Le poisson est à l’honneur à bord du m/s Paul Gauguin. À preuve, plus de 800 livres de différents poissons sont servis au cours d’une croisière de 10 nuits comparativement à 780 livres de viande et 300 livres de volailles. 


Autres produits locaux qui emplissent les cales du m/s Paul Gauguin : les ananas délicieusement sucrées de Moorea, les bananes, mangues et melons d’eau de Bora Bora ou encore, la réputée vanille de Tahaa qui se marie à merveille avec toutes les viandes blanches, tant le poisson, le porc que la volaille. Sans parler de tous ces produits que déniche le chef lors des escales.


Paul Gauguin Cruises s’est imposée comme le grand spécialiste de la croisière dans le Pacifique.  Le m/s Paul Gauguin fait à l’année longue le tour des principales îles polynésiennes et se rend parfois aussi loin que dans les îles Fidji. Se déroulant dans des décors naturels parmi les plus beaux du monde, la croisière la plus courante dure sept nuits.  Le m/s Paul Gauguin part de son port d’attache, Papeete, la capitale de Tahiti, vogue sur les eaux cristallines de l’archipel le plus fréquenté, celui de la Société, et fait escale dans ces îles devenues mythiques que sont Raiatea, Tahaa, Bora Bora et Moorea. 


Paul Gauguin Cruises propose une formule pratiquement tout inclus (sauf le spa et les excursions) : les pourboires, une vaste sélection de vins et de spiritueux, tous les breuvages, l’accès aux sports aquatiques (kayak, planche à voile, snorkeling) pratiqués à partir de la marina rétractable située à l’arrière du m/s Paul Gauguin. Toutes prestations qui sont habituellement payantes à bord des navires, et fort onéreuses en terre polynésienne française, ce qui rend la formule de croisière encore plus intéressante dans ce coin du monde. Les passagers ont aussi accès à une plage privée à Bora Bora et carrément à un îlot privé baptisé motu Mahana près de l’île de Tahaa.


Paul Gauguin Cruises possède un seul navire dont elle est propriétaire depuis 2004 et qu’elle exploite elle-même depuis le début de 2010 sous le signe du grand luxe et d'un service hyper personnalisé. Le m/s Paul Gauguin a ainsi déjà été élu dans le Top 3 des plus luxueux petits navires de croisière par les lecteurs de la revue américaine Condé Nast Traveler. 


Le m/s Paul Gauguin a été lancé en 1998 et il a fait l’objet de rénovations majeures en 2012. Les cabines sont particulièrement invitantes avec leurs chaudes boiseries. L’ambiance générale est décontractée, le personnel en salle et en cabine est sincèrement chaleureux, mais malheureusement unilingue anglophone, car originaire des Philippines. Les propriétaires du navire ont clairement le souci de faire découvrir le mode de vie polynésien. Les couloirs sont ainsi tapissés de photos noir et blanc illustrant la Polynésie d’autrefois. Un coin présente des objets hétéroclites allant d’hameçons géants en bois à des pièces de collection. Les différents espaces publics sont rehaussés d’œuvres d’art, surtout des toiles et des sculptures d’artistes locaux réputés. L’habituelle boutique d’alcool est ici remplacée par un commerce spécialisé dans les perles et les bijoux dérivés. 


Jaugeant 19 200 tonnes, le m/s Paul Gauguin accueille à peine 332 passagers, chouchoutés par pas moins de 217 membres d’équipage, un ratio parmi les plus élevés de l’industrie des croisières. Une dizaine d’hôtesses surnommées les Gauguines, souriantes, rieuses et espiègles, comme le sont la quasi totalité des Polynésiens au demeurant, proposent tous les jours des activités mettant en vedette un art polynésien, que ce soit la teinture de paréos ou des leçons de ukulélé. Le clou de toute cette effervescence culturelle est la présentation, le dernier soir de la croisière, d’un spectacle mettant en vedette la meilleure troupe de danse de la Polynésie française qui a raflé de surcroît maints honneurs à l’étranger. 


Le m/s Paul Gauguin abrite trois restaurants, dont le restaurant principal L’Étoile d’une capacité de 204 personnes, situé au 5e pont, qui fonctionne selon la formule open seating. La carte change tous les soirs (cinq nouveaux plats principaux, notamment) et comporte un menu minceur, un menu sans sel et un menu végétarien. L’Étoile est aménagé sous la forme d’un L : à l’entrée, une longue section rectangulaire de tables pour deux aux murs bruns ou orangés, principalement décorés de photographies anciennes polynésiennes. Puis, la section principale bordée d’un mur dans lequel sont encastrées des poteries de différentes tailles et couleurs. 


Le haut lieu gastronomique du m/s Paul Gauguin est La Véranda. Situé au 6e pont, ce restaurant de type buffet le matin et le midi (d’une capacité de 134 personnes à l’intérieur et de 40 personnes à la véranda), se transforme, le soir venu, en une incroyable zone de découvertes culinaires réservée à 75 convives seulement afin d’offrir une qualité maximale, tant sur le plan du service que des plats. Ici, le maître d’hôtel doit, jour après jour, rivaliser de trésors de diplomatie en jonglant avec le nombre de demandes de réservations nettement supérieur au nombre de places disponibles. 


Le mot se donne rapidement parmi les passagers gourmets. Le menu dégustation en cinq services, dont trois entrées, est de très haut vol. Conçu spécifiquement pour le m/s Paul Gauguin sur la base d’une utilisation maximale des produits locaux par le chef français Jean-Pierre Vigato, propriétaire du restaurant parisien Apicius classé deux étoiles Michelin, le menu de dégustation change une fois en cours de croisières de sept, dix ou onze nuits, et deux fois lors des croisières de 14 nuits. Ajoutons la dizaine d’entrées et de plats principaux conçus par le chef du navire, il y a une telle abondance de propositions culinaires que l’on doit passer au moins quatre soirées à La Véranda pour pouvoir faire le tour de l’ensemble des deux cartes. 


Le matin, le buffet du restaurant La Véranda comporte un choix d’une dizaine de confitures locales, aux saveurs incongrues sous nos latitudes : tiare de Tahiti (la fleur emblème), citron vert, ananas-banane, ananas- pamplemousse, anana-coco, etc. En revanche, pas de poisson cru le matin, comme en sont friands les Polynésiens. Le midi, un buffet salade, des pâtes, trois plats principaux et une dizaine de desserts y sont offerts dans le cadre de buffets thématiques (français, italien, grec, curry du monde, zone pacifique, tahitien, etc.). 


Enfin, pour le petit creux de l’après-midi, il y a le Ti No Avatea, le thé servi au restaurant Le Grill avec sandwichs et une gâterie différente chaque jour (banane, ananas ou abricot flambé, fruits enrobés de chocolat, crêpes suzettes, etc.). Jamais n’ai-je pu y aller, faute d’appétit, contrairement à une vingtaine de passagers fidèles à ce rendez-vous gourmet de fin de journée. 


La clientèle est majoritairement américaine, le reste des passagers provenant surtout de la France et parfois aussi du Québec. Précisons que près de 20 000 des quelques 200 000 passagers qu’a accueilli le m/s Paul Gauguin étaient des couples en lune de miel.