l’est, nous sommes à près de quatre heures d’autobus de Grenade, cette autre ville inscrite au programme de cette croisière andalouse malgré la grande distance.


Non seulement le navire est hybride avec une navigation fluviale et côtière, mais la croisière l’est également, avec un volet de navigation suivi d’un volet terrestre. Les trois premiers jours, en effet, le MS La Belle de Cadix navigue un total de 12 heures sur le fleuve Guadalquivir et six heures sur l’océan Atlantique, et les passagers visitent, en autocar, une ganaderia (ferme d’élevage) de taureaux à Jerez de la Frontera, puis à pied une bodega (cave à vins) à El Puerto de Santa Maria et une hacienda (exploitation agricole) à Isla Minima. Scénario différent les trois jours suivants. Le MS La Belle de Cadix revient à quai à Séville et les passagers empruntent l’autobus pour découvrir successivement Grenade, le monastère de La Rabida et Cordoue.


Au départ de Séville, les premières heures de navigation du MS La Belle de Cadix sur le Guadalquivir se déroulent au milieu d’une zone marécageuse appelée Las Marismas. Le navire avance à fière allure sur un fleuve au parcours paresseux et aux rives dégarnies de végétation et d’habitations. À l’horizon, parfois, un petit village, une rangée d’éoliennes, quelques fermes, de vieux navires de pêcheurs et surtout, des hérons qui virevoltent dans tous les sens. Une quinzaine de passagers profitent de la belle température pour se faire bronzer sur le pont soleil, malgré le fort vent, batifoler dans une grande piscine gonflable ou se perdre dans l’infini de l’horizon. D’autres se sont réfugiés au « Pianorama Bar » à l’arrière du pont supérieur, l’endroit le plus tranquille du navire car peu fréquenté, avec un coin bibliothèque, un piano sur lequel jouent parfois des passagers et une belle terrasse extérieure confortable.


Le paysage change subitement quand, sur la rive droite du Guadalquivir, apparaît l’un des plus grands parcs d’Europe, celui de Donana. Créé en 1969 et classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1994, ce site de 54 000 hectares - dans lequel se succèdent dunes, marais et maquis boisés de chênes-lièges et d’oliviers -, est le refuge de plus de 500 000 oiseaux d’eau et l’abri de deux espèces menacées, l’aigle ibérique et le lynx parcelle. 


Puis, c’est la rive gauche qui s’anime avec une multitude de bateaux de plaisance et d’habitants qui se prélassent sur la très longue plage du village de San Lucar de Barrameda. Et nous voilà rendus à l’embouchure de l’océan Atlantique sur lequel nous allons naviguer trois heures en longeant la côte andalouse jusqu’à Cadix, notre première ville d’escale. Durant cette période, nous entendons épisodiquement la voix du commissaire de bord qui - successivement en français, en anglais et en espagnol - livre différentes informations sur la navigation en cours.


Qui dit Andalousie, dit tauromachie. Le troisième matin de la croisière, direction la ganaderia (ferme) Los Alburejos, un domaine familial situé au milieu d’une plaine verdoyante près de Jerez de la Frontera qui est spécialisé dans l’élevage des célèbres taureaux de Torrestrella et dans le dressage de chevaux andalous. « Notre grand-père a acheté ce domaine de 800 hectares en 1954 », raconte l’une de ses deux petites filles alors que nous venons de nous asseoir dans une petite arène aménagée en demi cercle. Après nous avoir expliqué la délicate sélection des taureaux pour le combat, - un seul taureau est retenu sur 10 en moyenne -, nous assistons à un spectacle d’un cavalier faisant déplacer sa monture au trot au son d’une musique espagnole. « Notre frère a reçu des mains du roi Juan Carlos le trophée Cheval d’or en dressage classique en 1973 », fait valoir sa soeur pour illustrer la longue tradition de qualité du spectacle. Comme nous le rappelle notre guide, la corrida au cours de laquelle les taureaux sont mis à mort ne fait pas l’unanimité. Elle est interdite en Catalogne depuis 2010, mais a été déclaré bien d’intérêt culturel par le parlement espagnol en 2013.


Pendant que le MS La Belle de Cadix navigue à nouveau sur l’océan Atlantique - cette fois-ci pour un court déplacement d’une heure entre Cadix et El Puerto de Santa Maria -, les passagers passent à table pour savourer une généreuse paella du chef regorgeant de gros morceaux de poisson et de poulet ainsi que de moules, crevettes, calmars. Ce plat, originaire de Valence, est populaire partout en Espagne, y compris en Andalousie. Pour la petite histoire, c’est le dictateur Franco qui choisit la paella comme plat national parce qu’avec ses poivrons rouges et son riz safrané jaune, il reproduisait les couleurs du drapeau espagnol.


Qui dit Andalousie, dit xérès. Il s’agit de vins costauds (15,5, voire 18 degrés d’alcool) dont nous découvrons trois de la douzaine de sortes produits par la Bodega Osborne, l’une des plus anciennes caves à vin d’Espagne qui a vu le jour en 1792. Certains passagers sont déroutés par le fait que la dégustation ait lieu à 11 heures du matin, surtout que nous avons notamment droit aux versions Cream et Very Sweet. Certains préfèrent se concentrer sur les jambons accompagnés de pain et d’huile d’olive ou encore de chips et de cacahouètes, d’autres dévalisent la boutique proposant une bonne cinquantaine de produits (vins et brandy de la maison bien sûr, mais surtout des dérivés comme tirelires, savons, chandails, etc. au logo d’un taureau noir corpulent).


Qui dit Andalousie, dit hacienda. Nous allons faire un stop dans celle d’Isla Minima en bordure du Guadalquivir. Pour s’y rendre, le MS La Belle de Cadix s’engage à nouveau dans l’océan Atlantique et, contrairement aux gros paquebots de croisière, reste constamment en contact visuel avec la côte. On voit notamment des stations balnéaires adossées à de longues et profondes plages alterner avec des falaises dénudées et des plaines hérissées de petits arbres souvent courbés par le vent venant d’Afrique du nord. Ce vent, une sorte de sirocco version andalouse, devient omniprésent et très brûlant une fois que nous naviguons sur le Guadalquivir. « Vous verrez, ce sera suffocant quand nous arriverons à Isla Minima même s’il sera alors 18h00, dit le commissaire de bord. En plus, on annonce 43 degrés pour demain à Séville et même plus à Grenade ! » Cause à effet, les soirées sont hyper tranquilles à bord du MS La belle de Cadix, malgré des spectacles de flamenco, de chansons espagnoles et de musique latino-cubaine.


Et voilà que surgit à l’horizon d’imposants bâtiments blancs cernés de larges bandes de couleur jaune moutarde : l’hacienda Isla Minima, l’une des plus belles de l’Andalousie qui a servi de décor à quelques films dont la Folie des grandeurs avec Louis de Funès. L’hacienda comprend des habitations, une place centrale, une église, une grande écurie et une arène privée. Le spectacle équestre présenté par trois cavaliers est fantastique. Par moments, le cheval s’approche incroyablement près des spectateurs assis directement au niveau du sol tandis que d’autres assistent au spectacle dans les gradins aménagés au premier étage de l’arène. Mais les conditions sont éprouvantes : marche d’une dizaine de minutes du quai jusqu’à l’arène sous un soleil de plomb malgré l’heure tardive en suivant un étroit chemin de terre surélevé à travers des marais. Chaleur suffocante, malgré que nous soyons dans la partie ombragée de l’arène, et profusion de mouches. Des passagères ont eu la bonne idée non seulement d’apporter une bouteille d’eau, mais aussi leur éventail souvenir. En arrière-plan de l’arène, nous voyons le profil du MS La Belle de Cadix en attente du retour des passagers.


Nous avons droit en fin de spectacle au meilleur vin espagnol que j’ai goûté depuis belle lurette, de la marque Abuelo Rafael, et à des cacahouètes que j’ignore. J’avoue qu’une sangria glacée aurait été plus appropriée avant de retourner dans la fournaise champêtre. J’arrive la chemise totalement trempée sur le navire qui reprend illico la voie fluviale pour revenir à Séville que nous ne quitterons plus jusqu’à la fin de la croisière. Le point central de cette croisière dans le sud-ouest de l’Espagne est en effet Séville, la quatrième plus grande ville d’Espagne avec 700 000 habitants. Le MS La Belle de Cadix y est amarré cinq des sept nuits de notre croisière au quai Las Delicias, non loin du centre historique de Séville. 


D’ordinaire, l’excursion de la sixième journée a lieu dans un parc naturel abritant un site d’observation d’oiseaux. Sauf en juillet-août au plus fort de la chaleur. En remplacement, il est proposé une excursion au Monastère de La Rabida, l’un des rares endroits où fut étudié l’art de la navigation selon la position des étoiles. Christophe Colomb s’y arrêta en 1485, avant ses voyages en Amérique pour le compte des monarques espagnols de l’époque. Suit une promenade tout à côté au Parc des Caravelles qui dispose des reproductions grandeur nature des navires utilisés lors des expéditions vers le Nouveau Monde.


Musée des Taureaux, Palais de la Comtesse de Lebrija, Musée de la danse flamenco… Voilà quelques-unes de la trentaine de suggestions disponibles à la réception de CroisiEurope pour aider les passagers à combler leur après-midi libre à Séville le sixième jour de la croisière. Certes, il y a eu une visite guidée le matin de la deuxième journée mais qui a été concentrée sur l’Alcazar, une résidence dont le premier étage est toujours utilisé par la famille royale. Alors, il reste tant à découvrir dans cette ville-musée à ciel ouvert, chacun y va à son rythme et selon ses envies. 


Pour ma part, j’ai fureté au hasard entre tradition et modernité, entre la Plaza de Toros (où se trouve l’une des plus belles arènes taurines d’Espagne) et Metropol Parasol (où se trouve une création architecturale audacieuse). Les trois heures de ma promenade dans ce dédale de petites rues bordées de résidences, palais, églises, bazars de souvenirs, cafés et restos tipicos (comme le Mesones Del Serranito) ont été une formidable découverte en condensé de l’architecture mudéjare de Séville. Ce style, qui s’est développé dans la péninsule ibérique du 12e au 16e siècle, s’est traduit par la transposition à des édifices chrétiens des influences, techniques et matériaux musulmans. Alors, le choc visuel est d’autant plus grand quand apparaît au détour d’une rue cette immense structure en bois d’une superficie de 11 000 mètres carrés et d’une hauteur de 28 mètres composée de six parasols en forme de champignon. Il s’agit d’un édifice de cinq niveaux fort complexe, onéreux et controversé qui abrite notamment un musée archéologique, un marché alimentaire, des restaurants et une place de spectacle. C’est néanmoins devenu l’une des signatures touristiques les plus populaires de Séville.


Le transfert entre le quai et l’aéroport de Séville est compris dans le prix de la croisière. Mais avec un détour fort apprécié pour connaître Séville encore un peu plus avant notre retour à la maison. Accompagné d’un guide, le chauffeur de l’autobus suit en effet un trajet permettant aux passagers de voir un bon nombre des magnifiques édifices qui ont été érigés dans le cadre de l’Exposition ibéro-américaine de 1929, puis de l’Exposition universelle de 1992.


Construit en 2005 et rénové en 2010, le MS Belle de Cadix est le seul navire de CroisiEurope naviguant sur le fleuve espagnol Guadalquivir dans le cadre de croisières de huit jours. Il est aussi le seul navire parmi les 50 de la flotte de CroisiEurope à être de type hybride côtier. « Il est principalement dédié au fluvial, mais il comporte des améliorations techniques qui l’autorise à faire de la navigation côtière » précise Marjan Lévy, représentante du Département des ventes internationales et du marketing de CroisiEurope.


Navire à trois ponts, le MS La Belle de Cadix renferme 88 cabines pouvant accueillir 176 passagers, dont 67 cabines avec baies vitrées et 21 cabines avec hublot. De ce nombre, il y a cinq cabines avec grand lit et une cabine pour personne handicapée. 


Seule une minorité des membres d’équipage d’origine philippine parle le français. Une suggestion : mémorisez le mot « salamat » (merci en filipino) pour voir s’élargir leur sourire illico. 


Le restaurant du MS La Belle de Cadix est situé à l’avant du pont inférieur, le salon bar à l’avant du pont intermédiaire et le « Pianorama Bar » à l’arrière du pont supérieur. Enfin, au centre du navire, un ascenseur relie les trois ponts. 


Les navires de CroisiEurope au Portugal et celui en Espagne disposent sur le pont soleil d’une grande piscine gonflable (sauf le MS Miguel Torga qui possède une vraie piscine). Pour le plus grand bonheur des enfants. Ils sont nombreux lors de cette croisière de la mi-juillet 2017 à bord du MS La Belle de Cadix, la raison étant notamment qu’une dizaine de jeunes Américains voyagent en compagnie de leur grands-parents. Lors de la croisière précédente à bord du MS Miguel Toga, il n’y avait que deux enfants qui ont été encadrés tout au long de la navigation et des excursions par une animatrice qualifiée.



GASTRONOMIE

Les passagers ont l’occasion de savourer quelques plats locaux, mais à l’heure espagnole, c’est-à-dire plus tard que dans le cadre des autres croisières : 13h00, voire 13h30 au lieu de 12h00 ou 12h30 pour le repas du midi, et 20h00, voire 21h30 au lieu de 19h00 ou 19h30 pour le repas du soir.

Petit déjeuner : confitures des marques Ligeresa et Helios (pomme verte, pêche, orange, fraises, miel). Yogourt Milbona (saveurs coco, ananas, mangue, citron, fraises)

Midi et soir

Entrée : Jambon ibérique. Gaspacho andalou avec sa garniture

Plat principal : Estouffade de taureau aux légumes.

Dessert : Crème brûlée à la catalane.

Repas espagnol : Tapas, paella du chef, plateau de fromage espagnol, tarte Santiago aux amandes.


Boissons incluses

Au restaurant

- Eau naturelle des marques Fuentevera et Solaires

- Eau gazeuse Gourmet

- Carte de neuf vins, tous espagnols : blanc, rosé et rouge Diego d’Amalgro. Rosé et rouge Montefrio. Rosé et blanc El Aviador. Blanc Orquestra. Rouge Castillo de Soldepenas

- En accompagnement de l’entrée de foie gras au repas de gala, un vin blanc Casa Albali 2015. Et un vin rouge Tierra Blanca Vina La Vicaria 2016 pour accompagner le plat principal du repas de gala (tournedos de boeuf).

Au bar

- Sangria

- Vin mousseux Provetto Brut Seleccion Especial

- Sherry des marques Tio Pepe, Canasta, Gloria Sanatorio et La Gitana

- Brandy Veterano

- Liqueur à la poire et liqueur aux herbes Ruavieja



ITINÉRAIRE

Jour 1 : Embarquement Séville (16h). Escale de nuit Séville


Jour 2 : Visite Séville : l’Alcazar (09h-12h30). Navigation vers Cadix (13h-21h00). Visite Cadix (21h30-22h30). Escale de nuit Cadix


Jour 3 : Visite ferme Los Alburejos et centre historique Jerez de la Frontera (08h30-13h30). Visite vieille ville Cadix (16h15-19h). Navigation El Puerto de Santa Maria (19h-20h). Soirée flamenco. Escale de nuit El Puerto de Santa Maria


Jour 4 : Visite El Puerto de Santa Maria et dégustation vins Bodega Osborne (09h15-12h00). Navigation vers Isla Minima (12h-18h). Visite hacienda et spectacle équestre (18h00-19h00). Navigation vers Séville (19h00-21h00). Escale de nuit Séville


Jour 5 : Visite Grenade : Palais de l’Alhambra et temps libre (06h30-20h). Escale de nuit Séville


Jour 6 : Visite parc des Caravelles et monastère de La Rabida (08h30-13h30). Après-midi libre Séville. Soirée de gala. Escale de nuit Séville


Jour 7 : Visite Cordoue : Mezquita-Cathédrale et temps libre (08h30-17h30). Soirée latino-cubaine. Escale de nuit Séville


Jour 8 : Débarquement Séville (09h)

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