Faits saillants (croisière de sept jours)

- Deux jours complets dans la ville unique de Venise (incluant les îles de Murano et Burano)

- Une vingtaine de plats et une dizaine d’alcools italiens servis à bord. Dégustation de charcuterie locale en excursion

- Dix-huit heures de navigation de jour dont six heures magiques dans la lagune vénitienne et 12 heures sur le fleuve Pô aux rives inhabitées

- Dix excursions, dont trois dynamiques. Beaucoup de marche à pied dans quatre villes (Padoue, Bologne, Ferrare et Vérone)


À peine les passagers du MS Michelangelo embarqués, les matelots larguent les amarres, le navire quitte le quai San Basilio, s’engage sur le Canal della Giudecca, longe le centre de la ville ô combien magique de Venise, passe devant la légendaire place Saint-Marc et stoppe au quai des Sept Martyrs après une trentaine de minutes de navigation. 


« Ce court déplacement, dit Floriane Petitjean, l’une des deux animatrices du MS Michelangelo, permet d’offrir aux passagers immédiatement en début de croisière un premier contact avec Venise. Et puis, le navire sera beaucoup mieux positionné pour l’excursion de demain matin au Palais des Doges. Nous aurons à traverser sept ponts et à marcher une vingtaine de minutes au lieu du double de temps au travers un labyrinthe de ruelles si nous étions demeurés au quai d’embarquement initial. »


Dès cette première navigation, plusieurs passagers en profitent pour faire le plein de souvenirs visuels. Peu de villes au monde sont en effet autant attrayantes pour les photographes que Venise. Et aussi pour les artistes, la ville accueillant chaque année la Biennale de l’art, celle de 2017 étant consacré à l’art moderne (et les années paires à l’architecture). Alors que pas moins de sept gros paquebots sont amarrés en retrait du centre de Venise, le MS Michelangelo est positionné au coeur du quartier Castello, de biais avec un parc fourmillant de sculptures modernes avec, en arrière plan, de vieilles résidences typiques de Venise. Il suffit ensuite d’emprunter l’une des ruelles avoisinantes pour se retrouver quelques minutes plus tard dans une grande artère bordée de trattorias, gelaterias et autres commerces. 


De retour dans notre cabine après cette belle promenade, nous nous endormons en étant bercés par le ressac des vaporettos qui ne cessent de sillonner la lagune vénitienne. Là, les gros navires ont préséance sur les petits. Le MS Michelangelo doit ainsi céder sa place à un yacht le lendemain de notre embarquement. Nous retournons donc au quai San Basilio, ce qui offre l’avantage de découvrir le quartier Dorsodouro. Ce que je fais très tôt avant que le navire quitte Venise pour sa première navigation dans la lagune. Deux heures durant, j’ai arpenté au hasard un labyrinthe de ponts, de venelles et de places publiques pour déboucher, à ma totale surprise, sur le célèbre Canal Grande au lieu du Canal della Giudecca où se trouve le MS Michelangelo. Faisant donc le chemin inverse, je n’ai réussi à revenir au navire qu’avec l’aide de nombreux Vénitiens qui ont pu m’orienter grâce à ce sésame : « Vaporetto San Basilio per piecere. » Sans ces mots, je ne sais pas si j’aurais pu revenir à temps à bord... 


CroisiEurope a initié de nombreuses destinations fluviales à travers l’Europe dont, en l’an 2000, sur la lagune vénitienne et le fleuve Pô. Bien qu’il s’agisse du plus grand fleuve italien, le MS Michelangelo n’en parcourt qu’une infime partie (63 sur 532 kilomètres) en raison du faible niveau des eaux durant la saison estivale. En outre, entre la lagune vénitienne et le fleuve Pô (et vice-versa), le MS Michelangelo navigue trois heures durant en mer Adriatique pendant que les passagers sont en excursion. Car, pour des raisons de sécurité, la réglementation maritime n’autorise la présence que des membres d’équipage quand le navire est en mer, compte tenu que le MS Michelangelo est avant tout un navire fluvial. 


Durant les sept jours de notre croisière, nous naviguons une douzaine d’heures sur le Pô aux rives peu habitées pour s’approcher des principales villes des régions de Vénétie (Padoue et Vérone) et d’Émilie Romagne (Ferrare et Bologne) que nous rejoignons ensuite par autobus (de 60 à 120 minutes par trajet). Et une fois en ville, il faut avoir prévu de bonnes chaussures de marche (jusqu’à 40 minutes pour retourner à l’autobus à Bologne, par exemple).


Le delta du Pô a été proclamé Patrimoine mondial par l’Unesco. Et l’ensemble de la région a été le témoin de l’éclosion des civilisations grecque et romaine. Il y a donc matière à de belles excursions. Comme Padoue (l’après-midi de la 3e journée, avec la visite de la Basilique Saint Antoine agrémentée de dômes byzantins et de minarets), Bologne (l’après-midi de la 4e journée), Ferrare (le matin de la 5e journée, avec la visite de l’ancien ghetto juif) et Vérone (l’après-midi de la 5e journée, avec la visite de l’amphithéâtre romain). S’ajoutent les deux jours complets à Venise (la deuxième et l’avant-dernière journée), avec au programme deux excursions classiques et deux excursions dynamiques dans la ville même, toutes à pied (Palais des Doges, quartier Castello ou quartier Dorsodouro), sans oublier une excursion par navette vers les îles Murano et Burano.


Certaines excursions sont communes aux deux types (classique ou dynamique), d’autres sont exclusives à l’un ou l’autre type. Il est plus avantageux de les acheter à l’avance (environ 30% moins cher que le prix d’achat à bord). Par exemple, l’excursion dynamique « Sur les pas de Casanova » revient à 49 euros si elle est achetée avant le départ comparativement à 66 euros une fois en croisière. Sinon, tout est inclus dans le prix de la croisière, notamment les boissons aux repas et à la carte du bar composée d’une quinzaine d’alcools (bière, apéritif, alcool) et autant de boissons diverses (eau, soda, café, thé).


Le fleuve Pô termine sa course dans la mer Adriatique et voilà qu’apparaît la lagune de Venise, la plus grande d’Italie avec une surface de 550 kilomètres carrés comprenant 118 îlots, 177 canaux et 400 ponts. Les deux îles les plus légendaires sont Murano (pour ses maîtres verriers) et Burano (pour sa dentelle à l’aiguille), deux villages de pêcheurs situés dans le nord de la lagune que nous rejoignons par navette privée dans le cadre de la seconde excursion de la deuxième journée de croisière. À la fin du 13e siècle, les fours furent interdits à Venise dans le but de protéger la ville contre les incendies. La manufacture de verre fut transférée à Murano qui accueillit jusqu’à 37 usines et 30 000 habitants. La production verrière fut l’une des premières exportations vénitiennes. 


Changement de décor à Burano : ici pas de palais de style roman, renaissance, gothique ou baroque, mais des maisons de couleurs vives à profusion. Au 16e siècle, la production de dentelle y atteignit son apogée. De nos jours, seules quelques femmes de l’île y excellent encore. Cela dit, les boutiques de produits locaux, particulièrement de bijoux, foisonnement encore plus à Burano qu’à Murano.


Nous voilà maintenant à Bologne. L’excursion débute au Quadrilatero, coeur du centre historique de la ville fourmillant de bâtiments à arcades qui procurent un abri plus que bienvenu contre le soleil caniculaire. C’est au café de la Corte que nous dégustons une bonne assiette de charcuterie italienne (jambon de Parme, saucisson et mortadelle) accompagnée d’un panini chaud et arrosée d’un vin biologique rouge et d’un vin effervescent de la marque locale Montevecchio Isolani. 


La saison des croisières fluviales en Europe va de mars à octobre (ainsi qu’en décembre pour la découverte des marchés de Noël). Quelques fois au cours de la saison, l’itinéraire doit être modifié en raison de conditions météorologiques défavorables comme, la veille de la 5e journée de notre croisière, quand il est annoncé pour le lendemain midi des vagues de 1,5 mètres en mer Adriatique. Au lieu de rester à quai à Polesella, le MS Michelangelo quitte dès que les passagers sont rentrés de Bologne, passe la nuit en plein campagne à Porte Levante situé à l’embouchure du Pô et de l’Adriatique et, une fois les passagers débarqués pour l’excursion maintenant combinée de Ferrare et Vérone, se rend sans tarder jusqu’à Chioggia, située à la limite sud de la lagune vénitienne. 


Pareil changement d’itinéraire oblige le commissaire de bord à des prouesses logistiques, La plus grosse étant de réserver un restaurant pour une centaine de personnes à Vérone, vu que les passagers ne reviennent plus sur le navire entre Ferrare et Vérone comme prévu initialement. Hervé Meiss, qui en a vu d’autres depuis 2009 qu’il travaille pour CroisiEurope, fait preuve d’un rare sens de l’anticipation en ayant réservé, dès janvier, un restaurant à Vérone pour chaque 5e journée de la croisière afin de faire face à pareille situation.


« Le travail de commissaire de bord correspond à la fois à celui d’un gestionnaire hôtelier et d’un psychologue », résume Hervé Meiss. Il gère quotidiennement les ressources humaines (sauf les matelots) et l’inventaire des boissons, supervise le travail en cuisine, s’assure du bon déroulement de la croisière pour les passagers, s’occupe de la paperasse requise par les autorités portuaires. Il y a aussi les imprévus. « Ce qui est le plus délicat, témoigne Hervé Miss, c’est de trouver des solutions de rechange quand, par exemple, un guide ne se présente pas, un autobus tombe en panne ou le navire demeure bloqué trois jours durant à cause des hautes eaux. » 


Plutôt que de faire l’excursion combinée sur Ferrare et Vérone d’une durée totale de 12 heures, deux passagers, dont votre humble serviteur, ont préféré la seconde option offerte par le commissaire de bord : visiter la ville lagunaire de Chioggia le matin, puis revenir sur le navire pour la sieste de l’après-midi. « Beaucoup de Vénitiens ont déménagé à Chioggia afin d’y bénéficier d’un coût de la vie beaucoup moins élevé qu’à Venise », fait remarquer Hervé Meiss. Comptant maintenant un peu plus de 50 000 habitants, Chioggia abrite le second marché de poissons le plus varié d’Italie. De fait, la ville - implantée sur deux îles parallèles séparées par un canal - est ceinturée d’une multitude de gros bateaux de pêche. Et des abris de pêcheurs sur pilotis se dressent à l’horizon de la lagune. La ville compte par ailleurs nombre d’édifices d’intérêt construits aussi loin qu’au 15e siècle. Une autre belle promenade, encore là en bonne partie sous les arcades vu le soleil de plomb et la température anormalement élevée pour cette période de l’année.


Le lendemain, après une seconde navigation fabuleuse dans la lagune, cette fois-ci au soleil levant, nous voilà déjà revenu à Venise, une ville dont on ne se lasse pas. La contrepartie est qu’elle est sans cesse envahie par des hordes de touristes. Au point qu’il y a parfois des bouchons de gondoles dans les canaux les plus étroits ! Cette popularité se traduit par des prix fort élevés (par exemple, un billet de vaporetto revient 7,50 euros ou encore, un simple plat de pâtes à l’heure du midi coûte 18 euros, service en sus). Ce qui rend la croisière vénitienne encore plus attractive, car beaucoup moins cher qu’un séjour terrestre à qualité égale de prestations.


Construit en 1999, le MS Michelangelo est le seul navire de CroisiEurope affecté sur le Pô. Il y navigue depuis l’an 2000 dans le cadre de croisières de cinq, six ou sept jours. Navire à deux ponts, le MS Michelangelo renferme 78 cabines pouvant accueillir 158 passagers, dont 71 cabines doubles, deux cabines individuelles, quatre cabines avec grand lit et une suite. L’équipage est majoritairement d’origine hongroise, le capitaine allemand, le commissaire de bord français et la majorité des matelots italiens. La boutique du navire vend principalement des masques vénitiens à prix abordables (débutant à six euros), ainsi que des bijoux tels des pendentifs ou perles de Murano.


GASTRONOMIE

Les plats et produits italiens abondent à bord du MS Michelangelo.

Petit déjeuner : Confiture de fraises de la marque italienne Fragola. Yaourt au citron La Centrale del latte di Vincenza

Midi et soir 

Entrée : Soupe minestrone. Orechiette aux légumes. Antipasti aux légumes avec brandade de morue. Assiette de charcuterie italienne, Pizetta napolitaine. Tortiglioni aux fruits de mer. Salade piémontaise. Penette rigate à la Matriciana

Plat principal : Osso bucco de veau à la milanaise et sa polenta crémeuse. Dos de saumon rôti avec risotto aux champignons. Épaule de veau et son chou blanc au marsala. 

Dessert : Assortiment de glaces à l’italienne. Île flottante au limoncello. Émotion au chocolat sauce pistache. Panna cotta vanille et fruits rouges

Diner complet à l’italienne : Salade caprese, piccata alla romaine et ses spaghettis à l’ail doux, fromage gorgonzola et tiramisu avec sauce vanille café.

Boissons 

Au restaurant

- Eau naturelle de la marque Dolomia

- Carte des vins aux repas comportant sept choix, dont quatre vins italiens (un blanc, un rosé et un rouge de la marque Verum ainsi qu’un rouge Belcanto) 

Au bar

- Cocktail du jour Bellini (prosecco et jus de pêches)

- Aperol et vino spumante Brut de la marque Antes


Itinéraire

Jour 1 : Embarquement Venise (18h). Navigation du quai San Basilio au quai des Sept Martyrs (19h-19h30). Escale de nuit Venise


Jour 2 : Visite Venise : Classique-Palais des Doges. Dynamique-Sur les pas de Casanova (08h30-12h). Visite Murano et Burano (14h15-18h30). Navigation vers quai San Basilio (19h-19h30). Escale de nuit Venise 


Jour 3 : Navigation sur la lagune vénitienne en direction de Chioggia (09h-11h30). Visite Padoue : Classique-Visite de la ville. Dynamique-Randonnée route des vins (13h30-19h). Escale de nuit Taglio Di Pô


Jour 4 : Navigation sur le Pô en direction de Polesella (07h-12h). Visite Bologne (13h30-19h30). Navigation sur le Pô en direction de Porto Levante (20h00-minuit). Escale de nuit Porto Levante


Jour 5 : Option 1 : Visite de groupe Ferrare et Vérone (07h45-20h45). Option 2 : Visite individuelle Chioggia (07h45-11h30). Navigation en direction de Chioggia (08h-11h30). Escale de nuit Chioggia


Jour 6 : Navigation sur la lagune en direction de Venise, quai des Sept Martyrs (06h-08h30). Visite Venise : Classique-départ à pied vers le quartier de Castello, la Venise secrète. Dynamique : départ en vaporetto vers Dorsoduro, seul quartier vénitien sur terre ferme (08h45-12h15). Après-midi libre. Soirée de gala. Escale de nuit Venise


Jour 7 : Navigation du quai des Sept Martyrs au quai San Basilio (06h-06h30). Débarquement Venise (09h)

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